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Hypothermia

(Hypothermia)

 L'histoire

Les Pelletier viennent d’arriver dans leur résidence secondaire au bord d’un lac isolé dans le Nord canadien. Au programme : détente, ressourcement et partie de pêche sur la glace, cette pêche si particulière qui consiste à trouer la couche et d’y laisser filer les lignes, et d’attendre ensuite des heures à l’abri de coupe-vent ; dans le silence et le froid ; cela tient de la pratique du zen… et du masochisme !

A peine arrivés, père et fils vont installer la base de pêche, avant d’être rejoint par Hélène, la mère, et Gina, la future femme du second. Et malheureusement, trop rapidement, par un autre pêcheur, Steve, et son rejeton du genre jeune américain type. Ceux-ci, sont particulièrement bruyants, et encombrés d’un matériel sophistiqué et m’as-tu-vu, et le père un véritable malotru. La confrontation des deux petits groupes est à la limite de la politesse. Seule l’apparition, dans leurs lignes soudain emmêlées, d’une étrange créature aquatique évite que l’antagonisme n’échauffe trop loin les deux familles.

Or cet animal non identifié, surgit là à cause de la fonte inéluctable des glaces, est une survivance du lointain passé de la Terre, bien décidé à défendre son nouveau territoire et à satisfaire son inextinguible faim…

Image scifi-movies

Le petit mot de Francis SCHALL

Ce film nous laisse sur une impression étrange : par sa courte durée (1h09) et son lieu unique (le lac et ses bords), la brièveté de son action (un peu plus de vingt quatre heures), le peu de personnage (une famille de quatre personnes et deux intrus), il parvient à nous enclore dans une ambiance éprouvante. Les très beaux décors (filmés en scope) de l’étendu du plan d’eau bloqué par la glace et ses alentours neigeux accentuent cette impression d’enfermement, d’inexcitabilité du sort des protagonistes.

Malheureusement, des effets spéciaux très spécieux (les couleurs rouges insistantes de la vision subjective de la créature, l’accoutrement totalement ridicule du monstre –on pense à une « Créature du lac noir » du pauvre !) gâchent absolument sa vision ! Comment s’inquiéter d’un phénomène qui semble échappé d’une boutique de produit à deux sous, une combinaison de plongeur sur laquelle est collée quelques ailerons improbables, une tête pleine de dents aux yeux globuleux… c’est ridicule et complètement démobilisateur pour notre adhésion au danger quelle est censé représenter !

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D’autre part, nous trouvons peu d’explications (pour ne pas dire aucune…) quant à son origine ; on ne saura qu’une hypothèse émise par le fils de la famille – et c’est là aussi les seuls raccords que nous ayons avec la science-fiction par le passage en cryptozoologie et d’une écologie menacée : "C’est une créature préhistorique, qui pourrait être le chaînon manquant entre les amphibiens et les mammifères ; dégagé de sa capture jadis dans la glace par le réchauffement climatique…"

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James Felix McKenney (né en 1968), producteur, metteur en scène, scénariste, monteur et acteur à l’occasion, est également le réalisateur de CANNIBALLISTIC! (2002), THE OFF SEASON (2004), AUTOMATONS (2006), SATAN HATES YOU (2010) où joue aussi Michael Rooker. Parmi ces titres, seul le troisième se rattache au genre traité par Scifi-Movies : une guerre impliquant l’humanité et des robots.

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Parmi les quelques trente six films de genre produit par la firme américaine Glass Eye Pix, coproductrice ici, on consultera avec intérêt la fiche de l'excellent THE LAST WINTER de Larry Fessenden (2006), autre film ayant pour décor principal un territoire de glace, mais bougrement réussi, lui.

Francis Schall

22 novembre 2012