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King Dinosaur

(King Dinosaur)

 L'histoire

Un mystérieux phénomène spatial vient de se produire : une planète vient croiser de très prés l'orbite de la Terre. Baptisée Nova, elle est le centre d'intérêt de toutes les nations qui se livrent une véritable course technologique pour être les premiers à poser le pied sur ce nouveau monde. D'autant qu'il semble être recouvert de forêts et apte à y accueillir la vie humaine. L'industrie aéronautique américaine est sur le pied de guerre : les essais de fusées et d'équipements se multiplient et se succèdent, les connaissances biologiques s'enrichissent des résultats de précieuses expériences. Pour l'occasion la technologie fait une avancée spectaculaire. Deux couples, quatre scientifiques et médecins sont soigneusement sélectionnés pour se rendre sur Nova : le Dr. Richard Gordon, expert en zoogéographie et commandant de la mission, le Dr. Nora Pierce, minéralogiste, le Dr. Ralph Martin, médecin et le Dr. Patricia Bennett, chimiste. Après un vol de plusieurs mois, nos explorateurs se posent sur Nova et débutent relevés et expériences. Ils découvrent vite qu'ici la faune peut rapidement devenir un danger. Une île les intrigue particulièrement. Lorsque Richard et Nora décident de s'y rendre, c'est pour découvrir qu'elle vie sous la suprématie d'un Tyrannosaure Rex !

Une V2 sur Nova - King Dinosaur
Une V2 sur Nova

Le petit mot du Doc

Bert I. Gordon, est l'un des rares cinéastes à réaliser lui-même les effets spéciaux de ses films. Et ça se voit ! Du moins à ses débuts. Des débuts qu'il fait dans le cinéma publicitaire et où il se passionne tout de suite pour le gigantisme et le nanisme qu'il mettra en image tout au long de sa carrière, une particularité qui lui vaut le sobriquet de Mr. BIG, trois lettres qui forment aussi les initiales de son nom. Usant d'une technique de transparence et de superposition, et histoire de rendre sont propos effrayant, toutes sortes d'animaux y passent : serpents et alligators (KING DINOSAUR), araignée (L'ARAIGNEÉ VAMPIRE - 1958), fourmis (L'EMPIRE DES FOURMIS GÉANTES - 1977), canards (VILLAGE OF THE GIANTS - 1965), sauterelles (BEGINNING OF THE END - 1957), rats (SOUDAIN LES MONSTRES - 1976). Mais pas seulement. Les êtres humains ne sont pas en reste : dans LE FANTASTIQUE HOMME COLOSSE (1957) et sa suite LE RETOUR DE L'HOMME COLOSSE (1958) les méfaits de l'atome ont raison du pauvre Glenn Manning, tout comme un certain Bruce Barton dans LE CYCLOPE (1957). Dans VILLAGE OF THE GIANTS, des adolescents sont les "victimes" d'une nourriture chimique qui les transforme en géants. A contrario, dans LA RÉVOLTE DES POUPÉES (1958), un fabricant de poupées miniaturise ses invités. Gordon est aussi le réalisateur de L'EPEE ENCHANTEE (1961), un récit d'heroic fantasy qui voit évoluer un bestiaire de créatures fantastiques et d'un film de sorcellerie contemporaine : NECROMANCY (1971).

Promenade champêtre - King Dinosaur
Promenade champêtre

Monté pour une bouchée de pain et tourné en 3 jours, KING DINOSAUR constitue le tout premier film de Gordon en tant que réalisateur après l'oubliable SERPENT ISLAND (1954) dirigé par Tom Gries (ici scénariste) dans lequel il opère en tant que régisseur. Quatre intrépides scientifiques se rendent sur la planète Nova qui vient soudainement d'entrer dans le système solaire. Ce qu'ils vont y découvrir dépasse l'entendement : cette jeune planète abrite quelques spécimens de dinosaures des plus dangereux… Basé sur "Beast From Outer Space", une histoire originale de Bert I. Gordon et du producteur exécutif Al Zimbalist, il s'agit bien là du premier film de dinosaures dans l'espace.

Pour illustrer le propos et pallier au budget inexistant, le film débute par de longues scènes montées à partir de stock-shots qui montrent télescopes géants, bases aériennes et sites industriels où sont réalisés essais de moteurs et tirs de fusées expérimentales. Nous sommes bien en 1955, dans l'ère de l'après guerre, l'ère von Braun de la course aux fusées surfant sur la technologie des meurtrières V2 allemandes. C'est d'ailleurs une de ces fusées V2 qui sert de moyen de transports à nos astronautes. Bien que désuètes et improbables, ces fusées des années 50 font tout le charme de cette période fructueuse de la science-fiction, un look d'ailleurs initié par Hergé pour son dyptique "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune" (première parution 30 mars 1950).

Relevés scientifiques - King Dinosaur
Relevés scientifiques

Une fois sur Nova, il ne se passe pas grand-chose. Passée la première phase d'études biologiques permettant de s'assurer que nos conquistadores puisse ôter leurs scaphandres très fifties eux-aussi (on s'amusera de voir notre chimiste utiliser un microscope malgré son énorme casque-bulle), le scénario tourne en rond… nos acteurs aussi. On assiste là à une belle balade champêtre filmée dans les alentours de Los Angeles. Il faudra même attendre la 41ème minute (sur les 61 minutes que dure le film) pour enfin voir ce dinosaure dont le titre nous parle avec tant de véhémence.

Ces dinosaures justement, parlons-en ! Bert I. Gordon fait le choix de montrer de véritables reptiles qu'il grossit par simple effet optique. Du moins c'est l'impression ressentie, car certains attribuent ces scènes de combat à d'autres stock-shots tirés de l'excellent TUMAK, FILS DE LA JUNGLE (1940). Quelle déception alors de découvrir que notre King Dinosaur prétendu être un tyrannosaure n'est autre qu'un iguane ! Bert I. Gordon fait ainsi peu de cas des éventuels bienfaits éducatifs de son film vis-à-vis de la jeunesse américaine (car le film ne vit jamais le jour chez nous). Non, ceci n'est pas un Tyrannosaure Rex… c'est un iguane !

Incroyable specimen de Tyrannosaure Rex ! - King Dinosaur
Incroyable specimen de Tyrannosaure Rex !

Quand au final de ce KING DINOSAUR, il est tout simplement navrant. Non, avant de s'en retourner, nos quatre explorateurs ne trouveront rien de mieux que d'atomiser sans autre raison cette île sauvage. Et nos héros de dire avec fierté "Nous avons amené la civilisation sur Nova" sur un ton qui semble être ni humoristique, ni même ironique. Notons au passage que Bert I. Gordon utilise une fois de plus quelques stock-shots militaires d'une véritable explosion atomique. Sur ce coup là on le lui en voudra pas !

18 janvier 2014