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Counterpart

(Counterpart)

 L'histoire

Un employé de l'ONU découvre que l'agence pour laquelle il travaille cache une passerelle vers une dimension parallèle...

Le petit mot de Prof SF

Dans le monde de la série télévisée, il existe plusieurs périodes intéressantes dans une année civile ; outre l'été et la rentrée de septembre, la diffusion des nouvelles productions de janvier constitue un événement d'importance et vient rappeler, s'il en était besoin, que, malgré l'apparition des supports VOD type Netflix, Hulu ou Amazon, quelques grands networks américains proposent encore des programmes intrigants.

Il en est ainsi de la chaîne de télévision payante Starz, lancée au milieu des années 90 afin de venir concurrencer les « anciennes » Showtime ou HBO. Fort de plus d'une vingtaine de millions d'abonnés, cette chaîne cablée s'est imposée ces dernières années parmi les fans de séries télés grâce, notamment, à des œuvres comme ASH VS EVIL DEAD, POWER ou AMERICAN GODS. Alors l'annonce de la production de COUNTERPART dont le premier diffusion a été diffusé le 21 janvier – mais que les abonnés du réseau OCS pouvait voir en avant-première depuis le début de l'année 2018 – s'annonçait comme un événement digne d'intérêt.

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COUNTERPART suit les aventures d'Howard Silk, un employé lambda d'une agence des Nations Unies qui découvre que le bureau pour lequel il travaille garde un passage secret menant vers une dimension parallèle. Dans cette autre dimension, l'homologue d'Howard se prénomme Prime. Outre son pitch qui met en avant des univers parallèles et donc un traitement science-fictionnel assumé, cette série présente quelques encourageantes perspectives. Passons dans un premier temps sur le showrunner principal, un certain Justin Marks dont la carrière hollywoodienne n'a rien d'impressionnant. Scénariste du LIVRE DE LA JUNGLE (2016) et du plutôt attendu TOP GUN : MAVERICK, cet écrivain trouve, en COUNTERPART, un premier travail d'importance et nul n'est véritablement capable de prévoir si ses talents de narrateur lui permettront de maintenir un intérêt tout au long des dix épisodes que constituent cette première saison.

Plus intéressant est la présence à la réalisation des deux premiers épisodes d'un cinéaste confirmé, le norvégien Morten Tyldum. Devant une partie de sa renommée à sa nomination pour l'Oscar du meilleur cinéaste avec IMITATION GAME (2014), une biographie du célèbre mathématicien Alan Turing, ce natif de Bergen est également l'auteur d'un des succès de la fin d'année 2016 – PASSENGERS avec Chris Pratt et Jennifer Lawrence – qui rassure les fans sur sa capacité à traiter efficacement un récit de science-fiction. Mais ce qui finit de convaincre totalement l'audience éventuelle, c'est le choix des interprètes principaux.

Ainsi, parmi les nombreux interprètes annoncés dans ce projet, figurent notamment l'illustre actrice Jacqueline Bisset – aperçue, entre autres, chez Stanley Donen, Roman Polanski ou John Huston – ou le formidable Stephen Rea qui débuta dans les années 80 avec Neil Jordan – dans LA COMPAGNIE DES LOUPS – et qui continue sa carrière en abordant tous les types de cinéma et notamment le fantastique avec V POUR VENDETTA en 2005. Autour de ces deux vedettes du cinéma, on retrouve des acteurs connus du mode télévisuel comme le danois Ulrich Thomsen – le méchant de BANSHEE – l'américain Kenneth Choi – vu, entre autres, dans DOCTEUR HOUSE, 24 H CHRONO ou LES EXPERTS – ou le britannique Harry Lloyd – GAME OF THRONES ou INSPECTEUR LEWIS. A leur côté, on pourra apercevoir le regretté acteur suédois Michael Nyqvist, l’interprète de Mikael Blomkvist dans la trilogie MILLENIUM, pour l'un de ses dernier rôles.

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Du côté des deux rôles principaux, la production a également prévu du lourd : ainsi, pour interpréter la femme du héros, le choix s'est porté sur Olivia Williams, artiste bien connue depuis ses débuts sous la direction de Kevin Costner dans POSTMAN en 1997. Alternant théâtre, cinéma et télévision, cette actrice anglaise fut notamment à l'affiche d’œuvres aussi différentes que SIXIEME SENS, THE GHOST WRITER ou FRIENDS.

Enfin, pour interpréter Howard Silk, le choix des producteurs s'est porté sur l'immense J.K. Simmons, un éternel second rôle qui trouve – du moins on l'espère – enfin l'occasion d'occuper le devant de la scène. Mondialement connu après ses rôles dans la trilogie SPIDER-MAN de Sam Raimi, Simmons accède à la reconnaissance grâce à WHIPLASH de Damien Chazelle, long-métrage pour lequel il remporte le Golden Globe et l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Mais on ne saurait oublier que la carrière cet acteur à la gueule reconnaissable entre mille, doit également beaucoup à la télévision. Alternant télévision et cinéma, Simmons fut repéré dès le milieu des années 90 uniquement par ses compositions dans trois séries télés renommés : ainsi dans OZ il interprète pendant les six saisons que durent ce programme le rôle de Vernon Schillinger puis dans NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE il joue pendant 45 épisodes celui du Docteur Skoda avant d'également interpréter le rôle du chef Pope dans la série THE CLOSER. Bref, connu et reconnu pour ses participations à des œuvres cinématographiques – dont de nombreuses de science-fiction comme JUSTICE LEAGUE ou TERMINATOR GENISYS – Simmons n'en reste pas moins un acteur plébiscité par ses conséquentes apparitions télévisuelles et son engagement dans COUNTERPART est un gage de qualité et porte un coup de projecteur bien venu sur ce show.

Alors que vaut véritablement cette série télé, ou du moins quelles sont les impressions après la vision de l'épisode pilote ?

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Durant environ une heure, le premier épisode de COUNTERPART est déconseillé aux moins de 12 ans et cela semble logique au vu d'une séquence d'introduction – avec défenestration et égorgement – relativement violente. Suit un générique relativement explicatif qui rappelle le cloisonnement entre les mondes parallèles tout en indiquant celui vécu par un héros dans sa vie professionnelle – refus d'une promotion qui le condamne à occuper éternellement le même bureau, rappelant celui de Sam Lowry dans BRAZIL, et à effectuer les mêmes gestes et les mêmes conversations codées avec son homologue de l'autre monde – que dans sa vie familiale – sa femme est dans le coma depuis un accident de la route et ne doit sa survie qu'à sa connexion avec une machine de respiration artificielle. Le personnage principal va alors vivre un événement unique ; il va rencontrer son double, un agent secret venu de l'autre monde. Autant le Silk de notre monde est transparent et fade, autant celui venu d'ailleurs est énergique et volontaire. Ces deux caractères opposés permettent ainsi à J.K. Simmons de crever l'écran et de s'avérer, comme prévu, le point fort du film. Qu'il compose un travailleur de l'ombre discret ou un espion efficace et sur de lui, le comédien principal impose une présence qui vient finalement gommer la minceur du scénario – on espère que dans les prochains épisodes certaines idées viendront amplifier le récit – et surtout l'extrême sagesse d'une réalisation qui alterne des compositions simplistes avec des scènes d'actions filmés caméra à l'épaule difficilement lisible.

Autre soucis pouvant dérouter une possible audience semble être la difficulté pour cette série de trouver une audience caractéristique ; présenté, par une affiche vendeuse comme une œuvre de science-fiction, COUNTERPART laisse plutôt la sensation d'évoluer dans le domaine du thriller d'espionnage pur. Rappelant les films sur la guerre froide – d'où le choix de situer ce feuilleton en plein Berlin – COUNTERPART semble par sa réalisation un peu hors mode et impose un climat tendu où l'absence d'humour est évidente ; le monde d'ici est en danger, un carnage se prépare et rien n'indique une possible issue favorable. Le climat qui prévalait dans les années 50 entre les deux géants que furent les U.S.A. et l'U.R.S.S. est ici remplacé par un conflit entre deux mondes totalement similaires mais globalement différent.

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Mais, malgré ces « problèmes », cet épisode pilote pose quelques bases et suscite un petit intérêt de la part du spectateur. Toutefois, ce dernier, lucide, pourra s'interroger sur l'éventuelle poursuite de cette série si quelques histoires secondaires solides ne viennent pas consolider la trame principale.

24 janvier 2018