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La guerre aérienne du futur

(The Airship Destroyer)

 L'histoire

Dans une Angleterre ensoleillée, un inventeur se décide à demander sa fiancée en mariage, mais celui-ci voit sa requête refusée par le père de la fille. L'annonce de l'invasion du pays par une puissante armada aérienne ennemie va lui offrir l'opportunité inespérée de gagner la confiance de celui-ci. Depuis le pont des dirigeables qui forment la flotte d'invasion, l'ennemi large ses bombes avec précision. Avec son canon orienté vers le ciel, un petit véhicule blindé tente de se défendre mais explose sous les tirs de l'envahisseur dont les ballons bombardent tout : véhicules, trains, habitations. Tandis que l'aviation tente de s'interposer sans résultat, l'inventeur retourne à son laboratoire et, avec l'aide de son associé et de sa fiancée, déploie un missile sol-air doté d'ailes de libellules. L'arme, pilotée à distance par un dispositif électrique, est mise à feu, se dirige vers l'un des ballons ennemi et fait mouche. En flammes, l'appareil abattu s'écrase dans un lac. La victoire est célébrée par le mariage de l'inventeur avec sa fiancée, sous l'approbation totale du père.

Invasion aérienne - La guerre aérienne du futur (The Airship Destroyer)
Invasion aérienne

Le petit mot de Francis SCHALL

L’Angleterre en flammes ! Certains (anglo-saxons...) considèrent ce film comme le premier de science-fiction... Le titre s’annonce en tout les cas comme appartenant au genre. Et c’est sans doute le premier qui évoque la guerre de l’avenir... Les dirigeables ressemblent à des Zeppelin en devenir, et la fusée du défenseur de la Patrie est annonciatrice des V1 allemand (qui eux sont venus dans l’autre sens !)... quelques années plus tard !

L'ennemi bombarde - La guerre aérienne du futur (The Airship Destroyer)
L'ennemi bombarde

Le film serait inspiré d’un roman de Jules Verne. Avec "Cinq semaines en ballon" (1863) et ensuite "Robur le conquérant" (1886), Jules Verne, partisan et grand défendeur du "plus lourd que l’air" (il faisait parti de la "Société d'Encouragement pour la Locomotion Aérienne au moyen d'appareils plus lourds que l'air", fondée en 1863 par Nadar), avait déjà précisément compris l'intérêt primordial des ballons. - Ici, le réalisateur suit cette perspective.

LA GUERRE AERIENNE DU FUTUR est produit par Charles Urban. On lui doit plus de cinquante films jusqu’en 1923 ; celui-ci serait le premier (il faut toujours être très prudent quand on étudie les origines du cinéma). Il en a également réalisé huit, dont un des deniers s’intitule PIRATES OF THE AIR : c’est ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées !

Vite, préparons le missile ! - La guerre aérienne du futur (The Airship Destroyer)
Vite, préparons le missile !

Le réalisateur Walter R. Booth (1869 – 1938) a cent soixante six films à son actif, entre 1899 et 1918 ! Dont, en janvier 1915, THE MENACE OF THE AIR, qui reprend le thème de celui-ci. Mais cette fois nous sommes dans la réalité : au même moment, les villes anglaises de Great Yarmouth et King's Lynn sont effectivement bombardées ! La science-fiction était rattrapée...

On sait que les Anglais ont toujours craint qu’on les envahissent et sont friands de films catastrophe : n’est-ce pas Herbert George Wells qui a inventé "la guerre des mondes" ? Ici l’ennemi n’est pas identifié, mais l’armada de dirigeables se veut impressionnante.

Étrangement ce film de 1909 m’a fait penser à un autre film anglais, LA BOMBE (THE WAR GAME) de Peter Watkins, chef-d’œuvre d’épouvante guerrière –-a tel point que la BBC, qui l’avait pourtant commandé pour prévenir la population des conséquences d’un conflit nucléaire touchant l’Angleterre, à fini par l’interdire de diffusion ! (en France, il était alors interdit aux moins de 12 ans !). Que devaient ressentir les spectatrices et les spectateurs de 1909 en voyant cette menaçante GUERRE AERIENNE DU FUTUR ?

Aire de lancement - La guerre aérienne du futur (The Airship Destroyer)
Aire de lancement

Notons l’usage du montage parallèle -–dont on attribue trop souvent la paternité à David Ward Griffith : il semble qu’il n’ai pas été le seul à inventer ce qu’on nommera "la grammaire du cinéma" ! Grâce à ses effets spéciaux très créatifs (Walter R. Booth était un des novateurs spécialistes du genre) on peut affirmer que LA GUERRE AERIENNE DU FUTUR est un des premiers joyaux du cinéma de science-fiction !