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Planète interdite

(Forbidden Planet)

 Les critiques

Nombre de critiques : 36

Total des points : 322

Moyenne obtenue : 8.94/10

n°36 - 10/10 Sans nom

09 juin 2015

PLANÈTE INTERDITE constitue d'après moi le point culminant du cinéma de science-fiction, peut-être même devant les inattaquables 2001 L'ODYSSÉE DE L'ESPACE ou BLADE RUNNER. Les années 40-50 constituent le fief de la SF, elles ont vu l'installation d'une peur sur le long terme de la possibilité de ne plus être "seuls" dans l'univers. La conquête de l'espace venait offrir de nouveaux défis à l'humanité, ce qui s'accompagnait de la crainte de ne pas être à la hauteur d'autres civilisations/races/formes de vies inconnues, telles ces civilisations plus ou moins disparues qu'évoquait Lovecraft ou qu'évoque le film ci-présent. Car celles-ci non seulement défient les lois de la physique telles que l'homme les connaît (le jeu sur les géométries vaut à lui seul le détour), mais semblent faire preuve d'une sagesse (d'un pragmatisme ? Allez savoir…) qui échappe complètement à l'entendement. S'il en émanera un sentiment d'invasion, ce n'en sera que le travestissement par l'homme se bornant à faire sienne une logique qui le dépasse. Même arrivé à la limite de ses capacités (dont Robby, le robot ultrasophistiqué, est le symbole), l'homme ne serait pas en mesure de rivaliser en matière d'intelligence (en matière de connerie par contre on remporterait le grand chelem). Alors forcément, le propre des films de SF est de mal vieillir. Mais même 60 ans après, PLANÈTE INTERDITE épate par sa perfection artistique. La pureté de la mise en scène rend le vide presque suspect, d'où le sentiment de "ne plus être seul" justement. La qualité remarquable des matte-painting donne au film une perspective renversante ; saluons également les décors, les costumes, les effets visuels et sonores en particulier (l'attaque du campement est inoubliable). De par ce soin apporté à la direction artistique, le kitsch qui émane de toute production de ce genre se mue en une sorte d'épure visuelle. Un chef-d'oeuvre qui ravira les amateurs de science-fiction, des récits de Lovecraft, et de cinéma au sens strict du terme.

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n°35 - 9/10 KX69

04 avril 2014

Chef d’œuvre du cinéma SF des années 50, planète interdite parvient à allier intelligence et originalité du scénario au divertissement. Le fait qu’un équipage humain accomplisse des voyages interstellaires dans une soucoupe volante (plutôt qu’une fusée) était sans doute surprenant à l’époque. Tout concourre à en faire un film marquant : le technicolor, la soin apporté aux décors, le jeux des acteurs (dont Leslie Nielsen et Richard Anderson «Oscar » dans L'HOMME QUI VALAIT 3 MILLIARDS), la bande sonore électroacoustique, les excellents effets spéciaux et bien sûr le design de Robby, indéboulonnable icône du ciné SF.

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n°34 - 10/10 KolaF

28 avril 2011

Ce film est le film phare de toute la SF. Il y a certes eu quelques bons films avant, notamment Le jour où la terre s'arreta, mais Planete Interdite va plus loin, avec une vraie histoire digne d'un Buck Rogers. On pourrait aussi le désigner comme le premier film de space opera, géniteur de Star Trek et autres Perdus dans l'Espace. Un monument à voir et à avoir !

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n°33 - 9/10 Christophe Pavillon

01 octobre 2010

Même si la science-fiction a pour prétexte de propulser dans un avenir anticipé, elle reste surtout le reflet d'une époque. C'est particulièrement vrai dans les années cinquante, où les productions hollywoodiennes renvoyaient à deux terreurs contemporaines : l'atome et le communisme.

Planète Interdite fait assez exception à la règle. On y découvre, au travers d'un mystère bien mené qui se dissipe au fur et à mesure du métrage, une civilisation ayant atteint un stade de connaissance tellement avancé qu'elle s'en est auto-détruite. La narration y est palpitante, et c'est certainement le principal attrait du film, encore cinquante-quatre ans après sa sortie : le scénario en lui-même n'a pas pris une ride. Même l'oeuvre de Shakespeare, dont l'histoire est inspirée, peut s'adapter sans problème à un univers de science-fiction !

Certes, après plus d'un demi-siècle, les effets spéciaux paraissent désuets : le rayon des pistolets, même si luxueux à souhait, ressemble à un crachat bleuté, et le robot lourdot garni d'antennes émet des sonorités mécaniques digne d'une caisse enregistreuse. Au-delà du kitsh, il y a quelques éléments intéressants à noter.

Le plus étonnant, mais aussi le plus effrayant, restant le monstre Krell. La créature n'est pour ainsi dire pas vue durant le film, ce qui renforce très largement la terreur qu'elle occasionne. Quand on voit les costumes d'extra-terrestres confectionnés à l'époque, on peut remercier les scénaristes de cette trouvaille, qui évite une crise de rire au profit d'une crise d'effroi. La seule apparition du monstre est un contour électrique animé par les studios Disney, et qui reste encore crédible aux yeux du spectateur. A noter que Ridley Scott a utilisé une démarche assez similaire dans Alien, où la créature est somme toute peu visible.

Cette idée de ne rien montrer pour mieux susciter l'angoisse, ou le mystère, est réutilisée pour la race Krell elle-même. On ne voit aucun Krell dans le film, et on ne fait que les imaginer à travers la forme de leurs portes. Rendre le spectateur actif, en lui laissant se demander à quoi peuvent ressembler des extra-terrestres plutôt que de lui imposer un effet spécial, est particulièrement adroit et interactif. Cinquante quatre ans après, en revoyant le film, le mystère reste entier, et on continue de s'interroger sur l'apparence de ces créatures, avec mystère, excitation, et effroi...

Le vaisseau spatial terrien est une soucoupe volante. Certes, nos vaisseaux actuels sont des fusées ou de navettes. Mais en se resituant dans l'époque, la démarche est loin d'être idiote. Le film est sorti un an avant la mise en orbite de Sputnik 1, le premier satellite humain : la connaissance des moyens de transport interstellaires à venir était pour ainsi dire inexistante. Par ailleurs, l'engouement ufologique américain avait commencé neuf ans plus tôt, par le récit des "soucoupes volantes" au-dessus du Mont Rainier par Kenneth Arnold (c'est ainsi qu'Arnold les a évoqué, mais elles n'avaient pas vraiment la forme de soucoupes. Ce qui est à noter, c'est que c'est à partir de cette date et du fait de ce seul témoignage que l'expression "flying saucer" est apparue). L'embrasement populaire pour le phénomène, déjà qualifié d'extra-terrestre, a fait apparaitre des vaisseaux de forme ronde au cinéma. A l'échelle du temps, la démarche tient la route : si des extra-terrestres nous visitent à bord de soucoupes volantes, cela peut vouloir dire que, quand nous autres terriens auront atteint le même stade de développement, il se peut fort bien que nos vaisseaux aient des formes idoines. Ce n'est qu'avec le recul de l'ère spatial, des missions Mercury, Gemini, Appolo et de la navette spatiale, que cela prête à sourire.

Les uniformes des astronautes ne rappellent pas du tout ceux de l'armée de l'air, mais ceux de la marine. Là aussi, il faut le resituer dans l'époque : les gouvernements qui se sont lancés dans les vols spatiaux ne sont pas arrivés immédiatement à la conclusion qu'il leur fallait des pilotes pour aller dans le cosmos, et cela a été le fruit d'une étude et d'une réflexion... Même si cela nous parait maintenant évident (pour ceux qui ont vu l'Etoffe des Héros, il est véridique que des trapézistes aient été un temps envisagés !). Ce qui par contre amuse, c'est le communicateur filaire porté à la ceinture par les astronautes : un demi-siècle plus tard, chaque individu est équipé d'un téléphone sans fil qui peut recevoir photos et même vidéo. Pas besoin d'aller dans l'espace pour cela.

Sans en avoir la certitude, c'est à se demander si Gene Roddenbery n'a pas puisé, à travers les uniformes des astronautes, leur rang, leur équipement, et leur soucoupe volante, le principe des équipages de Star Trek, dix ans plus tard. On y retrouve même le téléporteur, qui n'existe certes pas littéralement dans Planète Interdite, au profit d'une machine à l'aspect complètement similaire, et qui permet aux passagers de sortir indemne des décélérations importantes de leur vaisseau dans l'espace.

Les infrastructures Krell restent aussi impressionnantes, et dans leur design, assez uniques. La plupart des villes du futur que l'on retrouve dans les films puisent toujours dans la sempiternelle même inspiration : Metropolis de Fritz Lang. Or la cité souterraine Krell n'a rien à voir : elle est au contraire très carrée, très propre, très aérée, très sobre, et pourtant très colorée. Etonnement, on retrouve peu cette source dans les films de science-fiction depuis, au profit de quelque chose de moins flambant neuf... Alors que son gigantisme, même s'il date un peu, reste crédible. Seul décor qui pêche, l'intérieur de la soucoupe volante, bien trop simpliste et spartiate pour donner le change : il parait moins bien équipé qu'une cuisine américaine de l'époque !

Les matte-paintings et décors de la planète sont très réussis : il y a la fois l'exotisme d'un monde n'ayant rien à voir avec la Terre, la désolation d'une planète inquiétante, et une certaine poésie dans les couleurs. Altaïr devient un personnage angoissant à part entière, où le danger guette derrière chaque rocher, et dont le seul hâvre sécurisant reste la soucoupe volante des terriens.

La musique de Louis et Bebe Barron, qui n'est qu'intonations électroniques plus ou moins disharmonieuses, renforce de manière capitale l'angoisse tout au long du métrage. D'ailleurs, il est étonnant de réaliser à la projection que la musique officie plus en guise de bruit de fond constant plutôt qu'en véritable musique de film : on est loin des envolées symphoniques des oeuvres de science-fiction des décennies qui ont suivi, depuis 2001 l'odyssée de l'espace jusqu'à Star Wars. On ne retient pas la musique de Planète Interdite, et elle a pourtant une sorte de caractère subliminal : on ne la remarque presque pas, mais elle permet de s'immerger dans l'atmosphère...

Autre élément suggéré de manière flagrante dans le film, et ce à son premier stade de lecture : l'érotisme, sous la forme d'une nymphe exceptionnellement sexy et pourtant innocente, à la merci de militaires restés chastes de force durant leur voyage interplanétaire. La tension générée y est flagrante, et participe à l'atmosphère de malaise.

Pour finir, la part d'ombre individuelle, et ses conséquences sur la collectivité, est la thématique essentielle de Planète Interdite, dont, à ce stade de lecture, le récit de science-fiction n'est qu'un prétexte. Elle permet, à un autre degré, de s'interroger sur l'humanité et sur son évolution. Car plus les Krells se civilisent, plus ils libèrent leur part animale et violente, qui les mènera à leur perte, au lieu de se rapprocher de la perfection. Ils se civilisent, et pourtant n'évoluent pas. La question que pose adroitement Planète Interdite est "si l'Homme a évolué technologiquement en quelques milliers d'années, a-t-il pour autant évolué spirituellement ?". Le XXème siècle, le plus violent de notre Histoire, semble hélas, répondre négativement. A l'orée des années 1900, fruit d'un siècle de révolution industrielle, on avait foi en l'avenir et en la science... Or il en a découlé presque consécutivement deux guerres mondiales.

Il y a un cocktail très complet dans Planète Interdite : science-fiction, aventure, mystère, poésie, angoisse, psychologie, philosophie, érotisme. Même l'humour y est représenté, certes à toutes petites doses, à travers le cuisinier ivrogne du vaisseau. Les véritables amateurs d'humour risquent par contre d'être déçus par la prestation de Leslie Nielsen, pourtant impeccable jeune premier, en capitaine magnanime et responsable, mais qui ne se permet pas la moindre blague !

Bref, même si sur la forme, le film a vieilli, il est encore complètement contemporain sur le fond, et se regarde avec une implication totale dans l'atmosphère et dans l'histoire. Planète Interdite n'a pas à rougir de son âge, et peut sans problème prétendre à une place de choix dans le panthéon des meilleures oeuvres de science-fiction au cinéma. Et même au degré du plus pur divertissement, le film remplit complètement sa mission.

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n°32 - 10/10 SOMME Benoît

18 septembre 2010

Je l'ai vu et revu et je ne m'en lasse pas. Bien meilleur que beaucoup de films plus récents, Planète Interdite est une référence et bienvenue sera celui qui essayera d'en faire un BON remake !

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n°31 - 8/10 Lukaz

23 décembre 2009

Kitch? Niant-niant? vieillot? Plus de 50 ans et ce film tient toujours la route. Parlera-t-on encore de 2012 dans 50 ans ? J'ai arrêté de compter combien de fois je l'ai visionné. Impossible de m'en lasser. Même les explications pseudo-scientifique qui truffent l'histoire valent mieux que les fadaises de scénarios a deux centimes d'Euro qu'on nous sert dans les films de SF aujourd'hui.

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n°30 - 10/10 Yom

23 novembre 2009

Pour moi, c'est LA référence de la science fiction (dommage qu'on ne puisse plus mettre 20/20). Ce film a plus de cinquante ans, et reste cependant crédible, peut être un peu kitch dans ses effets, mais crédible. De plus, pour tous les fans de Star Trek, on pourrait presque considérer ce film comme la préquelle de la série, autant pour ses costumes, son ambiance, que pour le principe du vaisseau militaire qui visite l'univers pour porter secours.

Il faut également savoir qu'une suite est prévue, une suite qui apparemment devrait raconter l'aventure du Bellerophon, et non pas une suite chronologique à l'histoire de Planète Interdite. Bref, tout cela pour dire que si vous ne l'avez pas encore vu, il n'est jamais trop tard ! ^_^

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n°29 - 10/10 GEGE

11 janvier 2009

Ce film est sorti en 1956 avec très peu de moyens par rapport à aujourd'hui, mais pendant de nombreuses années il a su supplanter bon nombre de films. Pour moi, c'est une référence de la SF. Son, image, scénario… Tout est bon, rien à jeter.

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n°28 - 9/10 LHOIRY Yann

28 décembre 2008

J'ai découvert ce film un peu comme tout le monde lors de sa diffusion en deuxième partie de soirée sur FR3 dans l'émission La Dernière Séance. Le robot est devenu un personnage culte et refait quelquefois des apparitions dans les coproductions Disney (exemple Gremlins 1). Un bon classique à voir !

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n°27 - 10/10 Sans nom

20 décembre 2008

Finalement il aura fallu 2008 pour que ce film sorte enfin en DVD zone 2. PLANÈTE INTERDITE est un pilier de la SF, un passage obligé pour tous vrais amateurs du genre... une pure merveille. Certains le qualifient de "kitsch" mais 54 ans plus tard peut-on le juger objectivement avec nos références et nos moyens techniques actuels ? nos films d'aujourd'hui tiendront-ils la distance comme celui-ci dans un demi-siècle ? j'en suis pas sûr... PLANÈTE INTERDITE est à revoir avec ce qui nous reste de notre âme d'enfant tout comme nous l'avions découvert à la télévision lorsque nous étions gosses, car ce film nous apporte tout ce que l'on pouvait rêver devant son affiche prometteuse : un vaisseau spatial, l'espace et un environnement enchanteur, le mystère d'une civilisation disparue, la menace d'un monstre que l'on devine, le robot le plus emblématique de l'histoire de la SF et même une jolie fille que gamin nous aurions tous voulu épouser. PLANÈTE INTERDITE n'est pas un film culte, PLANÈTE INTERDITE EST LE CULTE de tout bon amateur de SF...

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