Vous n'avez encore accédé à aucune fiche…

Star Trek IV : retour sur Terre

(Star Trek IV: The Voyage Home)

 L'histoire

 Histoire complète

En 2286, Kirk et ses amis vivent en exil sur Vulcain, surveillant les progrès de Spock qui retrouve peu à peu la mémoire. Sur Terre, l'ambassadeur Klingon presse la Fédération pour que Kirk réponde de ses actes sur la planète Genesis. L'ambassadeur Sarek – le père de Spock - refuse la demande d'extradition de Kirk et le défend auprès du Conseil. Le consul accepte, mais demande à Kirk de retourner sur Terre pour répondre des dix chefs d'accusation contre Starfleet. Pris entre deux feux, Kirk et son équipage décident à l'unanimité de rentrer sur Terre à bord de l'Oiseau de Proie Klingon pour assumer les charges qui sont retenues contre eux. Spock, qui souffre toujours de son Fal-Tor-Pan, décide, comme le reste de l'équipage, d'accompagner son capitaine.

L'équipage trouve la Terre en pleine agitation, menacée par une sonde venue d'outre espace qui vaporise les océans, produisant un manteau nuageux planétaire qui empêche rapidement les rayons du soleil de passer. A cause de l'énorme tempête qui ravage la planète entière, Starfleet conseille à tout vaisseau approchant la Terre de se tenir à distances.

Spock réussit à identifier la forme inhabituelle de communication de la sonde : il s'agit du langage des baleines à bosse, une race éteinte il y a fort longtemps. Pour le salut de la Terre il faut impérativement répondre aux signaux émis. Kirk et son équipage, en orbite autour de la planète condamnée, pensent que la seule manière de sauver la planète est de revenir dans le passé au 20ème siècle, lorsque les baleines existaient encore, et de retourner dans le présent avec un couple de mammifères. Avec un peu de chance, l'engin extraterrestre pourrait recevoir le signal qu'il attend en retour et la Terre serait épargnée.

La sonde approche de la Terre - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
La sonde approche de la Terre

L'équipage et son Oiseau de Proie, profitent d'un effet de fronde autour du soleil pour retourner en 1986. Après avoir repéré des chants de baleines sur la côte ouest de l'Amérique du Nord, il pose le vaisseau de guerre Klingon dans un parc de San Francisco, où, grâce à son système de camouflage, le navire devient invisible. Cependant, le voyage à travers le temps a endommagé les précieux cristaux de dilithium. La petite équipe se sépare : Uhura et Chekov ont pour mission de localiser un réacteur atomique à photons pour recharger la puissance du navire, tandis que McCoy, Scotty et Sulu sont chargés de créer un réservoir dans la baie du cargo afin de recevoir en toute sécurité un couple de baleines.

Après une balade humoristique dans le San Francisco du 20ème siècle, Kirk et Spock, localisent le docteur Gillian Taylor et son inséparable paire de baleines, George et Gracie. A cause d'une réduction des coûts de l'institut maritime où sont exhibés les cétacés, ceux-ci doivent être prochainement relâchés en mer. Une issue qui risque d'être fatale aux mammifères sachant que la chasse aux baleines a repris. Kirk essaye de convaincre le docteur qu'il vient du futur et que Starfleet prendra soin de ses protégées, mais Taylor est incrédule. Pendant ce temps, Chekov et Uhura ont récupéré suffisamment de photons à partir d'un réacteur nucléaire pour compléter leur mission ; rien de moins que celui du porte-avions U.S.S. Enterprise CVN 65. Chekov est capturé et questionné par les agents du FBI. Le russe s'échappe mais, poursuivi par les Marines, chute du haut d'un pont. Très gravement blessé, il est hospitalisé.

Tandis que McCoy, Scotty et Sulu approvisionnent les grandes pièces de plexiglas marchandées pour construire une citerne à bord du navire Klingon, Kirk convainc finalement Gillian Taylor de l'aider, tout d'abord en retrouvant Chekov, puis en lui fournissant la fréquence des émetteurs implantés sur les baleines qui ont été relâchées en mer de manière anticipée. Rejoints par McCoy, les trois lancent une opération de sauvetage, enlevant Chekov de l'hôpital. Grâce à la technologie médicale du 23ème siècle, McCoy peut rapidement sauver Chekov. C'est le moment de quitter Gillian. Mais la jeune femme est bien décidée à suivre Kirk et sa bande. Elle se téléporte avec l'Amiral sur le vaisseau.

L'équipage localise les baleines maintenant en mer avant de repousser un baleinier sur le point d'harponner George et Gracie. L'Oiseau de Proie téléporte à son bord les mammifères, avec des tonnes d'eau, vers la citerne préparée dans le cargo...

Combat disproportionné - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
Combat disproportionné
 Attention Spoiler ! la fin du film vous est racontée ci-dessous…

Utilisant à nouveau l'effet de fronde autour du soleil, le vaisseau est propulsé dans le futur. De retour au 23ème siècle, la puissance du brouillage extraterrestre oblige l'engin à un amerrissage en catastrophe dans la baie de San Francisco. Kirk relâche les baleines qui répondent à la sonde. Apparemment satisfaite, celle-ci finit par se retirer vers l'espace infini.

La Terre sauvée et les tempêtes disparues, Kirk et son équipage sont envoyés devant le Consul de la Fédération pour répondre de leurs actes, du vol et de la destruction de l'USS Enterprise. Bien que Kirk ait désobéi aux ordres directs et violé un grand nombre de lois de la Fédération, le Consul fait l'éloge de l'Amiral et de son équipage pour avoir sauvé la Terre. Kirk est toutefois rétrogradé au rang de Capitaine. A ce titre il lui est à nouveau confié le commandement d'un navire spatial. Quel vaisseau lui donne-t-on ? Une nouvelle USS Enterprise, enregistrée sous l'immatriculation NCC-1701-A.

Le petit mot du Doc

Comme vous le savez, Leonard Nimoy est décédé ce vendredi 27 février 2015. Quoi de plus naturel que de poursuivre alors cette série de Zoom sur la franchise Star Trek avec le quatrième long métrage de la série, une fois de plus dirigé par l'acteur qui "fut Spock1".

He Was Spock - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
He Was Spock

Bien que la Paramount, comme n'importe quel studio, n'investisse sur un projet qu'une fois certaine de sa rentabilité, le prochain Star Trek a été présenté à Leonard Nimoy trois semaines avant la sortie de STAR TREK III : A LA RECHERCHE DE SPOCK (1984). Heureux de la manière dont s'est déroulée la production de ce troisième opus, il était clair que l'acteur fraichement réalisateur allait aussi diriger ce quatrième volet. Mais avec celui-ci il prend un risque : "Si j'étais fin tacticien dans le suivi de ma carrière, je ne dirigerais surement par STAR TREK IV. J'ai cette fois-ci beaucoup à perdre. Mais je n'aborde pas ce projet en tant que tacticien, je l'aborde en tant qu'admirateur de Star Trek".

Nimoy se met alors rapidement au travail. Avec l'aide de Harve Bennet, le producteur historique, il décide que l'histoire comportera un voyage dans le temps. Et pourquoi ne pas fêter l'année du 20ème anniversaire de la franchise en renvoyant Kirk et ses acolytes dans le San Francisco de 1986 ? Il faut maintenant trouver une raison à ce voyage dans le passé. Ecologiste convaincu, Leonard Nimoy s'appuie sur une histoire autour d'une espèce en voie de disparition du biologiste Edward Wilson : "Biophilie". L'idée des baleines viendra de son ami Roy Danchik et du romancier Howard Weinstein.

C'est volontairement que Harve Bennett et Nimoy décident de donner un peu moins de rigidité dramatique à ce nouveau film qui va ainsi se permettre quelques répliques hilarantes tant elles sont inattendues. Spock qui jure vaut son pesant d'or ! "Je veux que STAR TREK IV soit une aventure amusante à suivre. On ne va pas passer notre temps à assoir les personnages dans un tribunal", explique le réalisateur.

Nimoy qui va avoir fort à faire étant donné sa forte présence à l'écran à la différence du volet précédent, ne tient pas à écrire le scénario et délègue cette fonction à Harve Bennet qui écrit les scènes du 23ème siècle à et Nicolas Meyer, le réalisateur de STAR TREK II : LA COLÈRE DE KHAN (1982) qui excelle dans la manière de raconter la partie contemporaine de cette histoire. Gene Roddenberry est quant à lui à nouveau consultant exécutif et à ce titre Leonard Nimoy lui présente ses idées et écoute ses suggestions.

Pas facile l'informatique au 20ème siècle! - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
Pas facile l'informatique au 20ème siècle!

A nouveau film nouveaux problèmes de comédiens. William Shatner assure qu'il ne fera pas partie de l'aventure s'il ne voit pas son cachet augmenter. Si Nimoy prend en compte cette éventualité, il n'a jamais préparé d'histoire alternative où n'apparaitrait pas l'Amiral Kirk, ni dans laquelle il serait remplacé. Dans son esprit le film se ferait avec son ami ou bien il jetterait l'éponge. Après maintes négociations, l'affaire est entendue et Shatner obtient gain de cause. Non seulement il empoche 2 millions de dollars, mais la production doit verser la même somme à Leonard Nimoy qu'un précédent contrat datant du premier film oblige à salaires identiques.

Leonard Nimoy – qui n'a jamais vraiment douté de la participation de son binôme historique - doit aussi gérer une autre difficulté. Toujours soucieux de rentabilité maximale, les studios proposent qu'Eddie Murphy fasse partie du casting. L'acteur à cette époque a le vent en poupe et c'est de plus un grand fan de Star Trek. On lui propose alors un rôle contemporain de médium animant une émission radiophonique, ce qui ne lui convient pas, celui-ci préférant incarner un membre de Stafleet. Au grand soulagement de Leonard Nimoy, Paramount se ravise de cette participation à STAR TREK IV, décidant que mettre tous ses meilleurs oeufs dans le même panier était de nature peu constructive. Eddy Murphy ira tourner L'ENFANT SACRE DU TIBET (1986). Les fans aussi sont rassurés !

Tout comme A LA RECHERCHE DE SPOCK était la suite de LA COLÈRE DE KHAN, RETOUR SUR TERRE est la suite directe du troisième opus. Recherché par Starfleet, l'équipage culte avait volé l'Enterprise pour retrouver le corps de Spock toujours sur Genesis et le ramener sur Vulcain comme Kirk en avait fait la promesse à Sarek, le père de Spock. Une aventure qui s'était soldée par l'auto-destruction de l'Enterprise tombée aux mains des Klingons, ce qui avait profondément choqué les fans. RETOUR SUR TERRE est donc le troisième (et dernier) volet d'une véritable trilogie qui traite de la vie, de la mort et de la résurrection.

A chacun sa mission - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
A chacun sa mission

STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE est donc le seul film de Star Trek où ne figure pas l'Enterprise, le bâtiment le plus célèbre de la science-fiction. En lieu et place le voyage spatial se fera à bord de l'Oiseau de Proie Klingon volé à leur adversaire à la fin du film précédent et renommé SS Bounty2 pour l'occasion. D'après les informations tirées du film A LA RECHERCHE DE SPOCK, l'Enterprise âgée de 20 ans devait être démantelée. Peut-être commençait-on à penser au passage de témoin pour une certaine nouvelle génération Star Trek ? Pourtant, et pour le plus grand bonheur de tous, on découvre ici et à la fin du film que non seulement l'équipage est lavé des fautes commises mais qu'il leur est à nouveau confié le commandement d'un vaisseau : leur nouvelle affectation sera l'U.S.S. Enterprise NCC 1701-A. Un beau cadeau fait à l'équipage et bien sur aux fans de la série. Car que serait Star Trek sans l'Enterprise3 ?

C'est le premier film à bénéficier d'un tournage en extérieur. Pendant 10 jours, l'équipe arpente la ville californienne de San Francisco où l'imagerie du célèbre Golden Gate ne manque pas d'imprimer sa marque. Les scènes contemporaines de l'équipage errant dans "les rues de San Francisco" sont d'ailleurs un pur bonheur. Notons que, curieusement, l'équipe n'a pas été particulièrement ennuyée par la présence des trekkies qui n'eurent connaissance du lieu de tournage que tardivement.

Ici, davantage de liberté est donnée aux acteurs qui ont, d'ailleurs, pris un petit coup de vieux. L'équipage qui se sépare en trois groupes pour accomplir trois missions différentes (construire un bac pour les baleines, aspirer l'énergie nucléaire d'un porte avion et trouver les cétacés), permet de s'attarder un peu plus sur chacun d'eux. Ce qui n'est pas pour déplaire à George Takei dont quelques scènes tournées dans les autres Star Trek participant à le mettre davantage en valeur avaient été coupées au montage4.

Parmi les acteurs vus subrepticement, on notera l'apparition de Grace Lee Whitney dans le rôle du Commander Rand. L'actrice faisait partie de l'équipage de la série originale dans 8 épisodes de la première saison. Grace Lee Whitney avait déjà fait une apparition dans une cafétéria du film précédent et sera à nouveau devant la caméra de STAR TREK VI : TERRE INCONNUE (1991). Comme souvent et presque de manière attendue, Majel Barrett, l'épouse de Gene Roddenberry, fait elle aussi une apparition.

Quand à la médecine, n'en parlons pas ! - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
Quand à la médecine, n'en parlons pas !

Le film est une réussite tant critique que commerciale. Surprenant lorsque l'on s'aperçoit que cette histoire là ne comporte ni méchant, ni violence, ni bagarre, le seul antagoniste s'avérant un baleinier bien vite évincé. Une belle leçon en perspective. Les AVENGERS parviendraient-ils à un tel exploit ? Mieux encore, c'est le seul et unique film de Star Trek dans lequel l'équipage culte évolue sans l'Enterprise ! Décidément, RETOUR SUR TERRE est le film de toutes les surprises. Et puis c'est aussi le plus humoristique de tous. Le franc parlé style années 80, Spock qui corrige un punk dans le métro, Chekov en espion russe, Bones en sauveur de l'humanité participent à cette bonne humeur distillée tout au long du film. Amusement assuré.

Sans toutefois n'en remporter aucun, STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE a reçu 4 nominations aux Oscars : meilleure photographie, meilleur son, meilleurs effets spéciaux et meilleure musique originale. Nimoy avait confié la bande originale à son ami Leonard Rosenman en lui demandant une composition originale. Ce n'est pas la meilleure idée de ce projet. Le résultat, plutôt décevant pour un Star Trek, s'accommode toutefois mieux que les thèmes plus guerriers des précédents titres.

Finalement la double expérience acteur/réalisateur n'a pas été de tout repos pour Leonard Nimoy, si bien qu'il décide de ne pas renouveler l'expérience, ce qui tombe d'ailleurs plutôt bien puisque Paramount a d'ores et déjà confié le film suivant à William Shatner. Celui-ci avait de toute façon déjà posé les jalons.

Gillian partira avec l'équipage - Star Trek IV : retour sur Terre (Star Trek IV: The Voyage Home)
Gillian partira avec l'équipage

Initiée par Harve Bennet, les acteurs dédient ce film à l'équipage de Challenger, la navette spatiale qui a explosé au décollage le 28 janvier de la même année emportant 7 astronautes (le même nombre que l'équipage de l'Enterprise), alors que le film était en fin de production. Les liens entre les acteurs de Star Trek et la NASA ont toujours été très forts.

--------------------
1 Référence à ses deux autobiographies "I'm not Spock" ("Je ne suis pas Spock" - 1975) et "I'm Spock" ("Je suis Spock" – 1995).
2 Référence au HMS Bounty, navire de la Royal Navy britannique entré dans l'histoire en raison de la mutinerie d'une partie de son équipage le 28 avril 1789.
3 Oui, on le sait maintenant : STAR TREK: DEEP SPACE NINE.
4 En particulier, il avait tout d'abord refusé de se joindre à STAR TREK II : LA COLÈRE DE KHAN car son rôle dans le premier film avait été très limité. William Shatner, surpris de ne pas le voir au casting avait alors fait le forcing auprès de Bennet pour qu'une scène lui soit consacrée. Elle le fut mais fut coupée au montage. Elle allait de promouvoir Capitaine.

03 mars 2015