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Dr. Pyckle and Mr. Pryde

(Dr. Pyckle and Mr. Pryde)

 L'histoire

Le docteur Pyckle expose ses théories devant quatre amis scientifiques… et sa belle domestique. Après de longues recherches, d’expériences catastrophiques, et d’interminables déambulations, il parvient à trouver la formule pour séparer avec succès le Bien du Mal dans l’esprit humain. Il décide d’expérimenter sa potion sur lui-même –plutôt que de risquer la vie d’un autre.

Evidemment, c’est sa part négative qui prend le dessus et il se transforme en l’affreux Pryde. Ainsi métamorphosé, rodant dans les rues, il tourmente la ville par des actes de plus en plus répréhensibles. La population se lance alors à sa poursuite. Fuyant, il va se cacher chez lui. C’est la femme qui aura le dernier mot…

Dr Pyckle à la recherche de la formule adéquate - Dr. Pyckle and Mr. Pryde
Dr Pyckle à la recherche de la formule adéquate

Le petit mot de Francis SCHALL

Docteur Pyckle et M. Pryde est un film muet de 1925 réalisé par Percy Pembroke et Joe Rock, produit par Joe Rock et écrit par Tay Garnett. 1925 est une année notable concernant le cinéma de SF pour la première adaptation du LE MONDE PERDU par Harry Hoyt, et le PARIS QUI DORT de René Clair.

Devenu dans la culture générale mondiale une représentation essentielle de l’antagonisme entre le Bien et le Mal, le roman de Robert Louis Stevenson "L’étrange cas du docteur Jekyll et de Mister Hyde" (Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde) a été adapté à l’écran très tôt : rien qu’entre 1908 et 1915 j’ai recensé, pour l’instant, dix versions. Mes recherches sur le cinéma de science-fiction au temps du muet, et là en particulier sur les adaptations du roman de Robert Louis Stevenson, m’autorisent à penser que celle-ci est la vingtième. Les deux premières datent de 1908 (d’abord celle d’Otis Turner, puis celle de Sidney Olcott). Il y en eu au moins une –quand ce n’est pas deux ou trois- tous les ans jusqu’à incluant 1915. Puis je n’ai rien trouvé avant 1920, mais là, cinq versions, dont les plus célèbres : DER JANUSKOPF de Frierich-Wihelm Murnau, avec Conrad Veidt, et DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE de John Stuart Robertson, avec John Barrymore. Evidemment il est difficile d’être catégorique pour une période où les films n’étaient que des prétexte à amusement et dont les copies étaient régulièrement détruites ou recyclées…

Donne ta glace petit ! - Dr. Pyckle and Mr. Pryde
Donne ta glace petit !

Suivront, venu le temps du parlant, des dizaines d’autres, déclinées sur tous les tons, explorant généreusement l’arbre généalogique : des fils, des filles, des sœurs...

Nous avons tous l’habitude de voir Stan Laurel (né en 1890, en Angleterre – mort en 1965, aux USA) en tandem avec Oliver Hardy. Il faut savoir qu’avant qu’ils ne soient réunis, Laurel a connu une carrière en solo (assez courte) dans le burlesque, à côté d’Harry Langdon, d’Harold Lloyd, ou de Charley Chase. Sans atteindre la célébrité de ceux-ci, son travail d’alors présentait néanmoins de belles qualités. A tel point que certain spécialistes n’ont pas hésité à affirmer que Charlie Chaplin lui-même lui aurait emprunté certaines idées… Il tourne son premier court-métrage en 1917 aux Studios Hal Roach. Là, de 1923 à 1925, devenu producteur, il est libre d’œuvrer sur ses films et devient grâce à cela un acteur comique déjà respectable.

Il est parti par là ! - Dr. Pyckle and Mr. Pryde
Il est parti par là !

Cette version espérée amusante par sa présence l’est finalement beaucoup moins qu’on ne pense. Elle devient même vite inquiétante en particulier par les tourments que Pryde fait subir aux enfants et aux vieilles dames, puis aux hommes ; tout ceci n’est pas aussi innocent que cela… Le charme et l’aspect provocant du film sont du avant tout au talent de l’acteur qui réussit –avec une composition sautillante et excitée très réussie- à nous mettre mal à l’aise… Stan Laurel, en s'appropriant le personnage, n'ignore évidemment pas l'interprétation de John Barrymore dans la version de 1920 (en particulier pour les mains décharnées et gigantesques).

La mise en scène est originale, souvent inventive, et plusieurs idées scénaristiques et innovations au roman font de ce court métrage (une vingtaine de minutes) un film d’importance dans la filmographie du personnage double de l’auteur de "L’île du Dr. Moreau" (l’idée de la transformation du chien est unique et drôle, par exemple, ou la présence d’une assistante au côté du savant fou qui prélude à l’excellent MARY REILLY de Steven Frears - 1996).

DR. PYCKLE AND MR. PRYDE a été tourné en partie dans les beaux décors de NOTRE-DAME DE PARIS (The Hunchback of Notre Dame) de Wallace Worsley avec Lon Chaney (1923). Viendra plus tard, une autre version comique, qui elle est beaucoup plus connue : DOCTEUR JERRY & MISTER LOVE de et avec Jerry Lewis…

Même son chien n'est pas épargné par la formule de Pyckle - Dr. Pyckle and Mr. Pryde
Même son chien n'est pas épargné par la formule de Pyckle

On peut trouver le film en DVD publié par MK2 en 2008 dans « Stan Laurel - 16 courts métrages - 1923-1925 », Ou le regarder là : Cela prend peu de temps et en vaut vraiment la peine : ce DR. PYCKLE AND MR. PRYDE est surprenant, et excellent à tous points de vue !

Francis Schall

21 août 2012