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Cypher

(Cypher)

 Les critiques

Nombre de critiques : 6

Total des points : 47

Moyenne obtenue : 7.83/10

n°6 - 7/10 Fog Horn

03 avril 2013

Je m'attendais à un film un peu plus surprenant de la part du réalisateur de CUBE. Ça commençait pourtant bien avec un mystère bien entretenu autour de cet espion industriel aux missions bien énigmatiques. Malheureusement, l'intérêt retombe un peu dès que le spectateur comprend la clé de voûte de l'intrigue (le lavage de cerveau). On se rend compte que toute l'astuce scénaristiques avait été déjà traitée avec bien plus de folie 10 ans plus tôt dans TOTAL RECALL. Alors effectivement, le film tient la route techniquement pour un budget modeste comme celui-ci, mais il laisse en terme d'histoire un arrière-goût de déjà-vu.

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n°5 - 8/10 Xavier Lejeune

03 mai 2010

Derrière Cypher on passe un bon moment. L'intrigue est tortueuse à souhait, même si les plus averties comprennent vite le fin mot de l'histoire. Car pour une fois on a une histoire. Une histoire qui certes parle de secrets. C'est là que réside souvent la difficulté de la mise en scène, de la réalisation et du montage. Créer du suspens et maintenir en haleine le spectateur n'est pas chose aisé. Avec Cube chacun attendait la révélation qui jamais ne venait. Là des révélations il y en a. Leurs forces ? Ouvrir vers de nouveaux mystères... Si votre grand-mère s'y perd dans ce Cypher, les lecteurs d'Anderson ou d'Hamilton ne le seront pas. On est loin des canons du cyberpunk, mais on en entrouvre intelligemment la porte. Contrairement à beaucoup de film du genre on ne tombe pas dans le stéréotype. Les décors et les personnages sont soignés et participent de l'ambiance paranoïaque qui vous englobe. Pour peu que vous n'ayez pas de références préexistantes pour deviner aisément la fin.

Un film qu'il convient d'avoir sur son étagère. Le deuxième visionnage permettant de mettre à jour le travail du cinéaste qui vous avait trimballé lors du premier visionnage.

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n°4 - 8/10 Chris

09 septembre 2008

Un très bon film de SF sur les technologies virtuelles et sur le monde de l'espionnage industriel. Une idée directrice intéressante avec son cortège de rebondissements et d'actions bien enlevé, une réussite tant à la mise en scène qu'au jeu des acteurs, Jérémy Northam est génial et cette histoire parfaitement réussie.

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n°3 - 5/10 Jim profit

27 mars 2004

On a raison de parler d'influence "Dickienne" dans ce film ! en effet, faux-semblants, futur impalpable, personnages "cols-blancs" sont les bases de tout récit du génie de l'auteur de "Blade-Runner", "Total Recall", "Minority Report" et "Paycheck" (entre autres...)
Après son (rubik's ? )"Cube" torturé et matheux, Vincenzo Nattali nous sert sa lecture du film d'espionnage matinée de science fiction, le tout dans un emballage luxueux et tout à fait envisageable... Jeremy Northam est idéal dans ce rôle d'administratif concrétisant son rêve de "jamesbondisme"... Lucy Liu est (toujours...) sublime en femme mystérieuse et, donc, fatale... Les effets spéciaux sont assez discrets et bien intégrés dans l'histoire, et la musique est discrète, novatrice mais agréablement entêtante... Un film à posséder d'autant que l'édition DVD est d'excellente qualité... Ca donne envie de se replonger dans les nouvelles de Dick !!!

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n°2 - 10/10 Sans nom

08 septembre 2003

Pas grand chose a rajouter à ce qui a été dit plus haut, si ce n'est qu'il s'agit d'un très bon film, même si la fin est un peu prévisible. Je trouve que ce film tire plus vers les films d'espionnage que du coté de la SF et de l'anticipation pure. On y trouve aussi une atmosphère similaire au film "The Game", dans le sens ou le personnage n'est plus très de la réalité qui l'entoure. Mais cela n'a rien d'une critique négative, il n'y a rien a jeter dans ce film.

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n°1 - 9/10 Fabien Tournel

26 avril 2003

Au terme d'un entretien d'embauche rigoureux, interrogé à plusieurs reprise sous le contrôle d'un neurographe, Morgan Sullivan intègre la prestigieuse firme Digicorps. Sa fonction, insolite, sera de participer à des congrès professionnels, à des conférences sur la fidélité des consommateurs de mousses à raser ou de fromages... Mais sous une fausse identité. Morgan Sullivan devient ainsi Jack Thursby, agent confidentiel de Digicorps. Une taupe. Une seconde vie, seconde chance pour un homme circonspect, discret, soumis. Il s'invente une personnalité extravertie, des voyages, une passion pour le golf, et se met à boire, à fumer, aborder les femmes... Mais rapidement, le rêve bascule en cauchemar. Il apprend qu'il n'est qu'un pion. Sa fonction n'est qu'un leurre, on se sert de lui. On le manipule, de tous les côtés : Digicorps, puis Sunways, et le mystérieux Sebastian Rooks qui s'arrachent ses services, sans qu'il sache pourquoi. Par la convoitise de tous, le pion devient la pièce essentielle de chacun. Mais à quelle fin?...

Vincenzo Natali nous revient enfin, quatre longues années après le fascinant Cube. Aux côtés des Jonze, Nolan, Aronofski, Nakata et Niccol, il fait partie de la nouvelle vague virtuose et indépendante du cinéma. Lui aussi, avec ce second film, vient incontestablement de monter en puissance. D'ores et déjà, un grand. Son Cypher nous emmène en territoire... dickien. Voilà, l'inévitable référence est lâchée. Car, force est de le reconnaître, l'esprit de Total recall plane sur cette ouvre. Mais il se l'approprie, le fusionne avec des nuances du Brazil de Gilliam, dueXistenZ de Cronenberg, du Pi d'Aronofski. Et le résultat est envoûtant, captivant, plus que réussi. Aux côtés de Dick, c'est Kafka et Orwell qui resurgissent pour saluer cette nouvelle vision en teintes passées, au seuil du cauchemar monochrome. Le cinéaste canadien use mais n'abuse pas des effets. Il soigne avant tout son esthétique sophistiquée, feutrée, plutôt froide, et dont émane pourtant une chaleur, une corporalité manifeste. Il raconte une histoire, sans énormes feux d'artifices, mais avec une faculté évidente à créer une atmosphère, et un vrai talent de conteur, recourant aux ellipses plutôt qu'à une pléthore de scènes superflues. La réussite de la mise en scène est indéniable, d'autant plus que le tournage n'a duré que 37 jours !

L'un des autres points forts de Cypher sont les décors. Natali a refait appel à Jasna Stefanovic, déjà responsable du visuel unique de Cube. Avec le directeur de la photographie, Derek Rogers, elle a choisi d'adopter un décor sans véritables repères chronologiques. On oscille en effet entre une vision nettement moderne du futur, type 2001, l'odyssée de l'espace, et une vision plus rétro, type Brazil ou encore Alphaville de Jean-Luc Godard. Le scénario de Brian King est tortueux, diabolique, mais reste suffisamment crédible. On sent que l'intention du scénariste n'était pas de nous balader de rebondissement en rebondissement, mais bel et bien de nous immerger dans une seule et même rivière, une "ligne brisée" mais une ligne sans rupture, un fil d'Ariane que l'on remonte jusqu'au dénouement. Un beau dénouement. Les meilleurs qui soient s'écrivent toujours avec un grand A. Outre les troubles identitaires, les hallucinations, l'imperceptibilité du réel, la première partie du film côtoie savoureusementl'anticipation sociale. Banlieues et ménages stéréotypés, emplois soporifiques et vains, tellement absurdes qu'ils ne se justifient que mutuellement, espionnage industriel et paranoïa généralisée. Vide existentiel. Comblé en urgence par des illusions de secrets, d'importances, d'aventures.

A l'instar de Chuck Palahniuk (Fight club) ou Bret Easton Ellis (American psycho), Brian King semble témoigner d'une certaine Amérique qui se lasse et se dégoûte de ses rêves dorées. "En voyageant à travers les Etats-Unis, confie-t-il, je me suis rendu compte que dans chaque ville, on trouve les mêmes centres de congrès, les mêmes pôles commerciaux, avec les mêmes magasins des mêmes enseignes. En prenant conscience de cela, je me suis dit que tous les gens qui vivent dans ce genre d'endroits, les commerciaux qui vont de salon en salon, doivent parfois se demander où ils sont. Ces lieux se ressemblent tellement qu'il est facile d'y perdre ses repères. J'ai imaginé l'histoire d'un homme dans cet univers déshumanisé, où l'individu n'est finalement là que pour servir une machine commerciale désincarnée..."

Un constat à rapprocher de celui du milieu de l'espionnage, fait par Henri-Georges Clouzot dans un grand classique de 1957 : Les Espions... Cypher brille encore par ses interprètes principaux, irréprochables et magnétiques. Jeremy Northam, premier choix instantané de Natali, possède un charisme ambiguë, un remarquable mélange de tension et de fragilité, sans oublier une voix caverneuse d'une séduction immédiate (en VO). Tandis que Lucy Liu (que l'on connaissait déjà par la série Ally McBeal) possède une froideur divine, une beauté de glace qui sied à l'ambiance du film. On retrouve également David Hewlett, l'acteur fétiche du réalisateur (et encore une fois dans un ascenseur!!!). Le court-métrage Elevation était déjà plus qu'un coup d'essai. Cube fut un retentissant coup d'éclat. Cypher est un coup de maître, tout simplement.

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