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Numéro 9

(9)

 L'histoire

Dans un futur proche, la Terre a été ravagée par une grande guerre entre les hommes et les puissantes machines qu'ils ont créées. Sachant l'humanité condamnée, un scientifique crée 9 créatures fragiles et sans défense, à partir d'objets divers ramassés dans les décombres. Incapables de s'opposer aux machines, ils ont formé une petite communauté survivant au jour le jour dans les décombres. Mais le dernier né de cette famille, le Numéro 9, a une mission. Il détient en lui la clé de leur survie et devra convaincre ses camarades de quitter leur refuge de fortune pour s'aventurer au coeur du royaume des machines. Ce qu'ils vont découvrir en chemin représente peut-être le dernier espoir de l'humanité…

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Le petit mot du Doc

"Ce qui m'est arrivé est extraordinaire". Shane Acker n'en revient toujours pas d'avoir eu la chance de réaliser son premier film à partir de son court métrage de fin d'études. Pour le cinéaste, le passage au long métrage marque l'aboutissement d'une dizaine d'années de recherches. "A la fin des années 90, quand j'ai créé le personnage de Numéro 9, il s'agissait d'un innocent prêt à risquer sa vie pour ses camarades et à utiliser son intelligence plutôt que sa force pour tuer un monstre", explique Acker. "Je voulais qu'on puisse s'identifier à lui, sans dialogue. Du coup, le court métrage pouvait s'avérer universel et accessible, tout en mettant le spectateur à contribution pour réunir les pièces du puzzle."

A l'époque, Acker était étudiant à UCLA (University of California, Los Angeles), où il terminait sa maîtrise d'architecture et s'apprêtait à suivre une formation en animation. Il avait alors conçu son court de fin d'études comme un film en stop-motion, s'inspirant du travail d'artistes de renom (Jan Svankmajer, les frères Quay, et les frères Lauenstein) dans une discipline qui doit tout à l'oeuvre du grand Ray Harryhausen. Mais une production en stop-motion n'est pas à la portée d'un budget d'étudiant. En guise de consolation, cette réflexion aura permis à Acker de définir le style visuel de ses personnages : une tribu de nomades qui portent pour tout vêtement des matériaux de récupération, destinés à survivre dans un environnement désolé.

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Il faudra à l'étudiant quatre ans et demi pour réaliser son court métrage. Pour survivre, il cumule les petits boulots et passe six mois en Nouvelle-Zélande pour travailler sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LE RETOUR DU ROI (2003) de Peter Jackson, une expérience forcément enrichissante pour tout animateur. Achevé en juin 2004, le court métrage, d'une durée de 11 minutes, a suscité l'enthousiasme des spectateurs du monde entier grâce à ses personnages, ses décors futuristes et ses spectaculaires séquences de course-poursuite. D'un festival à l'autre, Acker a remporté un nombre impressionnant de prix. Il a notamment décroché une citation à l'Oscar du meilleur court métrage d'animation, après avoir remporté la médaille d'or des Oscars étudiants.

Si le concept de départ est resté le même, pour le long métrage Acker a su s'entourer de collaborateurs de talent. Pour faire aboutir le projet, deux réalisateurs visionnaires se sont embarqués dans l'aventure aux côtés du producteur exécutif Lemley. "Le court métrage de Shane fait partie des plus beaux que j'ai jamais vus", souligne Tim Burton. "L'univers qu'il a créé avec d'infinis détails me touche profondément sur un plan visuel et émotionnel." Quant à la scénariste Pamela Pettler, fidèle collaboratrice de Burton, elle a fait équipe avec Acker pour développer l'intrigue. Le film peut maintenant revenir aux origines de l'histoire et décrire le monde 'pré-apocalyptique'. "On s'est intéressé aux raisons pour lesquelles le monde a sombré dans le chaos et à ce qui est arrivé à l'humanité. Car en fin de compte les créatures que nous avons imaginées doivent remonter aux sources du passé pour comprendre leur identité et ce qui leur permet d'aller de l'avant", explique le réalisateur.

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La grande force de ce film réside dans les émotions, profondément humaines, que les animateurs ont réussi à transmettre à ces poupées en toile de jute. Des poupées qui bénéficient des expressions de visage les plus subtiles. Malgré le recours à l'infographie, la réalisation du film est restée un travail artisanal. Les personnages ont d'abord été dessinés, puis façonnés en argile, avant d'être intégrés à l'ordinateur. Tout un ensemble d'expressions de visage on ainsi été sauvegardées. Et pour accentuer les effets de mise en scène, Shane n'a pas hésité à utiliser la pénombre en rendant l'atmosphère plus sombre et plus post-apocalyptique que dans son court métrage.

Pour doubler ses personnages (en VO), Acker a choisi des comédiens qui s'expriment de manière naturelle sans qu'ils aient à forcer la voix. Ce paramètre à donc largement influencé son choix. Pour le rôle-titre du jeune héros, Acker n'avait qu'un seul nom en tête : le protagoniste du SEIGNEUR DES ANNEAUX (2001) : Elijah Wood. Pour Numéro 5, la production a confié le rôle à John C. Reilly. Jennifer Connelly, comédienne oscarisée, incarne la rebelle Numéro 7. Le film était sa première expérience de doublage. Le grand Christopher Plummer interprète le chef du clan, personnage imposant et manipulateur. Quand à la voix de Numéro 6, personnage qui symbolise le processus d'adaptation des créatures, il s'agit de celle de Crispin Glover. Fred Tatasciore, qui a étudié l'animation à UCLA avec Acker et qui s'y est fait connaître pour ses talents de doubleur sur plusieurs films d'étudiants, double Numéro 8. Enfin, une autre grande pointure du cinéma prête sa voix à l'une des créatures du film : il s'agit de Martin Landau, d'abord séduit par le projet parce que son ami Tim Burton, qui l'avait dirigé dans Ed Wood (rôle qui lui avait valu l'Oscar), était présent au générique. "Je fais très peu de doublages – uniquement pour les films qui m'intéressent," observe Landau. "Il fallait que Numéro 2 soit un personnage âgé – c'est mon cas ! – et vif – ce qui me correspond aussi", affirme le comédien.

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Numéro 9 ? Quel curieux patronyme ! Mais il n'est peut-être pas si anodin, jugez en par vous-même : en numérologie le chiffre 9 est tourné vers les autres. Générosité et altruisme. Il est le symbole de l'accomplissement, de l'aboutissement. A la fin du cycle, le 9 est une phase de purification avant d'entrer dans le cycle suivant... tout est-il dit ?