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Kaw

(Kaw)

 L'histoire

Un corbeau, pas méfiant, mange une souris dans une grange, derrière un tracteur, …et se fait écraser. Ses congénères n'apprécient pas, et tuent l'agriculteur. Puis, un peu plus tard, une vache. C'est le début d'une sale journée à Middletown.

Le chef de la police locale, Wayne Haybourne, pour son ultime journée à son poste avant de déménager vers la grande ville, ne se doute encore de rien ; tout qu'il est occupé à cajoler sa jeune et belle femme, Cynthia, professeur d'anthropologie culturelle. Chez Betty's, le commerce de la bourgade où tout le monde se retrouve, à cette heure pour le petit déjeuner, tout est calme…

Pourtant, dès l'aube, des morts suspectes et d'étranges accidents se succèdent et apparemment à un rythme en accélération... Dans une ferme écartée, tenue par des Mennonites -une confession chrétienne issue de la Réforme protestante, cela aura son importance !- une vache est morte atteinte par un virus l'ayant rendue dingue. Il semble que la maladie se soit transmise aux noirs volatiles venus picorer le cadavre du bovin. L'armée d'oiseaux devenus belliqueux va alors s'en prendre aux habitants du village qui sont alors la proie de corvidés combatifs et vicieux.

Aidé du docteur, le shérif qui est parvenu à convaincre quelques citoyens du terrible danger qui les menace, prépare la riposte à l'attaque. Il n'est pas au bout de ses peines… D'autant que les secrets de certains habitants risquent de gravement compliquer les choses !

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Le petit mot de Francis SCHALL

KAW s'inscrit dans le sous-genre (du genre ‘'catastrophe'') des animaux tueurs sur pellicule. Si les volatiles ne sont pas les plus nombreux à apparaître au cinéma (comparativement aux reptiles, par exemple), ils ont le privilège d'être les héros sombres d'un excellent film, pour ne pas dire chef-d'œuvre, tous genres confondus, du 7ème Art tout simplement : LES OISEAUX du Maître Alfred Hitchcock. Effectivement, dès les premières images, comment ne pas penser à eux ? Mais ceci est revendiqué par le réalisateur, grand admirateur du cinéaste Britannique, et désireux de rendre hommage à son adaptation du classique de Rebecca Du Maurier. D'ailleurs les renvois et clins d'œil sont multiples. En dehors des silhouettes variés et nombreuses dans le moindre film montrant un charnier ou approchant, les corvidés ne sont, à ma connaissance, que d'un autre (télé)film plutôt réussi : l'allemand PEUR NOIRE d'Edzard Onneken, sorti quelques mois avant celui-ci ; dont je vous conseille de regarder la fiche longue pour d'autres informations.

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En 2004, le Canadien Sheldon Wilson avait créé l'événement avec son deuxième long métrage, L'ECORCHE, où il installait déjà son univers à la fois ancré dans le réel et s'en séparant, et cette atmosphère très particulière de malaise fascinant que l'on retrouve dans KAW. Evidemment son budget est limité, et les effets spéciaux auraient pu s'en ressentir. Aussi le réalisateur fit venir au Canada de solides corbeaux d'Europe de l'Est (une dizaine) et leurs dresseurs. Ce qui nous vaut des images en gros plans impressionnants. Evidemment, les ordinateurs s'occuperont ensuite de multiplier les oiseaux jusqu'à l'effet escompté. Et le but est atteint : dans des décors la plupart du temps naturels et forts beaux, le metteur en scène installe une ambiance à la saveur amère. Un scénario très classique peut-être, mais issu tout droit pourtant d'un classique de la littérature mondiale ! L'important est que Sheldon Wilson y apporte sa touche, qui mêle plaisamment réalisme et fantastique dans une atmosphère souvent insécurisante. Y passe bien sûr un message écologique, comme c'est de plus en plus le cas dans les attaques animales : l'évocation dans le film de viande bovine atteinte de l'Encéphalopathie spongiforme bovine, est une manière de s'inscrire dans le mouvement environnementaliste.

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La distribution est intéressante, qui place dans le rôle du Doc Rod Taylor, interprète principal des OISEAUX. J'ai eu beaucoup de mal à reconnaître celui qui fut également le fringant George Wells dans LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS de George Pal en 1960 ! Les autres interprètes sont pour la plupart venus de la télévision : Sean Patrick Flanery (Wayne Haybourne) fut jadis l'archéologue aventurier débutant de LES AVENTURES DU JEUNE INDIANA JONES ou plus récemment dans THE DAMNED THING, premier épisode de la saison 2 des MASTERS OF HORROR ; il est ici plutôt crédible. Stephen McHattie (NEW YORK NE RÉPOND PLUS, LA VALLEE DE LA MORT, A HISTORY OF VIOLENCE), en marginal courageux, en impose lui dès sa première apparition.

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KAWest une belle réussite d'un sous-genre qui est en général marqué aux navets. On pourra lui trouver quelques imperfections, ainsi un quasi redoublement du film dès sa moitié. Mais ses importantes qualités le feront vite oublier tant KAW fascine. Un film parfaitement estimable qui, derrière le supérieur LES OISEAUX, parvient facilement à occuper la deuxième place au concours des films d'oiseaux ravageurs, juste devant PEUR NOIRE. Le film fut présenté avec succès, hors compétition, au festival de Fantastic'Arts de Gérardmer

Francis Schall

31 mai 2013