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Star Trek

(Star Trek)

 L'histoire

C'est l'histoire du vaisseau Enterprise NCC-1701 et de son équipage. Sa mission de 5 ans : découvrir de nouveaux mondes étranges, d'autre civilisation et au mépris du danger, avancer vers l'inconnu. Au cours de son voyage, l'équipage, commandé par le capitaine Kirk découvre effectivement de nouvelles formes de vies, mais il doit également se battre contre les deux ennemis de la Fédération : les Klingons et les Romuliens...

Le petit mot du Doc

Tout comme LA QUATRIÈME DIMENSION (1959-1964) ou encore AU DELÀ DU REEL (1963-1965), STAR TREK est de ces séries qui ont bouleversé le paysage télévisuel de la science-fiction. Elle est à l’origine de tout ce qui a été fait ces cinquante dernières années en la matière et a largement inspiré les avancées sociales à l’écran, que ce soit au cinéma ou à la télévision, ouvrant la voie à LA GUERRE DES ÉTOILES (1977) et autres GALACTICA - LA BATAILLE DE L'ESPACE (1978).

Scotty, Kirk et Spock - Star Trek
Scotty, Kirk et Spock

STAR TREK est le fruit du visionnaire Gene Roddenberry, sans doute l’équivalent télévisuel d’un Jules Verne et d'un univers si riche que cinquante ans après avoir imaginé l’histoire de ces nouveaux explorateurs du futur, son rêve lui a survécu. Nombreuses sont les personnes ou institutions à travers le monde qui se sont inspirées de son imagination débordante. Cette science-fiction là est intelligente et divertissante. A une époque où le genre est peu considéré et délaissé aux jeunes adolescents, Gene Roddenberry nous propose une série pour adultes distillant une vision agréable du futur au fil d'histoires qui ne manquent pas de profondeur. STAR TREK va devenir un véritable phénomène de sociologie.

En 1961, Roddenberry, ancien pilote de bombardier durant la 2ème guerre mondiale, imagine une série dont l'intrigue se passerait à la fin du XIXème siècle à bord d'un dirigeable qui conduirait des personnes de races différentes vers des aventures autour du monde. Il emprunte l'idée au film LE MAÎTRE DU MONDE (1961) sorti la même année et inspiré, d'ailleurs, de Jules Verne. Trois ans plus tard, et après avoir fait ses premières armes en tant que producteur sur une série policière intitulée THE LIEUTENANT (1963-1964), il reprend son idée de dirigeable et la transpose dans l'espace. Son premier script terminé le 11 mars 1964, il nomme sa série Star Trek (le long voyage à travers les étoiles). Le projet présente l'USS Yorktown et son équipage multiracial commandé par le capitaine Robert April. L'auteur ne fait pas dans la demi-mesure : son premier officier est une femme et parmi le personnel se trouve Spock, une créature mi-homme mi-extraterrestre à la peau rouge et aux oreilles pointues.

Rejeté par la MGM, il vend son projet à la société de production Desilu (qui fusionnera plus tard avec Paramount), alors à la recherche de quelque chose d'innovant et de spectaculaire. Celle-ci tente d'accrocher CBS qui décline, prétextant l'acquisition récente d'une autre série : PERDUS DANS L'ESPACE (1965-1968). NBC semble plus intéressé et commande alors un pilote. Ce sera "La cage".

Gene Roddenberry en profite pour remodeler quelque peu les ingrédients de son histoire : L'USS Yorktown devient l'Enterprise, immatriculée NCC-1701, et le nom du capitaine Robert April est délaissé au profil de celui de Christopher Pike. Une grande partie de l'équipe d'AU DELÀ DU REEL, alors spécialiste du genre, est débauchée pour définir le look de la série. Désireux d'être le plus crédible possible, l'écrivain fait aussi appel au physicien de renom Harvey Lynn pour corriger les erreurs scientifiques de ses scénarii. Il choisit l'actrice Majel Barrett pour incarner le premier officier tandis que Martin Landau (futur commandant Koenig de COSMOS 1999) refuse le rôle de Spock. Celui-ci incombera finalement à Leonard Nimoy qui avait déjà joué dans THE LIEUTENANT. L'idée d'en faire un extra-terrestre à la peau rouge est abandonnée car le rendu sur pellicule est mauvais, mais il conserve les oreilles qui vont le rendre célèbre. Le rôle du capitaine de l'Enterprise revient à Jeffrey Hunter, acteur à la carrière déjà bien remplie. Pour des raisons budgétaires, Roddenberry invente le téléporteur, un subterfuge qui non seulement lui évite de créer de couteux effets spéciaux pour systématiquement atterrir sur les planètes visitées, mais qui deviendra l'une des plus belles trouvailles de la science-fiction et l'une des signatures de STAR TREK, marquant à jamais la mémoire collective.

Image extraite de l'épisode "Le cerveau de Spock" - Star Trek
Image extraite de l'épisode "Le cerveau de Spock"

Bien qu'il ait couté 630.000 dollars - une somme colossale - le pilote est refusé par NBC qui le trouve trop intellectuel et manque d'action. De surcroit, le réseau ne veut pas d'une femme comme premier officier, ne trouvant pas cela crédible. Ses dirigeants ne veulent pas non plus de Spock : ils ont peur que ses oreilles pointues ne déplaisent au public et qu'il soit confondu avec quelques diableries. Si Roddenberry accepte de se séparer de Majel Barret à ce poste pour l'envoyer à l'infirmerie (il l'épousera plus tard… peut-être pour se faire pardonner ?), il est non négociable de se passer de Spock qui participe au caractère multiracial et fondateur de son projet. Le projet sera avec le vulcain ou ne sera pas !

Fait sans précédent et finalement convaincu que "La cage" n'est pas l'histoire idéale pour se forger une solide opinion, NBC commande un second pilote. Le casting est revu suite à la défection de Jeffrey Hunter qui souhaite s'orienter vers le cinéma. L'histoire montrera que ce ne fut pas le choix le plus judicieux de sa carrière. Lloyd Bridges (Commander Cain dans BATTLESTAR GALACTICA [1978], 24 HEURES CHEZ LES MARTIENS [1950]) refuse le rôle tandis que Jack Lord (HAWAÏ POLICE D'ETAT [1968-1980]) s'avère trop gourmand. C'est finalement le canadien William Shatner qui décrochera la timbale, l'occasion pour Roddenberry de changer à nouveau le nom de son capitaine pour James T. Kirk. Le personnage de Pike n'est pas totalement oublié, on le retrouvera plus tard… bien plus tard, en 2009 et 2013 dans les films STAR TREK et STAR TREK INTO DARKNESS de J.J. Abrams. Quand à Spock, il n'est plus le figurant du premier pilote mais devient l'officier en second Vulcain régi par la logique et sachant faire fi de ses émotions. L'acteur noir Lloyd Haynes (Alden) est chargé des communications et Paul Carr devient le nouveau navigateur Lee Kelso. George Takei endosse le costume de l'astrophysicien Sulu et James Doohan devient le célèbre ingénieur à l'accent écossais. Quand à Paul Fix il sera le docteur Mark Piper (De Forest Kelly apparaitra seulement dans le 3ème épisode "Fausse manœuvre"). Ce second pilote est baptisé "Où l'homme dépasse l'homme" (Where No Man Has Gone Before). Il est achevé en janvier 1966 pour la somme de 300.000 dollars.

Image extraite de l'épisode "Ils étaient des millions" - Star Trek
Image extraite de l'épisode "Ils étaient des millions"

Cette fois-ci NBC est convaincu et signe pour la série de 6 mars 1966. Roddenberry affine encore son casting et remplace Lloyd Haynes qu'il trouve ennuyeux par Nichelle Nichols au poste des communications. Son personnage d'Uhura - qui signifie "liberté" en Swahili – offre un côté plus sexy à la passerelle. De Forest Kelly fait son apparition en remplacement de Paul Fix pour incarner McCoy, le médecin de l'équipage. La première diffusion a lieu le 8 septembre 1966 à 20h30.

L'histoire se déroule au 23ème siècle. C'est celle du vaisseau Enterprise NCC-1701 et de son équipage pendant sa mission d'exploration de cinq ans à la découverte de nouvelles formes de vie et de nouvelles civilisations. Une mission commandée par Strarfleet, branche scientifique et militaire de la Fédération des Planètes Unies dont les principales composantes sont alors la Terre et Vulcain. Au travers de cette mission de découverte de nouveaux mondes étranges, cette micro société composée de 420 hommes et femmes à l'assaut du cosmos va souvent faire des rencontres belliqueuses. Mais c'est le prix à payer pour faire avancer l'humanité et repousser toujours un peu plus la frontière, notion typiquement américaine.

Au fil des épisodes le trio Kirk et Spock et McCoy va porter la série. Nimoy est à l'origine du salut Vulcain et de la prise vulcain vue pour la première fois dans l'épisode "L'imposteur". William Shatner s'irrite un peu de l'engouement du public pour le personnage de Spock : après tout c'est lui la vedette ! Malgré un bon début les audiences ne sont pas celles attendues et le show est même devancé par la série MA SORCIERE BIEN-AIMEE (1964-1972). Elle recevra pourtant 5 nominations aux Emmy Awards dont celui de la meilleure série dramatique.

Image extraite de l'épisode "Où l'Homme dépasse l'Homme" - Star Trek
Image extraite de l'épisode "Où l'Homme dépasse l'Homme"

La série est toutefois renouvelée le 17 mars 1967 et Gene Roddenberry ajoute un nouveau personnage récurrent : Chekov. En pleine guerre froide, il embauche Walter Koenig pour figurer un personnage russe, répondant ainsi à la critique d'un journaliste de la Pravda (le journal officiel soviétique) qui déplorait qu'un équipage soit disant multiracial ne comporte aucun russe. Tandis que Spock et Kirk deviennent de plus en plus populaires, Nichelle Nichols souffre quant à elle de discrimination raciale. Il faut dire qu'à l'époque il était impensable d'avoir une femme de couleur à un poste aussi important qu'est le sien. Désireuse de quitter la série, Martin Luther King, grand fan du show et de l'actrice (également chanteuse et musicienne) lui demande de réviser son choix : en effet son rôle étant pour la première fois non stéréotypé et essentiel, c'est une occasion inestimable d'élever le combat auquel se livre le militant des droits civiques contre le racisme. Malgré quelques belles intrigues les audiences ne décollent pas vraiment et STAR TREK ne rapporte pas assez à NBC qui annonce son annulation prochaine. Poussés dans l'ombre par Gene Roddenberry lui-même, les fans interviennent en masse auprès de NBC qui reçoit près d'1 million de lettres pour que l'annulation n'ait pas lieu, une pratique qui sera alors largement reprise pour d'autres spectacles dans de telles circonstances.

Image extraite de l'épisode "Echec et Diplomate" - Star Trek
Image extraite de l'épisode "Echec et Diplomate"

Sous la pression NBC cède et la série est reconduite pour une troisième saison mais déplacée dans la case 22h00 le vendredi, une hérésie puisque les jeunes téléspectateurs sensés la suivre ne sont pas devant le poste de télévision à cette heure-là. Le budget est lui aussi de plus en plus serré et les auteurs récurrents et émérites qui ont été à l'origine des scénarii précédents sont partis. Le scandale arrive une fois de plus avec Nichelle Nichols lorsqu'elle embrasse Kirk dans l'épisode "La descendance" : alors que les producteurs demandent à ce que la scène soit tournée sans baiser, William Shatner la sabote systématiquement et délibérément. L'épisode est alors une première télévisuelle, celle du premier baiser interracial en prime time. A Noël 1968, NBC annonce la fin définitive de la série.

Ainsi aurait pu s'achever la saga Star Trek, mais c'était sans connaitre le pouvoir des fans et de ce nouvel engouement pour la science-fiction. Car c'est bien grâce au fandom naissant que STAR TREK va survivre. Fanzines, magazines et merchandising vont exploser de toutes parts et vont donner naissance à quelques rassemblements qui ne tarderont pas à inviter les acteurs de la série à rencontrer leur public. C'est la naissance des conventions et celles-ci vont s'exporter dans le monde entier. Les Trekkies – le nom que se donnent eux même les fans de STAR TREK - sauveront la série et feront en sorte que des films et d'autres séries voient le jour. C'est d'ailleurs à la suite d'une imposante campagne menée par les fans qu'en 1976 la première navette spatiale de la Nasa (particulièrement intéressée par la technologie de Star Trek), sera baptisée "Enterprise".

Image extraite de l'épisode "Arena" - Star Trek
Image extraite de l'épisode "Arena"

Richard Matheson, Thédore Sturgeon, Robert Bloch, Harlan Ellison sont autant d'écrivains de renom de la science-fiction qui ont apporté leur Pierre à l'édifice des histoires de STAR TREK, même si Gene Roddenberry a toujours mis un point d'honneur à consacrer une certaine homogénéité entre les épisodes pour qu'ils respectent le cahier des charges Star Trek : humanisme, optimisme, utopisme. La guerre, l'amour, la solitude, la fidélité, la mort, la maladie, la justice, l'égalité, l'honneur, l'éducation, le sacrifice, la lutte des classes et mille autres encore sont autant de thèmes traités avec ferveur et efficacité. L’équipage de l’Enterprise est entré au panthéon des personnages de cinéma ou de séries les plus connus du siècle passé. Spock et ses fameuses oreilles pointues, le capitaine Kirk, Uhura, Chekov ou encore Sulu. À une période où la guerre froide battait son plein, où la ségrégation raciale était encore présente dans les esprits, Roddenberry n’a pas hésité à mettre en avant un Russe, un Chinois et une femme noire dans l’équipe de Kirk. Quelques répliques récurrentes demeureront à jamais : "Il est mort Jim" ; ou encore l'adjectif préféré de Spock à l'image de cette série culte : "Fascinant".

13 décembre 2014