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Le vampire a soif

(The Blood Beast Terror)

 L'histoire

Au XIXème siècle en Angleterre, dans un coin d’une lande désolée et isolée, des jeunes gens sont mortellement agressés et vidés de leur sang. Un témoin épouvanté évoque une sorte de créature ailée géante.

Envoyé sur place pour résoudre l’énigme, l'inspecteur Quennell découvre des indices étranges et incompréhensibles. Il est accompagné de sa fille Meg, qui s’amourache d’un chasseur de papillons ; celui-ci oriente l’enquêteur vers le professeur Mallinger, un entomologiste reclus dans une propriété mystérieuse. Une nouvelle victime est découverte et le policier londonien, poursuivant ses recherches, soupçonne finalement le scientifique. D’autant que l’étrange fille de celui-ci, a un comportement surprenant…

De cadavres en poursuites, Quennell découvre que la jeune femme, qui semble un peu trop s’intéresser à Meg est, de par la folie créatrice de son géniteur, capable de se transformer en papillon nocturne particulièrement abject…

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Le petit mot de Francis SCHALL

D’emblée notons un titre mensonger, tentant de récupérer la vague des Dracula d’alors. Pas trace d’un vampire ici, mais un papillon de nuit géant, créé par un savant fou…

Après les trente premières minutes, façon pâle copie d’un Frankenstein de pacotille rencontrant un Sherlock Holmes asthmatique, le film explose mollement dans toutes les directions. Pourtant, le scénario abracadabrant, avec toutes ses pistes, aurait peut-être pu accoucher d’un film original, une sorte de parodie un peu folle des films de scientifiques déments ; malheureusement de l’indigence des moyens, d’une absence totale de soin dans la réalisation et d’une évolution abracadabrante de l’histoire tentant d’échapper aux gouffres du scénario il résulte une des plus terribles daubes du cinéma de genre britannique !

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Les effets spéciaux sont minables, en particulier pour la créature : un figurant sous une cape vaguement ailée, deux gros yeux rouges, deux cornes effilées sensées représenter des antennes ; si le ridicule tuait, la bête improbable aurait été la première victime du film ! Au box-office des monstres ringards, celui du LE VAMPIRE A SOIF figure dans le peloton de tête… En fait, ce film est aussi moche que son affiche française.

Les acteurs semblent s’ennuyer à cent sous de l’heure (Peter Cushing considère que c’est le plus mauvais film de sa longue carrière…), et Robert Flemyng, pourtant parfaitement crédible par ailleurs (dont dans L'EFFROYABLE SECRET DU DR. HICHCOCK (1962) de Riccardo Freda est ici malheureusement inconsistant. Quant aux décors insipides, ils sont interchangeables : un bout de maison par-ci, un morceau de forêt par-là, …on se croirait dans une de ces bandes ultra fauchées tournées en cinq ou six jours par Roger Corman !

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La Tigon (précisément la Tigon British Film Productions), fondée en 1966 par Tony Tenser, est de ces petites sociétés de production anglaise nées dans l’aspiration de l’indétrônable Hammer. Elle nous avait en particulier offert un bijou avec LA CHAIR DU DIABLE de Freddie Francis, en 1973. La Tigon a acquis une petite réputation grâce à ses films d’horreur (mais aussi quelques joyeux produits de la sexploitation) parmi lesquels on notera : LA CREATURE INVISIBLE (1967) avec Boris Karloff, LE GRAND INQUISITEUR (1968) avec Vincent Price, tous deux de Michael Reeves, et LA NUIT DU MALEFICE (1971), ainsi que DOOMWATCH (1972) de Peter Sasdy, basé sur la série télévision éponyme. Curiosité : la Tigon était coproductrice du fantasmatique LA VAMPIRE NUE de Jean Rollin (1970) ; l’aspect fesses et seins à l’air, sans doute,…

Vernon Seawell (1903 – 2001), également scénariste, acteur et producteur, a tourné près de quarante longs métrages (trente neuf exactement). Assistant réalisateur en 1952 sur le splendide film de pirates LE CORSAIRE ROUGE de Robert Siodmak avec Burt Lancaster, il est l’auteur de quelques films notables comme LA MAISON ENSORCELEE (1968), adaptation libre de "La maison de la sorcière" de Howard Pillips Lovecraft, réalisation au casting magique : Boris Karloff, Christopher Lee, Barbara Steele et Michael Gough. Ici, avec ce triste et déplorable LE VAMPIRE A SOIF, il nous embarque malheureusement dans n’importe quoi…

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Il est aussi plutôt incompréhensible que Peter Bryan, le scénariste, celui de LE CHIEN DES BASKERVILLE (1959) et LES MAÎTRESSES DE DRACULA (1960) de Terence Fisher, puis de L'INVASION DES MORTS-VIVANTS (1966) de John Gilling, certains des grands succès de la Hammer films, ait pu pondre un scénario aussi indigent… Il est des films maudits malgré leurs atouts de départ : ici, ce n’est plus de la série B mais du Z comme Zéro…