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Tykho Moon

(Tykho Moon)

 Les critiques

Nombre de critiques : 2

Total des points : 17

Moyenne obtenue : 8.50/10

n°2 - 8/10 Chris

26 mars 2012

Un film écrit et réalisé par Bilal que je trouve particulièrement bon. C'est toujours difficile pour ceux qui comme moi aime la Bande Dessinée de visionner une oeuvre déjà vue dans d'autres conditions. On se dit que la retranscription ne peut pas donner ce que l'auteur a voulu et pof... Enki Bilal retravaille son oeuvre et l'adapte au cinéma, en sus de ce qui a été dit très justement dans la critique précédante, j'ai aimé cette fable. Comme BUNKER PALACE HÔTEL et postérieurement IMMORTEL (AD VITAM), comme Caro et Jeunet ce réalisateur (et auteur) est prolifique et visionnaire dans son esprit SF. Cette production est originale et de très bonne qualité avec des acteurs comme Michel Piccoli qui joue immensément bien ce rôle de Dictateur de la Lune qui lui est dévolu. Superbe et à voir !

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n°1 - 9/10 Sans nom

23 septembre 2002

Univers futuriste poussiéreux, morne et décadent, régime politique totalitaire dirigé d'une poigne de fer par un dictateur dément obsédé par la couleur bleue et atteint d'une étrange maladie incurable qui ne frappe que sa famille, nuits et jours contrôlés par ordinateur, voilà ce que propose TYKHO MOON, le nouveau film du bédéiste français d'origine yougoslave Enki Bilal. Présenté en avant-première nord-américaine le 17 avril 1998 au Cinéma Le Clap de Québec dans le cadre du 11e Festival international de la bande dessinée de cette ville, il s'agit du second film de Bilal, le premier étant BUNKER PALACE HÔTEL. Il s'agit d'ailleurs de la seule représentation qui aura eu lieu en salle de ce côté de l'Atlantique. Avec TYKHO MOON, Enki Bilal offre au public une fable sur les conséquences que peuvent avoir sur les individus et la société en général l'excès de pouvoir, surtout lorsqu'il est concentré dans les mains d'une seule personne. "La folie des dictateurs est une chose qui m'a beaucoup frappé lors de ma jeunesse en Yougoslavie", a indiqué Bilal lors d'une conférence téléphonique en direct de Paris lors de la projection de son film à Québec. Bien qu'étant un film de science-fiction, TYKHO MOON ne comporte pratiquement pas d'effets spéciaux. "Ça ne m'intéresse pas de passer des mois à concevoir des gadgets visuels. Je préfère me concentrer sur le scénario. Ça me permet d'approfondir mes récits et de faire réfléchir le public, de lui offrir des choses plus tordues et plus mystérieuses", a commenté Bilal. Tordu, TYKHO MOON l'est sans l'ombre d'un doute. L'histoire du film se déroule sur la Lune dans un avenir plus ou moins rapproché, alors que les deux millions d'individus qui peuplent désormais cet astre sont contrôlés par le président-dictateur MacBee. Ils respirent SON air artificiel, marchent sur le sol sans problème grâce à SA gravité artificielle et vivent au rythme de SA succession de jours et de nuits, le tout contrôlé par ordinateur. Mais comme dans les bandes dessinées de Bilal, où le moindre décor n'est pas complet s'il ne comporte pas une tache ou une éraflure, cette technologie de pointe est défaillante. La gravité artificielle tombe souvent en panne dans certains secteurs très localisés; les objets s'y mettent alors à flotter de manière incongrue. Et la majorité des gens vivent dans un état de misère qui frôle parfois la pauvreté et la médiocrité. La vie n'est pas rose sur la Lune de MacBee... De leur côté, le président-dictateur et ses deux jumeaux, en plus d'un troisième fils dont il n'est pas certain d'être le père, sont aux prises avec une maladie incurable qui leur laisse de mystérieuses traces bleues sur la nuque. MacBee cherche désespérément à enrayer ce mal qui le ronge et caresse parallèlement le rêve insensé de devenir éternel. Pour ce faire, il lui faut retrouver l'énigmatique Tykho Moon, qui est le seul individu de la Lune portant en lui des anticorps contre cette "peste bleue". MacBee envoie donc à ses trousses ses agents de la Triflex, sa terrible police secrète. Mais voilà que le frère jumeau du président-dictateur se fait assassiner, tout comme l'un de ses deux fils jumeaux. Le coupable de ces meurtres est Glennar, un révolutionnaire qui se fait passer pour un journaliste et qui veut mettre fin au règne despotique de MacBee. Ajoutons à cela Lena, une agente double aux cheveux d'un rouge de sang qui, sous le couvert d'une prostituée, a pour mission de retrouver Tykho Moon et de le ramener aux MacBee. Elle tombera toutefois amoureuse de sa proie et changera de camp. Pour compliquer encore plus les choses, Tykho Moon lui-même est amnésique et n'arrive pas à se souvenir de sa véritable identité ni qu'il a déjà été l'amant de la femme de MacBee et peut-être le père du troisième fils de ce dernier. Quant à Glennar, il recherche lui aussi Tykho Moon, devenu à la suite de plusieurs écrits à son sujet un symbole de la révolution contre le pouvoir en place. Attention, car la conclusion de ce film aux nombreux rebondissements et aux méandres tortueux risque d'en surprendre plus d'un. À propos de l'univers décadent qu'il dépeint dans ses films et ses bandes dessinées, Bilal a expliqué que ses histoires avaient pour but de montrer aux gens que malgré toutes les horreurs qui peuvent se produire, il faut continuer à s'aimer. "L'amour est la seule utopie qui nous reste dans ce monde", a-t-il déclaré au cours de l'entrevue téléphonique. Et avis à tous ceux qui ont adoré lire la Trilogie Nikopol, sachez que Bilal travaille actuellement à la réalisation d'un film réunissant le récit des deux premiers tomes, soit La foire aux immortels et La femme-piège. La date de sortie demeure cependant encore inconnue.

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