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Les yeux sans visage

(Les yeux sans visage)

 Les critiques

Nombre de critiques : 3

Total des points : 23

Moyenne obtenue : 7.67/10

n°3 - 7/10 Chris

09 novembre 2018

Voici un film de Science-Fiction Française particulièrement réussit, rare dans ces années 50-60 (à part CROISIÈRES SIDÉRALES en 1942 et ALPHAVILLE en 1965), dont le scénario est un mélange de Thriller policier et d'horreur. Il faut dire que les acteurs sont tout bonnement excellents et bien qu'il n'y ait aucun effet spécial dans cette production, il faut avouer que le ressort dramatique fonctionne parfaitement et nous tient en haleine jusqu'à la fin.

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n°2 - 9/10 Sans nom

15 janvier 2009

Sans recourir aux ingrédients traditionnels du cinéma d'épouvante (fantômes, vampires, monstres, manifestations surnaturelles ou encore tueurs psychopathes), Georges Franju a pourtant réussi l'un des films les plus terrifiants de son époque. L'horreur vient principalement de ce que nous sommes ici dans le domaine du vraisemblable, dans l'univers du possible : un "banal" accident d'automobile et nous voilà plongés dans le cauchemar.
On a maintes fois mis en exergue la beauté formelle des "Yeux sans visage" et l'atmosphère poétique qui nimbe ce film. Au risque d'en remettre une couche, je ne résiste pas à l'envie d'évoquer ces décors particulièrement remarquables, à la froideur et à la grisaille envoûtantes. La demeure elle-même du professeur Génessier inquiète bien plus que n'importe quel manoir hanté de pacotille; le parc qui l'entoure, faussement paisible, a des accents de forêt maléfique. Nul besoin de vieux cimetière aux tombes délabrées, de chauves-souris voletant sous la pleine lune et de vent mauvais hurlant dans les branches : la sombre étrangeté des lieux, adroitement rendue par la caméra, suffit à créer le sentiment de malaise.
Dans ce climat à la fois éthéré et oppressant, s'intercalent des scènes d'une brutalité froide et sans détours (je pense en particulier à l'opération chirurgicale durant laquelle Génessier prélève le derme facial d'une de ses victimes), nous rappelant que le scénario repose sur un argument réaliste. Toutefois, Franju a su habilement éviter les effets horrifiques faciles. Ainsi, jamais le visage défiguré de Christiane (juste dévoilé quelques secondes, dans le flou et dans la pénombre, de sorte qu'on le devine plus qu'on ne le voit) ne servira de prétexte à des scènes-choc. Le masque qu'elle arbore, blanc et inexpressif, s'avère, comme dit dans le dialogue, "bien plus effrayant" en cela qu'il souligne le statut de "morte-vivante" du personnage et qu'il invite constamment les spectateurs à se représenter eux-mêmes la laideur qu'il dissimule.
Si l'on a souvent traité de l'aspect visuel des "Yeux sans visage", l'on se doit aussi de dire quelques mots de la musique. Sans réelle beauté ni recherche, elle hante tout le film sous la forme d'une obsédante ritournelle aux accents de macabre fête foraine. Oppressante, désagréable, répétitive, presque dissonante, elle alimente la tension bien plus que ne le ferait une musique d'ambiance savamment choisie et, par ce décalage même, sert efficacement le film.
Enfin, comment ne pas parler des acteurs ? À tout seigneur, tout honneur, Pierre Brasseur donne ici un magnifique aperçu de son immense talent. Délaissant ses habituels rôles d'ivrognes, de mythomanes ou de malotrus (rôles dans lesquels on l'adore aussi), il crée un personnage tout en nuances, à la fois inquiétant, retors, vaniteux et manipulateur. Pourtant, la vedette lui est presque volée par Edith Scob qui réussit - alors qu'on ne voit jamais son visage ! - à imprimer une incroyable présence par une gestuelle d'une grâce et d'une légèreté saisissantes. Tous les cinéphiles garderont en mémoire cette sublime séquence finale où, glissant plus qu'elle ne marche, sa silhouette diaphane disparaît dans le parc.
On sait que "Les yeux sans visage" constituait un des "films de chevet" des Surréalistes. On ne s'en étonnera pas. Cette référence littéraire, pour honorable qu'elle soit, n'est cependant pas indispensable pour apprécier les qualités d'une oeuvre qui, ne l'oublions pas, apporte ses lettres de noblesse à un genre fort peu hexagonal : le fantastique et la science-fiction n'ont jamais été le cheval de bataille du cinéma français, épris de rationalité ! Onirique, captivant, poétique, angoissant, "Les yeux sans visages", quel que soit l'angle sous lequel on le considère, est tout simplement et avant tout un très beau film.

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n°1 - 7/10 Sans nom

09 juillet 2003

Je viens de visionner le film et ma réaction est pour ainsi dire "à chaud". La plupart des critiques sont excellentes à propos de ce film et je dois dire qu'effectivement elles sont justifiées. Pourtant, je ne trouve pas qu'il s'agisse du chef d'oeuvre si souvent évoqué. Il y a effectivement un côté poétique assez prononcé mais personnellement je trouve que c'est l'aspect que je qualifierais d'horrible qui l'emporte. Rappelons quand même, sans dévoiler toute l'histoire, que des jeunes filles sont enlevées afin de leur prélever le visage... Néanmoins l'ensemble du film est parfaitement crédible et très intelligemment traité. Tout ce qui a trait à l'aspect éthique des greffes d'organe ou à la vivisection est abordé de manière tellement visionnaire qu'aujourd'hui encore, tout est encore d'actualité. Et je crois que c'est comme cela que ce film doit être perçu, c'est-à-dire plus comme un film de science-fiction que comme un simple film d'horreur.

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