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Gamera

(Daikaijû Gamera)

 L'histoire

Nous sommes en pleine guerre froide. Accompagné par son assistante, Kyoto, et par le photographe reporter Aoyagi, le professeur Hidaka, zoologiste japonais spécialiste des tortues à l'université de Tokyo, mène ses recherches en arctique auprès du peuple esquimau. Mais ce havre de paix blanc est perturbé lorsqu'une escadrille de bombardiers non identifiés entre dans l'espace protégé des Etats-Unis. La chasse est immédiatement donnée par l'US Air Force qui abat un des appareils. Et lorsque celui-ci s'écrase sur la banquise, retentit une immense explosion atomique. Son effet mécanique et radioactif à pour conséquence de ramener à la vie Gamera, un monstre ancestral, une tortue géante de près de 60 mètres de haut.

En colère, Gamera, qui crache le feu, s'en prend au "Chidori Maru", le navire scientifique qui a emmené Hidaka sur la banquise. Celui-ci coule immédiatement avec son équipage. En conférence à New York, le professeur Hidaka explique à la presse qu'autrefois, au pole nord, existait un continent appelé l'Atlantide qui abritait Gamera. La bête est restée plongée dans la glace pendant plusieurs milliers d'années jusqu'à ce que la bombe atomique la réveille.

Aoyagi, Hidaka et Kyoto - Gamera (Daikaijû Gamera)
Aoyagi, Hidaka et Kyoto

Alors que de nombreuses observations rapportent la présence d'une soucoupe volante dans le ciel du Japon, à Hokkaidô, Gamera refait surface. A la recherche de nourriture énergétique, il s'attaque à la centrale géothermique de la région. Une aubaine pour tenter de mettre fin aux nuisances du montre. Mais malgré un plan savamment préparé, Gamera ne flanche pas lorsqu'on lui administre 35.000 Volts. Au contraire, la bête n'en ressort que plus puissante. Hidaka comprend alors que l'utilisation de l'arme atomique, un instant envisagée, est inutile. Après une nouvelle tentative avortée, pourtant à l'avantage d'un armement moderne mettant en œuvre une technologie secrète, l'humanité doit se rendre à l'évidence, Gamera est invincible… et vole de milles feux ! Le mystère de la soucoupe volante est éclairci, il s'agissait du monstre. Le seul espoir de mettre fin à la destruction massive orchestrée par la tortue géante réside dans le plan Z, une opération de la dernière chance organisée en coopération par l'ensemble des nations…

Le petit mot du Doc

En 1965, en réaction au succès de Godzilla en terres nippones et au-delà, la société de production Daei contre-attaque avec un monstre qui va concurrencer celui de la Toho : Gamera. Exit le lézard géant, le héros de la Daei sera une tortue ! Curieux choix me direz-vous sachant qu'une tortue n'est pas le summum en matière de rapidité. Certes en la grossissant d'une manière remarquable, on peut utiliser son poids et son allure pataude pour écrabouiller un peu plus magnifiquement ces merveilleuses maquettes qui donnent l'illusion de villes, de ports et autres stations électriques. Une tortue oui, mais une tortue volante et qui crache du feu, ça le fait ! Et bien attrapé celui qui croyait la vaincre en la retournant sur le dos !

Le petit Toschio sous la protection de son père et de sa soeur - Gamera (Daikaijû Gamera)
Le petit Toschio sous la protection de son père et de sa soeur

GAMERA constitue le tout premier film de notre cryptodire géante. Si son principal ennemi est ici l'homme (allez comprendre pourquoi ?), elle devra par la suite - rançon du succès - se mesurer à un grand nombre de bestioles de sa taille tenant toutes plus de l'imaginaire que de la faune terrestre. Là est carrément repris le succès de Godzilla !

La douloureuse expérience du nucléaire est encore bien profondément ancrée chez les japonais. Comme Godzilla, Gamera revient à la vie grâce à l'atome. On fait appel aux missiles atomiques comme à de vulgaires grenades, sans se soucier des problèmes environnementaux et humanitaires qui pourraient découler de leurs utilisations. S'ils n'étaient pas conscients des mutations dues à l'atome (leurs monstres en est la preuve), ce serait à croire que les japonais ont retenu d'Hiroshima et de Nagasaki le côté dévastateur au détriment des effets secondaires qui ont touchés leur population.

Gamera se nourrit de feu - Gamera (Daikaijû Gamera)
Gamera se nourrit de feu

Dernier Kaiju Eiga (cinéma de monstres) à avoir été tourné en noir et blanc, GAMERA est le premier à donner tant d'importance à l'enfance. Il est clair que les producteurs cherchent ici à plaire aux jeunes spectateurs : le monstre se soucie peu des vies d'un équipage, des techniciens d'une centrale géothermique, mais intervient à temps pour sauver celle d'un enfant (le jeune Toschio)… Bon, celui-ci passionné par les tortues, ceci explique aussi peut-être cela !

Immergé en pleine guerre froide (période de l'histoire durant laquelle est tourné le film), GAMERA ouvre sur le conflit Est/Ouest qui menace à tout moment d'exploser. Ce faisant, cela occasionne une production à vocation internationale (le succès de Godzilla outre pacifique n'est plus à démontrer) où langue japonaise et anglaise font finalement bon ménage : notre scientifique parcoure le globe, de l'Arctique à Tokyo en passant par New York histoire de flatter nos amis américains. Et un scénario optimiste qui démontre que tous les peuples peuvent s'unir dans un grand projet pour évincer un ennemi commun.

Les gouvernements s'unissent dans le "Plan Z" - Gamera (Daikaijû Gamera)
Les gouvernements s'unissent dans le "Plan Z"

Preuve du succès du film aux Etats-Unis, GAMERA fera l'année suivante l'objet d'un remake/remontage - GAMMERA THE INVINCIBLE (1966) – dirigé par Sandy Howard. Tout comme cela fut fait pour GODZILLA, de nouvelles scènes avec des acteurs américains seront ajoutées.