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Moonraker

(Moonraker)

 L'histoire

"Moonraker", la navette spatiale prêtée par les Américains aux Anglais, a disparu. James Bond est chargé par son chef, "M", de la retrouver. Un premier indice, fourni par la belle Corinne, agent de la CIA, le met sur les traces d'Hugo Drax, un milliardaire qui subventionne apparemment la recherche spatiale. L'agent 007 en vient assez vite à soupçonner Drax de tramer une terrible conspiration destinée à le rendre maître de la planète. Encore faut-il le prouver. Holly Goodhead, directrice de recherche pour Drax, se révèle d'une aide aussi gracieuse qu'inattendue. Bond poursuit son enquête à Venise et au Brésil...

Bond en visite chez Drax Industries - Moonraker
Bond en visite chez Drax Industries

Le petit mot du Doc

MOONRAKER est l'adaptation du 3ème ouvrage de l'écrivain Ian Fleming consacré aux aventures de l'agent britannique James Bond. Paru en France en 1958 sous le titre "Entourloupe dans l'azimut", il redeviendra "Moonraker" à sa réédition en 2002. Dans ce roman, Bond doit empêcher le criminel Hugo Drax de pulvériser Londres par le biais d'une fusée chargée d'une ogive nucléaire.

A la fin de chaque générique de James Bond, il était de coutume de rappeler aux spectateurs le prochain épisode (film) qu'ils pourraient découvrir sur les écrans. A sa sortie en 1977, L'ESPION QUI M'AIMAIT annonçait pour suite RIEN QUE POUR VOS YEUX (1981). Mais c'était sans compter sur la vague STAR WARS (1977) qui déferlait depuis le mois de mai de cette année là. Le producteur Cubby Broccoli fit alors l'excellent choix de profiter de ce nouvel engouement pour le space opera et lança la production de MOONRAKER repoussant simplement celle prévue de RIEN QUE POUR VOS YEUX. Pour sa 11ème mission, James Bond allait s'aventurer dans l'espace. Cette décision permit d'assurer à la franchise une remarquable pérennité. Les fans de LA GUERRE DES ETOILES et autres GALACTICA (1978) allaient rallier les rangs de ceux de l'agent secret.

James fait équipe avec Holly - Moonraker
James fait équipe avec Holly

Mais en l'état, le roman de Fleming s'avérait trop fade. Le brainstorming habituel pratiqué autour de l'élaboration du script donna naissance à une véritable aventure spatiale ponctuée de combats épiques qui allaient marquer le spectateur. Mieux, MOONRAKER allait présenter le premier décollage d'une navette spatiale sans pouvoir profiter d'éventuels stock shots de la NASA qui, de son côté, s'apprêtait à lancer Columbia.

Cette ambition avait un coût ! Car assurer des batailles dans l'espace et présenter navettes et autres stations orbitales (soit une centaine de plans dans l'espace) était une difficulté supplémentaire à ajouter aux rituels tournages aux quatre coins du monde et aux cascades et scènes d'action qui se devaient d'être toujours plus spectaculaires. MOONRAKER – co-production franco-britannique (qui se remarque par l'utilisation et le filmage du Concorde !) - reçu alors un budget de 30 millions de dollars, soit deux fois plus d'argent que pour n'importe quel autre James Bond. Une grosse partie fût mise à disposition pour les effets spéciaux pour lesquels leurs artisans recevront d'ailleurs une nomination à l'Oscar. Tandis que les scènes en extérieur étaient tournées en Italie, au Guatemala et au Brésil, les studios français (Boulogne, Epinay et Billancourt) et anglais (Elstree, Pinewood) construisaient des plateaux gigantesques pour y accueillir la station orbitale ou encore la grotte de Drax, œuvres du brillant décorateur Ken Adams.

Drax se prendrait-il pour Dieu ? - Moonraker
Drax se prendrait-il pour Dieu ?

MOONRAKER est le quatrième opus de la saga interprété par Roger Moore dans le rôle du célèbre agent du MI6. Quand on demande à l'acteur si reprendre le flambeau de Sean Connery a été une tâche difficile il répond : "Sean est physiquement beaucoup plus dur que moi. On le considérait comme un tueur plus facilement que moi. J'ai dû y remédier en usant de mon sens de l'humour." A cette époque les productions James Bond n'avaient pas pour vocation de se prendre au sérieux. Le spectateur voulait de l'humour, des gadgets, de l'extravagance, des James Bond Girls et du paysage. Ce sont aussi les spectateurs qui ont insistés pour revoir Richard Kiel dans le rôle de "Requin". Kiel qui participa à sa façon à l'humour omniprésent du film. On notera aussi quelques petits clin d'oeils musicaux : les trois premières notes d'un cors de chasse qui reprennent le thème de 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE (1968), et le tapotage d'un clavier qui fredonne les notes cultes de RENCONTRES DU 3ème TYPE.

Une bataile spatiale épique - Moonraker
Une bataile spatiale épique

Porté par une exceptionnelle promotion (Roger Moore accorda quelques 388 interviews pour l'occasion), le film pulvérisa les records d'affluence d'un James Bond : plus de trois millions d'entrées en France et un total de plus de 200 millions de dollars de recettes. Il faudra attendre seize ans et GOLDENEYE (1995) pour voir ce record à nouveau pulvérisé.