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Les chroniques de Mars

(Princess of Mars)

 L'histoire

John Carter est un tireur d'élite de l'armée américaine opérant quelque part dans un pays arabe. Grièvement blessé lors d'une embuscade, il se voit proposer par un mystérieux membre du gouvernement une expérience de téléportation susceptible de le guérir. A deux doigts de la mort, il accepte et se retrouve sur une étrange planète que ses habitants nomment Barsoon (en fait, Mars).

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Première surprise, John Carter découvre qu'il est capable de franchir d'un bond des distances étonnantes. Malgré cela, il est très vite capturé par une tribu d’êtres verdâtres et écailleux qui se présenteront comme étant les Tharks. Mais le prisonnier gagne rapidement la confiance et l’estime de ses geôliers. Il aide ensuite celui avec qui il a lié les liens les plus profonds, un officier haut gradé, à renverser le chef despotique de leur peuple. Il conquiert ainsi sa place parmi les Tharks.

Un autre groupe habite Barsoon/Mars. D’aspect humain, opposé à ceux qui ont adopté le terrien, ils sont dirigés par une princesse, Dejah Thoris. Leur tâche, sur la planète, est de surveiller un lieu mythique, indispensable à l’écologie locale.

Dejah entre d’abord en conflit avec John Carter. Pourtant, les Tarks l’ayant fait prisonnière, Carter parvient à la convaincre qu’il peut les aider de réparer l’appareil qui créé l’atmosphère de Barsoon et contribuer ainsi à sauver tous ses habitants de la mort …

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Le petit mot de Francis SCHALL

Edgar Rice Burroughs (1875-1950 - USA) est l’auteur de quatre grands cycles. Il est avant tout mondialement connu pour être le père de Tarzan.L’Afrique de Burroughs vient de Ridder Haggard (She, Les mines du roi Salomon, etc.)… et des récits de souvenirs de chasse du président Théodore Roosevelt ! Lord Greystock a peu de rapport avec la SF si ce n’est -–parmi les vingt quatre romans à lui consacré-- quand il découvre quelques civilisations disparues (Tarzan et la cité de l’or perdu – 1932 ; Tarzan et la cité interdite - 1938 ) ou, mieux, quand il va affronter les dinosaures ou les hommes-fourmis au centre de la Terre… creuse (Tarzan au cœur de la Terre – 1930)

Mais avant les multiples aventures de l’homme-singe commencées en 1912, Burroughs a imaginé le « Cycle de Mars » (onze romans) qui a pour héros le capitaine John Carter, aventurier au départ malgré lui (en effet, il débarque sur Barsoon –nom vernaculaire de la planète Mars- « transporté à la vitesse de la pensée à travers l’immensité infinie de l’espace », le temps de fermer et de rouvrir les yeux…) De faits d’arme en conquêtes, John Carter va imposer sa loi à ce « monde aride, parsemé de ruines, peuplé de tribus guerrières » ; jusqu’à ravir le cœur d’une princesse locale. Il faut dire de suite que le téléfilm de Mark Atkins s’inspire de manière très simpliste de ces chroniques.

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Suivront le « Cycle de Vénus » (du même genre), et le « Cycle de Pellucidar » (sept romans et plusieurs nouvelles). Pellucidar est un royaume souterrain, guère plus évolué que notre préhistoire. Le héros, David Imes, va là aussi imposer son ordre personnel (WASP, évidemment…) et y bâtir son propre royaume contre dinosaures (une affaire qui marche !) et de nombreux peuples bizarres (voir les Hommes-mammouths). Des humanoïdes bestiaux sont la part mâle de la tribu dominante, heureusement constituée aussi de femmes superbes. De nombreux dessinateurs, de Russ Manning à Frank Frazetta, se seront régalés à décrire leurs courbes avantageuses… David Imes croisera même Tarzan (Tarzan et Pellucidar – 1930).

Hors les péripéties vécues par ce célébrissime héros, le cinéma n’a guère fait honneur à Edgar Rice Burroughs, sauf avec Kevin Connor. Celui-ci a rendu hommage à l’auteur en adaptant deux autres de ses romans, moins connus, consacrés à un monde autre perdu : Caspack (Caspack, monde oublié et Hors Caspack, tous deux de 1924), devenus à l’écran LE 6ème CONTINENT (1975) et LE CONTINENT OUBLIE (1977), interprété par Doug McClure. Ces deux longs métrages, malgré le peu de moyens accordés par la maison de production Amicus, ont un charme certain, et sont proche des romans, principalement le second. Notons qu’un mauvais téléfilm au titre trompeur, LES RESCAPES DU MONDE PERDU (2009), plagie sans complexe et sans talent LE 6ème CONTINENT.

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Malheureusement une fois encore LES CHRONIQUES DE MARS (Princess of Mars) est un film complètement raté, tant par ses décors fauchés (un bout de désert, une usine désaffecté, et quelques minables effets spéciaux) qu’avec ses costumes minimalistes (du dessous de comptoir de chez Tati…). Alors que les romans et nouvelles de Burroughs sont foisonnants et d’une surprenante richesse de trouvailles, le scénario survole de très loin le « Cycle de Mars » ; avec en prime du pauvre une poignée de figurants grimés et une princesse laide comme un pou (l’actrice Tracy Lord est plus connue pour ses films pornos). De plus son rythme est totalement poussif, un comble pour un sujet à l’origine survolté…

Burroughs, écrivain à l’imagination impétueuse, peintre épique de mondes formidables --et qui a ouvert les portes de l’héroïque fantasy (genre qu’ensuite Robert Howard magnifiera avec son Conan et son roi Kull)-- est décidément bien mal servi. Espérons que la version d'Andrew Stanton, JOHN CARTER OF MARS à sortir le 28 mars 2012 soit de meilleure facture.

Le film est sorti en France directement en DVD le 7 mars 2010.

01 juin 2011