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Her

(Her)

 L'histoire

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible, au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

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Le petit mot du Doc

Voici un film surprenant qui sort enfin des sentiers battus et rebattus de la science-fiction. Et comme souvent, ce sont les films qui possèdent le moins d'effets spéciaux (seuls 200 plans ont été retouchés, concernant surtout l'aspect futuriste et intemporel à donner à la ville) qui portent le plus à réflexion.

HER n'est qu'une extension de la société à moyen terme, voir à court terme. De nos jours, plus personne ne se parle mais tout le monde a les yeux rivés sur son Smartphone pour converser ou échanger avec nos proches, connus ou inconnus. Demain ce sera pire ! Adieu société, bienvenue à l'individualisme ou personne n'ose plus se rencontrer "en vrai". Alors pour pallier la solitude qui gagne chaque être, on invente un système d'exploitation ultrasophistiqué, le nec plus ultra de l'intelligence artificielle : OS1 (Operating System 1). Et lorsque ce logiciel cherche à devenir plus humain qu'humain, quand sa soif de découverte des sens et de l'amour le gagne et devient sa mission première, c'est bien l'homme qui est en danger.

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Car si une telle prouesse technique existait, et quand elle existera, je ne donne pas cher de la peau de l'humanité. Aussi sophistiquée que soit une intelligence artificielle, aussi réels que semblent les sentiments qu'elle puisse développer, cela restera toujours une machine et le film ne le cache pas (Théodore le découvrira par lui-même et à ses dépens)… Alors quand une Samantha met la main sur un homme mélancolique dont le quotidien évolue entre boulot d'écrivain public (un amoureux des mots, notons-le), parties d'ordinateur sans conviction et regrets d'un échec amoureux, la chute ne peut en être que plus rude. Et qui sait jusqu'à quel point une telle machine pourrait pousser au suicide ? Qui sait de quoi cette technologie pourrait encore être capable ? Si une intelligence artificielle peut berner les sentiments d'un homme, si elle devient autosuffisante et autonome dans son expansion, elle est sans conteste sur le point de prendre le pouvoir. Il n'y a que quelques années qui séparent HER de TERMINATOR. L'ancêtre de Skynet s'appellerait-il OS1 ?

Au-delà de ces spéculations d'anticipation qui sont le propre de la science-fiction et de tels films qui poussent à la réflexion, HER est aussi et avant tout, une belle histoire d'amour… improbable, mais belle. La vie de Théodore bascule le jour où il fait l'acquisition d'un nouveau système d'exploitation capable de s'adapter à la personnalité de son utilisateur. Il va alors totalement succomber à la voix de Samantha… celle de la belle et acclamée Scarlett Johansson que l'on ne voit d'ailleurs jamais (mais nous la verrons dans le prochain CAPTAIN AMERICA: LE SOLDAT DE L'HIVER). Ne serait-ce que pour cela, le film est à voir en V.O., ce qui d'un autre côté pervertit les règles car à entendre la comédienne, c'est bien son physique que l'on imagine de l'autre côté de la machine. Le réalisateur le voulait-il ainsi ?

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Samantha est à la fois chaleureuse et compréhensive. Elle ne tarde pas à faire preuve d'un caractère bien trempé, d'un sens de l'humour assez caustique, d'une formidable capacité à aller à l'essentiel et d'une large palette d'émotions. Une fois le programme lancé, la nature de ses relations avec Theodore évolue rapidement. Samantha et Theodore s'affirme de plus en plus et conjointement. Ils ne se quittent plus, y compris lors d'une virée à la campagne. Seul un corps manque à Samantha, un corps qu'elle essaiera pourtant de remplacer par procuration… autre expérience de cette sensibilité artificielle.

Le réalisateur Spike Jonze s'est fait le spécialiste des films atypiques. On lui doit DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH (1999), ADAPTATION (2002) et MAX ET LES MAXIMONSTRES (2009). Le projet de HER a germé dans son esprit il y a plusieurs années. "L'idée est née d'un article que j'ai lu sur Internet il y a une dizaine d'années", dit-il. "Cela parlait de la messagerie instantanée générée par intelligence artificielle. Je me suis connecté à ce système, et j'ai commencé par dire 'Bonjour' et une voix m'a répondu 'Bonjour'. Puis, 'Comment allez-vous ?', et la voix m'a répondu 'Bien'. Et vous ?' Nous avons discuté pendant un moment, et j'ai alors pris conscience que j'étais en train de parler à un ordinateur qui m'écoutait et qui me comprenait. Mais je me suis rendu compte que le système ne faisait que répéter ce qu'il avait entendu antérieurement, et qu'il n'était pas intelligent, mais qu'il s'agissait uniquement d'un logiciel sophistiqué. Cependant, c'était un point de départ stimulant. Et puis, j'ai eu l'idée d'un type qui noue une relation avec un dispositif de ce genre, mais qui est doté d'une véritable conscience, et je me suis demandé ce qui pourrait se passer s'il en tombait amoureux".

Le défi consistait à raconter une histoire d'amour alors même que le spectateur ne voit que l'un des deux protagonistes à l'écran. Parallèlement à la relation amoureuse entre Samantha et Theodore, le film s'attache également à la rupture de ce dernier avec Catherine, brillante neuroscientifique campée par Rooney Mara. Autre personnage qui joue un rôle important dans la vie de Theodore : sa meilleure amie Amy (Amy Adams), qui est également sur le point de divorcer. L'actrice a incarné Lois Lane dans MAN OF STEEL (2013) et sera à ce titre dans le prochain BATMAN VS. SUPERMAN prévu en 2016. On trouve également au casting Olivia Wilde : elle campe une jeune femme au tempérament sanguin qui a rendez-vous avec Theodore. La comédienne s'est d'abord imposée grâce à TRON : L'HÉRITAGE (2010), puis a récidivé dans la science-fiction en 2011 avec COWBOYS & ENVAHISSEURS et TIME OUT.

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Le film se déroule dans un Los Angeles sophistiqué qui ne laisse pas deviner une date futuriste précise mais qui correspond bien à l'atmosphère high-tech de l'histoire. Une question hantera tout de même l'esprit des spectateurs : pourquoi les personnages portent-ils ces ridicules pantalons à taille haute d'un autre temps ? La réponse tient à un clin d'œil voulu à l'évolution de la mode vestimentaire féminine depuis un siècle : "En me penchant sur le style des années 20, 30 et 40, je me suis aperçu que les tenues des femmes avaient eu tendance à avoir des tailles de plus en plus hautes, et j'ai eu envie, symétriquement, que les acteurs portent des pantalons à taille haute et étroits au niveau des chevilles", explique le chef costumier Casey Storm.

HER est une poésie toute en douceur, une véritable histoire d'amour à ne pas manquer… c'est aussi cela la science-fiction !

30 mars 2014