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Le monstre au masque

(Seddok, l'erede di Satana)

 L'histoire

Janet, splendide stripteaseuse au "El Hoggar", est abandonnée à regret par Pierre, Officier de marine, qui exigeait qu’elle quitte son métier. Désespérée, elle se lance à sa poursuite, mais sa voiture sort de la route : la jeune femme est affreusement défigurée et reste inconsciente plusieurs semaines…

A son réveil, les médecins lui ayant appris que rien n’était possible pour lui rendre des traits normaux, elle va se suicider quand une mystérieuse jeune femme lui propose de tenter une "thérapeutique miraculeuse"… Janet accepte cette dernière chance et rencontre dans son étrange clinique le professeur Stephane Kirvin. Celui-ci, chercheur, chirurgien et psychiatre, avec l’aide de Monique, son assistante et maîtresse, vient de mettre au point le Derma 28, un produit amplifiant remarquablement la régénération des cellules. Il est extrait du Derma 25, sa découverte précédente, ratée celle-ci, qui transformait les cobayes en monstres.

Juste avant l’arrivée de Janet, Monique s’était inoculée d’abord le D 25, puis le D 28, et l’expérience avait été concluante. Mais qu'advenait-il des cellules détruites depuis plusieurs semaines ? Malgré les craintes des deux chercheurs, ce nouveau produit qui ferait un remarquable vaccin -par exemple contre la gangrène, affirme le professeur- est le médicament rêvé depuis toujours par l’humanité, et il semble fonctionner à merveille. A tel point que, l’expérience réussie sur Janet, le professeur découvrant son beau visage revenu, tombe immédiatement amoureux d’elle !

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Mais l’opération régresse et le professeur ne voit plus qu’une solution pour garder sa belle : des boutures de jeune peau humaine… Monique refuse d’être complice de meurtres et Kirvin la tue. Il s’inocule alors le D 25 pour se transformer en "monstre qui ne craint pas de tuer, qui ne souffre pas de tuer…"

Parallèlement un gorille s’échappe d’un zoo, et des prostituées commencent à disparaître. Une vieille fille témoin d’une des agressions évoque à la police et à la presse, Seddok, un monstre de son enfance, épouvantable, avec des dents de loups et des griffes de vautour. On la trouve le lendemain horriblement mutilée. Du coup, les autorités et les journalistes courent après ce mystérieux et terrifiant Seddok… Et le professeur de plus en plus cinglé continue ses expériences abominables. Pour compliquer les évènements qui se succèdent maintenant rapidement et dans un embrouillamini remarquable, le marin Pierre du début, qui finalement n’a pas renoncé à Janet, resurgit des brumes du port…

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Le petit mot de Francis SCHALL

Voici un salmigondis de divers sujets et films d’horreur dont en particulier la thématique du savant fou une énième fois revisitée. Au départ, un scénario relativement classique : le chercheur qui s’éprend de la jeune femme qu’il a sauvé (voir le magnifique LES YEUX SANS VISAGE de Georges Franju, où le père essaie de refaire un visage à sa fille..., thème par la suite des dizaines de fois copié, voir LE CIRQUE DES HORREURS… etc.) Puis le scénario s’embrouille complètement quand le savant sombre dans la folie et s’injecte son propre sérum pour se transformer en monstre tueur (la référence au DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE tient presque dès lors du plagiat !)

On retiendra néanmoins quelques idées intéressantes dont celle d’évoquer les irradiés et mutants d’Hiroshima. Et on notera aussi une photo en noir et blanc, et donc les éclairages, très soignés ! En particulier dans les séquences nocturnes où le jeu des contrastes est souvent remarquable.

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Le réalisateur –qui commence sa carrière en 1943- est plus connu pour ses péplums, comme d’ailleurs la vedette masculine. Il s'est aussi attaqué en tant que scénariste, pour le réalisateur Goffredo Alessandrini, à l'adaptation du roman d'Eugène Sue "Le Juif errant" (1926) et pour la télévision italienne et le réalisateur Guglielmo Morandi à l'adaptation de "La Vallée de la peur" (sous le même titre) d'Arthur Conan Doyle, une des quatre aventures de Sherlock Holmes déclinée en (court) roman.

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LE MONSTRE AU MASQUE est une curiosité dans le genre perle de l’absurdité ! Il plaira peut-être aux amateurs de scientifiques déments et de belle blonde persécutées, malgré l’embrouillamini des méthodes "scientifiques" employées : on a droit en plus du vaccin anti-cancers, à des greffes et aux rayons nucléaires, et en prime à l’évocation d’un "vampire atomique" -qui fait le titre aux USA ! Finalement ce film n’est pas incohérent, mais différent… Voici de la série Z typique ! Tout à fait le genre de film qui eu fait le bonheur déchaîné des grands soirs à l’époque bénie du légendaire Festival du Film Fantastique et de Science-Fiction de Paris d’Alain Schlockoff. Il faut savoir en accepter les codes loufoques, les incohérences posées comme règles, et le manque de moyens ; et puis surtout… garder tout son humour !

Francis Schall

21 mai 2012