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Les racines de l'Apocalypse

(The Terror Beneath)

 L'histoire

Sur le bord d’une mine à ciel ouvert du Nevada qu’ils surveillent, un couple de jeunes écologistes surprend un assassinat. L’homme abattu était en possession d’une chose étrange (qui se révèlera ensuite être une graine antédiluvienne) qui disparaît dans le sol. Immédiatement ensuite un tremblement de terre ébranle toute la zone. Et, totalement consternés, les deux environnementalistes voient surgir de la terre une gigantesque racine qui se multiplie à une vitesse foudroyante, éventrant le lieu. Les deux témoins tentent de s’enfuir en voiture mais sont obligés de constater que le phénomène évolue dans une progression exponentielle dévastatrice sur toute la région…

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Ailleurs, les autorités informées du bouleversement de la croûte terrestre de l’état, mandent l’agent Jack Taylor du FBI pour résoudre ce funeste problème… Il s’avère vite qu’à l’origine de cette catastrophe à évolution ultra rapide est une société de biotechnologie travaillant sur le réveil de graines… provenant prétendument du jardin d'Eden. Car en fait, elles auraient, d’après les premières expérimentations, des effets bénéfiques sur l'environnement. Malheureusement, poussé par la cupidité, un collaborateur de l’entreprise secrète du professeur Frame Marcos vole quelques échantillons afin de les revendre au plus offrant.

Pour le seconder, Taylor fait appel à Jocelyn Snow, une experte en botanique. Sa théorie inquiétante et incroyable sur une origine mythique des graines et la cause de ces bouleversements tectoniques va isoler les deux enquêteurs, qui n’auront pour aide que les deux écolos pour parvenir à gagner, contre la Nature furieuse, une formidable course pour éviter la destruction du monde…

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Le petit mot de Francis SCHALL

Décidément, les Etasuniens ne savent plus quoi inventer pour exorciser leur angoisse de l’Apocalypse… Celle-ci est, dans LES RACINES DE L'APOCALYPSE, quasiment biblique, avec une puissante dose de remords écologiques. Le réalisateur et son complice à l’écriture remontent aux origines édéniques avec évocation à peine dissimulée des arbres mythiques du Paradis, celui de Vie et celui de la Connaissance du Bien et du Mal : à partir d’une graine prétendu archaïque ils inventent un nouveau « déluge » (la vindicte divine est implicite dans tout le métrage) pour punir l’humanité de ses fautes et en particuliers de ces offenses catastrophiques contre la Nature. La Terre (en fait Dieu) s’insurge et fait jaillir de ses profondeurs une racine démesurée et vengeresse qui va, à une vitesse confondante, se démultiplier en une profusion de surgeons grandissant infiniment, un entrelacement dévastateurs de radicelles gigantesques pour nettoyer le monde de sa pire menace : l’homme.

Inutile de chercher quoique ce soit de logique côté botanique ! Comme souvent dans ces nombreuses productions cataclysmiques, ce n’est plus la science qui est sujet, mais la culpabilité ; une culpabilité geignante du genre "je ne savais pas que je faisais mal…" Par le fond inconscient de désir de punition (mais évidemment, à la manière catholique de la confession – c'est-à-dire : "je pèche, je me confesse… et je peux recommencer !") et de contrition hypocrite, ces films, que nous classons en science-fiction, tiennent souvent plus, et aussi par l’irréalité du châtiment, de l’ordre du merveilleux, pour ne pas dire mystique…

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LES RACINES DE L'APOCALYPSE (The Terror Beneath) est réalisé par Paul Ziller, souvent capable du pire : sur près d’une quarantaine de réalisations tant pour le cinéma que pour la télévision, citons BA'AL, LA TEMPÊTE DE DIEU (2008), ou STONEHENGE APOCALYPSE (2010). Pourtant il nous a livré une bonne surprise, avec la complicité de Werner Herzog, pour le faux documentaire à la fois drôle et incisif, avant tout regard critique sur les médias et du cinéma qu’est LE SECRET DU LOCH NESS. THE TERROR BENEATH , téléfilm ravageur surtout par… sa nullité extrême, est une fois encore produit par la chaîne Syfy, connue pour son peu d’exigence…

Adrian Pasdar (ici, Jack Taylor) joue dans de nombreuses séries TV dont : AU DELÀ DU RÉEL : L'AVENTURE CONTINUE (1998), LA TREIZIÈME DIMENSION (2002), LES CHEMINS DE L'ETRANGE (2000-2002), HEROES (2006-2010 – il interprète Nathan Petrelli) et POLITICAL ANIMALS (2012). Il double la voix d'Iron Man dans la série télévision d'animation ULTIMATE SPIDER-MAN (2012), ce qu’il a déjà fait dans la version initiale de 2010. Nous l'avons vu aussi dans le téléfilm L'ANTRE DE FRANKENSTEIN (House of Frankenstein) de Peter Werner (1997) où il était le héro détective Vernon Coyle. Au cinéma, parmi plusieurs titres, il est dans l'original AUX FRONTIERES DE L'AUBE (Near Dark) de Kathryn Bigelow (1987) ; il fit ses début en 1986 dans TOP GUN du regretté Tony Scott.

Précédemment, on aura remarqué l’esthétique (…quitte à lui accoler un adjectif laudatif, car il est impossible de la qualifier de talentueuse !) de Stefanie von Pfetten dans ANDROMEDA de Gene Roddenberry (2000–2005), BATTLESTAR GALACTICA (2004-2009), BATTLESTAR GALACTICA: RAZOR (2007).
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Lourd et pourtant terriblement efficace appareil industriel de propagandes diverses, le système hollywoodien (qui inclus le non négligeable média télé) propose comparativement énormément plus de navets que de chef-d’oeuvres. Cela est particulièrement remarquable dans le domaine de la SF, considéré dès ses origines –mais nous savons nous ce que cela est divagation démesurée !- comme domaine réservé aux enfants ou aux débiles… Ici encore le genre est bafoué au profit… des profits éventuels ! Sûrement pas au bénéfice de l’art et de la réflexion…

Francis Schall

12 juillet 2012