Vous n'avez encore accédé à aucune fiche…

Dead Shadows

(Dead Shadows)

 L'histoire

Paris, de nos jours. Les parents du jeune Chris meurent au moment du passage de la Comète de Halley. Onze ans plus tard, une nouvelle comète passe près de la Terre. Autour de Chris, les gens commencent à agir d’étrange manière. Les comportements deviennent de plus en plus violents. En une terrible nuit, le chaos s’installe.

Image

Le petit mot de Prof SF

Depuis quelques années, dans le cinéma hexagonal, une nouvelle et intéressante tendance se dessine : une catégorie de jeunes réalisateurs tente, malgré les freins imposés par les canons de productions, d'aborder de façons diverses et avec plus ou moins de réussite le cinéma de genre, souvent à dominante fantastique voire horrifique. C'est le cas ici pour DEAD SHADOWS, produit et réalisé par David Cholewa, dont les influences purement revendiquées série B (de Lovecraft à Carpenter en passant par bien d'autres) inondent sa première réalisation.

Production excessivement modeste (cent cinquante mille euros simplement soit un budget dérisoire comparé aux standards du genre), ce petit film sincère tire, et c'est sa plus grande force, la quintessence de son interprétation (mention spéciale au jeune Fabian Wolfrom excellent dans le rôle principal), de sa réalisation soignée et composée, et surtout de ses effets spéciaux, purement remarquables pour un film de ce budget. Les scènes de destructions finales sont visuellement impressionnantes, les maquillages des créatures mi-humaines mi-extraterrestres sont remarquables et l'ensemble fourmille de belles idées laissant entrevoir un réel potentiel chez son géniteur.

Film gore avec mutants hideux à la XTRO, situé dans un Paris au bord du chaos, cette œuvre à la réputation solide et défendu par de nombreux aficionados, débarque directement en blu-ray dans un transfert d'excellente qualité.

Image

N'ayant pas eu les honneurs d'une sortie nationale sur tout le territoire, DEAD SHADOWS fut présenté en premier lieu au Marché du film de Cannes avant de faire le bonheur de festivals dédiés aux films d'horreur. Soutenue par une cohorte de fans de part la variété de ces influences (on pense aussi à l'animation japonaise de Yoshiaki Kawajiri lors de l'apparition d'une parfaite femme-araignée mais également aux films de zombies des années 80), ce premier long-métrage dispense une atmosphère digne des meilleures œuvres du genre. Toutefois attention : par la volonté du réalisateur de centrer son récit sur les conséquences du passage de la comète, ce film manque d'un minimum de profondeur sur certains thèmes trop rapidement abordés voire simplement effleurés. Ainsi le traumatisme de l'enfance du héros suite au décès de ces parents, sa peur des femmes qui en découle (avec comme conséquence notable son impossibilité de relation) et bien d'autres choses sont ici traités trop succinctement pour apporter un réel intérêt au récit. Et Cholewa, en désirant aborder plus de thèmes que de raison, commet alors l'erreur effectuée par une majorité de cinéaste lors de leur première réalisation ; celle de vouloir trop en faire, trop en dire au lieu de se contenter d'un seul sujet de discussion ! Mais lorsqu'il se limite à l'horreur pure et la fiction d'anticipation tendance apocalypse, DEAD SHADOWS démontre l'indéniable talent d'un réalisateur mais avec lequel le spectateur sera certainement moins indulgent pour la suite de sa carrière.

Image

Directement sorti donc en vidéo, DEAD SHADOWS bénéficie tout de même d'une édition soignée. Les suppléments présents sur le blu-ray sont nombreux même si parfois anecdotiques. Ainsi dans ce support, on trouve, pêle-mêle, l'interview du jeune réalisateur, un making-of du film ainsi que des effets spéciaux, des scènes coupées (alors que le film ne dure qu'une heure et quart!) ainsi que la présentation de ce long-métrage à l'Etrange festival. Moment très important d'ailleurs que cette présentation car c'est lors de celle-ci que DEAD SHADOWS commence à gagner le coeur de nombreux fans. Le film-annonce ainsi qu'un teaser compléte cette édition de bonne tenue pour un film à découvrir.

28 avril 2015