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Abyss

(The Abyss)

 Les critiques

Nombre de critiques : 11

Total des points : 95

Moyenne obtenue : 8.64/10

n°1 - 10/10 Sy Phy

21 décembre 2001

Abyss ou ALIEN - LE 8ÈME PASSAGER version sous-marine... avec quelques specimens humains en guise de monstres. Trêve de plaisanterie : cette splendeur est exemplaire en ce sens qu'il reste parfois possible de concevoir un très grand film avec de très gros moyens (je sais que mon avis restera minoritaire mais Cameron a eu beaucoup de talent... jusqu'à ce qu'il commette Titanic). Tellement exemplaire qu'on peut s'amuser à chercher chez d'autres ce qui fonctionne ici et... tombe à l'eau ailleurs.
Prenez la séquence où Bud repêché par les êtres aquatiques doit visionner sur grand écran un pot-pourri des horreurs de l'histoire humaine : l'empathie passe et on ressent son haut-le-coeur. Luc "je-porte-le-bide-et-la-barbe-d'Orson-Welles-donc-appellez-moi-Maître" Besson copie-colle la scène avec sa pauvre Leeloo dans "LE CINQUIÈME ÉLÉMENT" et ce n'est qu'un effet d'oeil humecté de citron par la maquilleuse. En partie responsable de cette réussite, un des plus intenses comédiens américains de ses dernières années : Ed Harris. Lui qui avait réussit l'exploit de rendre sympathique cette icône incolore et sans saveur de l'héroïsme WASP, l'astronaute John Glenn, dans "L'étoffe des héros".
Abyss est un grand spectacle au propre et au figuré avec tous les clichés communs au genre (notamment celui du couple à étincelles qui se rabiboche dans l'épreuve, les seconds rôles excentriques et-ou politiquement correctes etc.) et la sauce prend par la grâce du cinéaste aux commandes et des interprêtes (M-E Mastrantonio ne pouvait être un meilleur choix). Juste un bémol sur l'interprétation de M. Bienh, abonné aux rôles d'hypertyroïdiens décérébrés. Cet opéra abyssal contient des temps forts inoubliables : la "rencontre du 3ème type" avec l'être doté de mimétisme, la perte de connaissance progressive de Bud à mesure qu'il s'enfonce dans les profondeurs et sa traduction dramatique par l'orthographe de plus en plus enfantine et dyslexique des messages qu'il pianote... Avec un pic de haute tension absolu : le sacrifice par la noyade, une des plus éprouvantes et bouleversantes scènes amoureuses de l'histoire du cinéma. A déconseiller fortement aux claustrophobes ! Une astuce scénaristique digne de Samuel Fuller : ceux qui ont vu "Les 40 tueurs" me comprendront.

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