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Le jour où la Terre s'arrêta

(The Day the Earth Stood Still)

 L'histoire

«Si la Terre meurt, vous mourez. Si vous mourez, la Terre survit.» Klaatu

L’arrivée sur Terre de Klaatu, un extraterrestre d’apparence humaine, provoque de spectaculaires bouleversements. Tandis que les gouvernements et les scientifiques tentent désespérément de percer son mystère, une femme, le docteur Helen Benson, parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission. Klaatu est là pour sauver la Terre… avec ou sans les humains.

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Le petit mot du Doc

Le classique LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA (1951) est l'un des films les plus originaux de la science-fiction, un film étonnant qui a influencé des générations d’auteurs et de cinéastes. Mis en scène par le légendaire réalisateur Robert Wise, ce film raconte l’histoire d’un extraterrestre bienveillant à l’apparence humaine nommé Klaatu, qui pose son vaisseau spatial à Washington pour rencontrer les chefs de la Terre et les prévenir que la violence qui déchire les hommes menace aussi la survie d’autres civilisations dans l’univers. Le film de Wise était révolutionnaire, non seulement dans sa représentation des extraterrestres, des vaisseaux spatiaux et des robots, mais aussi dans sa façon novatrice de traiter de l’escalade des tensions entre le bloc de l’Ouest et celui de l’Est pendant la guerre froide. Et pour la première fois, contrairement à ce qui se faisait à l’époque, le fardeau de la responsabilité reposait de façon égale sur l’Est et l’Ouest. Le danger dans l’histoire ne provenait pas d’un camp mais de la nature même de l’homme.

En 1994, le producteur Erwin Stoff, qui a managé la carrière de Keanu Reeves pendant vingt ans, a eu l’idée de revisiter l’histoire du film de 1951 avec Reeves dans le rôle de Klaatu, mais le projet n’a pas abouti. Et puis comme un signe du destin, douze ans plus tard, le scénario de ce film atterrissait finalement sur son bureau…

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Ecrit par le scénariste David Scarpa et réalisé par Scott Derrickson, LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA version 2008 est centré sur les dégâts irréversibles que l’humanité inflige à la planète. En tant que représentant de plusieurs civilisations extraterrestres ayant souffert de changements climatiques, Klaatu est venu sur Terre dans l’intention d’exterminer ce que ses semblables et lui-même considèrent comme une menace pour une planète trop fertile pour être détruite. Keanu Reeves explique : "La situation est critique, la vie de la planète est en jeu parce que les hommes la tuent chaque jour un peu plus. Klaatu vient donc sur Terre pour voir si les humains sont capables de changer leur comportement, ou si ce 'problème' a besoin d’être éliminé."

Klaatu désire parler aux chefs de notre monde aux Nations Unies avant de prendre des mesures drastiques, mais les autorités refusent, le confortant dans son idée que les hommes sont des êtres barbares et réfractaires au changement. Malgré cela, il va progressivement être touché par les gens autour de lui, particulièrement au contact d’une mère, le Dr Helen Benson, et de son jeune fils en crise, Jacob. Scott Derrickson commente : "Klaatu commence à voir ce qu’il y a de mieux dans l’humanité quand il établit des liens personnels avec les gens. Son corps d’humain lui permet aussi de découvrir des sensations humaines. Pendant son voyage, Klaatu va donc apprendre beaucoup plus de choses sur nous qu’il ne le pensait. [...] Il va comprendre que les humains peuvent changer, et va désavouer leur annihilation. Il va commencer à penser que les humains ne sont peut-être pas si mauvais, et qu’ils valent peut-être la peine d’être sauvés."

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Un des plus grands défis pour le réalisateur et l’équipe des concepteurs visuels a été de réinventer le vaisseau qui permet à Klaatu de venir sur Terre, la forme que prend Klaatu à son arrivée, et l’apparence de Gort, le robot garde du corps de Klaatu. Fan invétéré de science-fiction (rappelons que l'acteur a joué dans JONHHY MNEMONIC -1995, A SCANNER DARKLY –2006, mais aussi dans la trilogie Matrix qui l'a consacré dans le genre) Keanu Reeves a joué un rôle important dans le développement des concepts du film en travaillant sur le scénario avec Scott Derrickson et David Scarpa. Le vaisseau de Klaatu a été imaginé comme une sphère énorme qui ressemble à une planète et dont la surface est agitée de tourbillons gazeux et d’éclairs. Après avoir exploré plusieurs concepts, les cinéastes ont finalement imaginé la sphère non pas comme un vaisseau spatial mécanique ou un engin qui mettrait des millions d’années pour traverser l’univers, mais comme un "translateur spatial temporel", une sorte de portail mobile que Klaatu et ses semblables utilisent pour voyager d’un monde à un autre.

Si l'on voit largement ces sphères, Scott Derrickson a pris la décision de ne pas en montrer l’intérieur. Le réalisateur s'explique : "Je crois qu’il vaut mieux jouer avec l’imagination des spectateurs. Les gens vont être intrigués par ce que ces sphères peuvent contenir et leur esprit va échafauder toutes sortes de possibilités. C’est de toute façon plus excitant que tout ce que l’on pourrait leur montrer."

La définition visuelle du personnage de Gort, l’impressionnant garde du corps de Klaatu, constituait elle aussi un enjeu de première importance. Ce personnage de 8,50 m est entièrement fait en images de synthèse et ses pouvoirs sont sans limite… Même si les instances gouvernementales perçoivent Klaatu comme la plus grande menace pour les habitants de la Terre, c’est en réalité Gort qui est programmé pour détruire l’humanité en déchaînant des forces dont personne sur notre planète n’a idée. L’équipe revint à la forme originelle de Gort et tenta d’analyser l’incroyable impact que ce personnage emblématique de la science-fiction peut avoir encore aujourd’hui. Le réalisateur confie : "La puissance qu’il dégage repose sur la simplicité et l’épure de son apparence. Cette silhouette humaine, indestructible, opaque, a quelque chose de réellement inquiétant car elle contraste avec notre perception habituelle de cette forme. Gort n’exprime rien et vous n’avez aucune idée de ce qu’il peut penser ou faire. Tout ce que vous savez, c’est que lorsqu’il va décider de faire quelque chose, personne ne pourra l’en empêcher. A cette forme de base, nous avons ajouté tout ce que la technologie d’aujourd’hui permet."

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Malgré son regard froid sur les dangers qui menacent l’humanité, LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA est porteur d’un optimisme fondamental. Kathy Bates, l'actrice qui joue le rôle de la Secrétaire de la Défense Regina Jackson déclare : "J’espère que ce film fera comprendre aux gens que ce n’est pas 'notre' planète. Nous devons en prendre soin pour les générations futures et jusqu’ici, nous n’avons pas été de très bons protecteurs. C’est une chose qu’il faut absolument changer." Ecologie et respect de notre planète semble être le maître mot du film et de l'entreprise qui a prit part à sa construction. S’inscrivant dans la politique environnementale de la Twentieth Century Fox qui entend devenir une entreprise neutre en émissions de carbone à partir de 2010, LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA est le premier tournage entièrement concerné par l’écologie. Le chef décorateur David Brisbin explique : "Pour la première fois, tout a été fait pour réduire l’impact environnemental du tournage. D’habitude, les services consomment des tonnes de papier et impriment des milliers de documents. Sur ce film, nous avons changé nos habitudes de travail en mettant tous les plans, notes et documents de référence sur intranet. Chacun pouvait les consulter en permanence sans avoir besoin d’imprimer."

Toutes les pièces de bois utilisés sur les décors proviennent de forêt gérées et certifiées. Chaque fois que possible, les autres matériaux utilisés pour la construction des décors étaient biodégradables ou recyclables. La même attention a été accordée aux teintures de vêtements, et les costumes de second plan ont été offerts à des associations ou stockés pour être réutilisés sur d’autres productions. Les véhicules étaient pour la plupart hybrides et des consignes strictes avaient été données pour ne pas laisser les moteurs tourner inutilement. L’effort collectif a permis de réduire de façon très significative l’impact environnemental. En attendant d'entendre à nouveau la phrase mythique "Klaatu Barada Nikto", ne boudons pas notre plaisir de cette excellente nouvelle.