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Time Crimes

(Los cronocrímenes)

 L'histoire

Assis dans un fauteuil pliant sur la pelouse de sa propriété, Hector, un homme tout à fait ordinaire, passe son temps à observer la nature à l'aide d'une paire de jumelles. Dans le bois d'en face, un vêtement rouge l'interpelle… Il aperçoit une ravissante jeune femme qui, ôtant son t-shirt, dévoile une généreuse poitrine. Tandis qu'il la perd de vue, la curiosité le pousse à la rejoindre. Mais à son arrivée, il découvre un corps sans vie, totalement dénudé.

Le tueur n'a pas encore quitté les lieux du crime et lui assène un violent coup de ciseaux dans le bras. Hector s'enfuit, poursuivit par l'assassin. Sa fuite le conduit dans le laboratoire d'un chercheur qui expérimente une machine à voyager dans le temps. Pour échapper à son poursuivant, Hector s'y réfugie. Lorsqu'il en ressort, il découvre avec stupeur qu'il est retourné dans le passé et qu'il s'est dédoublé : dans le jardin de sa propriété, il peut maintenant s'observer en train de scruter le bois avec sa paire de jumelle. Qui est la jeune fille qu'il a retrouvée morte ? Va-t-il pouvoir la sauver ?

Hector aperçoit quelque chose - Time Crimes (Los cronocrímenes)
Hector aperçoit quelque chose

Le petit mot du Doc

TIME CRIMES est le premier film du cinéaste espagnol Nacho Vigalondo, nommé à l'Oscar du meilleur court-métrage en 2005 pour "7:35 IN THE MORNING". Après l'avoir longtemps attendu sur les écrans, le film n'a finalement pas obtenu de distribution en salles et s'est vu directement sortir en DVD. C'est pourtant lors de projections festivalières qu'il s'est acquis une solide réputation, raflant le prix du meilleur inédit vidéo au Festival du film fantastique de Gérardmer 2009.

Hector est le témoin direct du meurtre d'une jeune femme. Poursuivis par son assassin il se réfugie dans une machine qui l'envoi dans le passé, l'occasion pour lui de tenter de sauver la belle. Oui mais voilà, il n'y a plus un Hector, mais deux ! En tentant de réparer le meurtre – et ses erreurs – il commettra de nouvelles maladresses auxquelles il devra également tenter de remédier en effectuant d'autres sauts dans le temps.

Que s'est-il passé ? - Time Crimes (Los cronocrímenes)
Que s'est-il passé ?

Par son thème, TIME CRIMES fait tout de suite penser à L'EFFET PAPILLON, le superbe film de Eric Bress et J. Mackye Gruber sorti en 2004. Mais Vigalondo, qui est également à l'origine de cette histoire, va plus loin en faisant cohabiter sous la même pellicule plusieurs Hector. Le scénario est habille, audacieux et parfaitement rythmé, de sorte que le spectateur s'implique totalement dans cette histoire, cherchant avec cet anti-héros une issu convenable. Des éléments anodins du début du film prennent toute leur ampleur durant sa narration. Ainsi, tel un jeu d'aventures, chaque objet, chaque évènement, chaque action trouve sa juste place dans l'histoire qui se déroule sous nos yeux. Ici, la notion de voyage dans le temps est finalement secondaire, elle sert avant tout à étoffer l'intrigue qui se révèle rapidement devenir un joli casse-tête.

Fuite - Time Crimes (Los cronocrímenes)
Fuite

Le film souffre cependant de quelques légères faiblesses : on notera la naïveté du héros à se plonger illico presto dans une cuve angoissante pour fuir un bien mystérieux tueur ; l'utilisation illégale d'une machine permettant de voyager dans le temps fera sourire, d'autant que le scientifique en question (joué par Nacho Vigalondo lui-même) est peu convainquant ; le peu de surprise d'Hector lorsqu'on lui annonce son saut dans le passé. De surcroît, on regrettera l'absence de dénouement clair à ce thriller vaudevillesque. Mais le réalisateur lui-même maîtrise-t-il tous les tenants et aboutissants des multiples paradoxes temporels qu'il a initié ? TIME CRIMES nécessitera sans doute plusieurs visionnages afin d'en démêler l'intrigue.

En attendant... - Time Crimes (Los cronocrímenes)
En attendant...

Il n'en reste pas moins que TIME CRIMES est un film qu'il est amusant de suivre, d'autant qu'à ce thriller d'anticipation le réalisateur ajoute une pointe de cynisme, un brin d'humour et un zeste de dérision. Avec ce film, Nacho Vigalondo se propulse sur la liste des grands réalisateurs espagnols aux côtés de Nacho Cerda, Alex de la Iglesia ou encore Jaume Balaguero et Paco Plaza.