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Wild Wild West

(Wild Wild West)

 L'histoire

1869. Pour neutraliser son plus puissant ennemi, le démoniaque et richissime Dr Arliss Loveless, le président des États-Unis désigne deux agents spéciaux, James West et Artemus Gordon, choisis pour leurs compétences exceptionnelles. Si James West est un champion de l'humour à froid, charmeur et rusé, Artemus, lui, prône la réflexion et passe son temps à inventer des gadgets sophistiqués. Quelque peu rivaux, les deux agents vont devoir unir leur talent pour capturer l'infâme Loveless. Rita Escobar, belle et mystérieuse artiste, se joint à eux.

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Le petit mot du Doc

Si je vous dis James Bond au Far West, c'est bien entendu le célèbre personnage James West qui vous vient à l'esprit. Dans cette très libre adaptation de la série culte LES MYSTÈRES DE L'OUEST, Will Smith endosse le spencer strict, le chapeau stylé et le colt rutilant de l'agent secret américain du 19ème siècle, calquant avec brio le look si particulier du personnage marqué par l'excellent Robert Conrad. Et pour le seconder dans le rôle d'Artemus Gordon (autrefois joué par Ross Martin), la production fait appel à Kevin Kline.

C'est en janvier 1992 que la première rumeur d'adaptation des MYSTÈRES DE L'OUEST se lit. Dans cette mouture initiale, la mise en scène est alors pressentie pour Richard Donner (le réalisateur des SUPERMAN et des ARMES FATALES) qui avait déjà dirigé 3 épisodes de la série classique. Quant au rôle de l'agent James West, il doit revenir à Mel Gibson. Le projet capote et le duo s'oriente alors vers le remake d'une autre série télévisée : MAVERICK. Un an plus tard, Tom Cruise est choisi pour incarner l'agent secret. Mais celui-ci aussi décline pour se consacrer à MISSION: IMPOSSIBLE, remake cinématographique d'une autre grande série classique à succès. C'est finalement le tandem Will Smith / Barry Sonnenfeld qui décroche la timbale.

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Trois ans après le premier MEN IN BLACK, Will Smith retrouve donc le réalisateur qu'il affectionne particulièrement, refusant du coup de jouer dans MATRIX. Après ce WILD WILD WEST ils auront à nouveau l'occasion de réunir leurs talents dans les deux prochains Men In Black. Le film de Sonnenfeld n'a pas vocation à refaire la série classique mais plutôt à l'émanciper, exagérant tout ce qui avait pu être fait pour celle-ci. Si l'esprit général reste identique à celui de la série, la production s'est acharnée à présenter un film d'action où l'humour, les décolletés et les gadgets foisonnent… Sans doute au détriment d'un scénario convenu qui rejoue les clichés du génial inventeur fou parti à la conquête du monde.

Bref, Sonnenfeld choisit de distraire et imprègne son film d'une atmosphère futuriste Steampunk dans la veine de Jules Verne. L'on y voit donc des inventions parfois saugrenues, parfois anachroniques, à base exclusivement de mécanique et d'énergie à charbon. On se régale donc de découvrir un Nitrocycle (vélo mu par la nitroglycérine, élément chimique en vogue à l'époque puisque participant à l'élaboration de la dynamite), un tank amphibie à vapeur, un train équipé de "gadget'o roues" ou encore une machine volante inspirée des travaux de Léonard de Vinci (pour la petite histoire, c'est en 1903 que les frères Wright effectueront le premier vol motorisé). Le clou du spectacle allant à cette gigantesque araignée mécanique de trente mètres de haut. Avec cet engin atypique, les producteurs ont fait preuve d'une imagination débordante et voir roues et engrenages se mouvoir par câbles interposés est un réel spectacle de bonheur. Si la construction de la machine fut un temps imaginée pour les besoins du film, l'idée fut abandonnée au regard du poids final que le monstre aurait atteint. Seule une patte de cette tarentule métallique sera finalement construite. Elle seule pesait déjà 5 tonnes !

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La bande originale a été confiée à Elmer Bernstein, grand compositeur décédé en 2004 a qui l'on doit la B.O. de S.O.S. FANTÔMES, SATURN 3 mais aussi et surtout celle emblématique du film de John Sturges : LES 7 MERCENAIRES. Question Western le gars s'y connait s'est sur ! Et celle-ci est parfaite, donnant au film tout son entrain. Will Smith, également chanteur de hip-hop, n'aura pas résisté à pousser la chansonnette. "Wild Wild West" deviendra un grand tube de l'année 1999. Quant au thème de la série originale, celui-ci est entendu au détour d'une seule et unique scène…

Au côté de Will Smith, WILD WILD WEST réunit un casting de qualité. À commencer par Kevin Kline dans le rôle du Marshall Artemus Gordon et de Kenneth Branagh dans la peau du méchant de service, le Dr. Loveless, remplaçant le nain démoniaque de la série par un vil cul-de-jatte bien décidé à régner sur l'Amérique. Pour la partie féminine le spectateur pourra apprécier la plastique de la belle Salma Hayek dont la présence est quelque peu limitée à ce rôle, le scénario ne lui offrant pas une véritable place. Devant les libertés prisent par la rédaction et les scénaristes quant à l'adaptation de la série, Robert Conrad (le James West de la série originale) se démarqua du projet. Il refusa même la proposition d'interpréter le Président des Etats-Unis, Ulysse Grant, dans le film...

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Outre Atlantique le film reçut le plus mauvais accueil et hérita même de nombreux Razzie Awards (distinction non officielle qui consacre les pires acteurs, scénaristes, metteurs en scène). Il paraîtrait que Will Smith lui-même fut plutôt déçu par le film. N'en demeure pas moins un métrage distrayant qui ne vous donnera certainement pas mal à la tête !

08 avril 2012