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Gamera 1 - Gardien de l'Univers

(Gamera daikaijû kuchu kessen)

 L'histoire

A l'approche des côtes du Japon, le transporteur de plutonium Kairyûmaru vient de s'échouer sur ce qui semble être un atoll non répertorié… et celui-ci se déplace ! Heureusement plus de peur que de mal, aucune fuite radioactive n'est à déplorer. Enquêtant sur ce mystérieux îlot à la dérive, Yonemori, le commandant du Kairyûmaru, découvre qu'il s'agit en fait d'un monstre marin : Gamera.

Sur l'île d'Himegami, dans l'archipel de Goto, les habitants ont été dévorés par des oiseaux géants d'une envergure de 15 mètres. Le gouvernement a chargé Melle Nagamine, ornithologue, de capturer les bêtes. Le plan est simple : les attirer à l'intérieur du dôme du stade de Fukuoka pour les y emprisonner. Mais tandis que l'opération se déroule pour le mieux, Gamera attaque le dôme, détruit l'un des volatile mais laisse les deux autres s'échapper…

Mayumi Nagamine - Gamera 1 - Gardien de l'Univers (Gamera daikaijû kuchu kessen)
Mayumi Nagamine

Le petit mot du Doc

Voici le Gamera de l'ère Eishi (ère moderne du Japon). Ce film et les deux qui suivront – GAMERA, L'ATTAQUE LEGION (1996) et GAMERA, LA REVANCHE D'IRIS (1999) - forment ce qu'il est commun d'appeler aujourd'hui la trilogie moderne du monstre marin. Rappelons-le, Gamera est né en 1965 sous l'impulsion de studio Daiei pour concurrencer le Godzilla de la Toho. Sorti de son long sommeil par l'atome (tout comme le lézard), Gamera, une tortue géante de 60 mètres de long, va alors semer une belle pagaille au pays du soleil levant avant de devenir le protecteur de l'humanité et le chouchou des enfants, et ce sur une période s'étalant de 1965 à 1971. Hormis une nouvelle tentative en 1980 par l'entremise du fourre-tout GAMERAK, ce monstre nippon disparaît ensuite des écrans. Il revient en 1995 avec ce GAMERA 1 - GARDIEN DE L'UNIVERS, premier d'une série considérée comme l'une des meilleures de kaiju eiga – film de monstres.

Ecritures étruques - Gamera 1 - Gardien de l'Univers (Gamera daikaijû kuchu kessen)
Ecritures étruques

La qualité de ce reboot est en partie due au réalisateur Shusuke Kaneko et au scénariste Kazunori Ito qui décident d'abandonner le côté puéril des derniers titres pour se focaliser sur un monstre le plus vraisemblable possible. Posant l'Atlantide engloutie en background - thème fort de la science-fiction - ils imaginent un Gamera aux origines totalement différentes de celles des films de l'ère Showa : Gamera n'est plus ce monstre préhistorique que le nucléaire vient sortir d'un long sommeil mais un être biomécanique créé de toute pièces.

Pour expliquer sa genèse, il est tout d'abord nécessaire d'approfondir celle de son ennemi du moment : Gyaos. Ce nom vous dit quelque chose et c'est bien normal ! Gyaos a été vu pour la première fois dans GAMERA CONTRE GYAOS, production de 1967, troisième film de la série classique. Il s'agit d'un volatile géant au look de ptérodactyle, un mangeur d'homme capable de générer un rayon sonique qui, tel un laser, découpe n'importe quelle matière. Le film de Shusuke Kaneko nous explique que Gyaos fut jadis créé par les Atlantes pour lutter contre la pollution. Mais la bête ayant muté, elle se transforma en mangeur d'hommes. Dans l'urgence, pour s'en défendre et pour défendre l'humanité future, ils construisirent Gamera. Le décryptage de l'épitaphe retrouvée par Yonemori sur l'îlot est clair : "Gamera est notre dernier espoir. Nous le confions au berceau du temps. Il se réveillera avec Gyaos, l'ombre du malheur." Quand les Atlantes disparurent, Gyaos sut qu'il était condamné à mourir. Alors il pondit des oeufs dans plusieurs endroits sur Terre sachant que ceux-ci écloraient dès qu'un environnement plus propice apparaîtrait. Et le Japon moderne offre aujourd'hui cet environnement pollué idéal. On dénote dans le film une pointe d'écologie avant l'heure, ou du moins une prise de conscience de la pollution générée par la société moderne et la déforestation abusive...

Nagamine et Yonemori - Gamera 1 - Gardien de l'Univers (Gamera daikaijû kuchu kessen)
Nagamine et Yonemori

Ce qui saute aux yeux de prime abord est la place toute nouvelle qu'est faite aux hommes, a contrario de la série classique. Le sort de la population est effectivement une priorité mise en exergue par les cinéastes. Sans parler d'immersion totale, le réalisme des flashs d'informations et des scènes de terreur font parfois penser à CLOVERFIELD (2008). Les journaux parlent de "nuit de terreur", on assiste à l'exode des habitants, les mises en garde et les consignes de sécurité se multiplient, les trains sont arrêtés, les autoroutes et les aéroports fermés.

Confrontation finale - Gamera 1 - Gardien de l'Univers (Gamera daikaijû kuchu kessen)
Confrontation finale

A l’exception de quelques rares plans, le film n’emploie quasiment aucune image de synthèse, technique encore balbutiante à cette époque. Le déclic de la numérisation des monstres Kaiju viendra du GODZILLA (1999) de Roland Emmerich. On notera qu'il n'est plus fait usage de maquettes pour figurer avions, navires et autres moyens de transport (artifice qui donnait un charme particulier aux précédents Gamera) pour revenir à des prises de vue réelles. GAMERA 1 - GARDIEN DE L'UNIVERS offre malgré tout son lot de destruction immobilière et quelques scènes impressionnantes telle celle dans laquelle Gyaos enlève le wagon d'une rame de métro, l'ouvre comme une vulgaire boite de sardine et dévore ses occupants. Sous-titré LA BATAILLE CELESTE DES MONSTRES GEANTS, le film offre une belle photographie et une musique dramatique qui ajoute au caractère authentique voulu par les cinéastes. Au final il obtint un réel succès qui lui ouvrit la voie de la trilogie.