Vous n'avez encore accédé à aucune fiche…

Frankenstein

(Frankenstein)

 L'histoire

Après avoir quitté ses parents pour le collège, Frankenstein met deux ans pour découvrir le secret de la vie. Un soir, il se lance enfin dans l’expérience tant attendue. Le monstre qui apparaît panique le chercheur. La créature le poursuit jusqu’à dans sa chambre. Frankenstein s’enfuit. Il retourne chez les siens où il retrouve sa fiancée. Mais la créature le suit jusque là. Après avoir tenté d’obtenir des explications de son créateur, le monstre se découvre soudain dans une glace et quitte les lieux. Plus tard, lors de la soirée de noce, il revient mais est chassé par Frankenstein. Confronté une nouvelle fois au miroir, la créature y disparaît…

Frankenstein lance son expérience - Frankenstein
Frankenstein lance son expérience

Le petit mot de Francis SCHALL

Voici un des tous premiers jalons du cinéma de science-fiction (avec LE VOYAGE DANS LA LUNE de Georges Méliès - 1902). Le roman « Frankenstein - The modern prometheus», écrit en 1816 par Mary Wollstonecraft Shelley, fut publié pour la première fois en 1818. La Compagnie Edison, société du célèbre Thomas Edison, réalisa près d’un siècle plus tard sa toute première adaptation connue (on ne sait jamais, avec les découvertes qui se font encore, voir METROPOLIS en 2008...) pour le cinéma.

Réalisée par J. Searle Dawley en 1910, ce premier Frankenstein est, on s’en doute vu sa durée, assez éloignée du roman… On y retrouve les usages des débuts du cinéma tant dans la réalisation, les trucages (avec par exemple la naissance de la créature dans la marmite, repassée à l’envers, très visible au sens que prend la fumée...), et l’interprétation.

Augustus Phillips, jouant le rôle du baron Frankenstein, renvoie à l’époque du théâtre filmé ou aux bondissements des personnages de Georges Méliès dont on retrouve ici l’esprit, plus du côté du fantastique que de la science-fiction. L’apparence de la créature est loin de celle que rendra inoubliable Boris Karloff en 1931 : la tignasse ébouriffée, le corps déformé et le visage hideux que s’est fait l’acteur Charles Ogle durera plusieurs années, au moins jusqu’au Quasimodo de Lon Chaney dans le NOTRE DAME DE PARIS de 1923 (quoiqu’ici, la créature soit déjà très grande) ! Contrairement à ce qui deviendra sa naissance classique par la suite, par le biais de pièces de cadavres assemblées et l’énergie électrique, ici, la créature semble venir de nulle part, à travers fumées et flammes.

Naissance du monstre - Frankenstein
Naissance du monstre

Charles Ogle (1865-1940), tourne depuis deux ans quand il interprète le rôle du monstre. Il sera de... 311 films jusqu'en 1926 ! Augustus Phillips (1874 - 1944) qui interprète Frankenstein en est là à son premier rôle ; il a tourné après dans 140 films muets jusqu'à 1921.

Le FRANKENSTEIN de James Whale en 1931 est le plus célèbre, c’est le film qui lança le mythe et surtout la représentation visuelle de la créature. Mais avant cette première version parlante, suivant le film de J. Searle Dawley, il y eu deux autres adaptations : LIFE WITHOUT SOUL (UNE VIE SANS ÂME - 1915 - U.S.A.) de Joseph W.Smiley (Joseph W. Smiley, qui semble suivre son idée, est la même année le réalisateur d'un THE INVENTOR'S PERIL) avec Percy Darrell Standing dans le rôle de la créature ; et IL MOSTRO DI FRANKENSTEIN (Le monstre de Frankenstein) tourné en 1920 par Eugenio Testa en Italie (39 min) avec Luciano Albertini (baron Frankenstein) et Umberto Guarracino (le monstre).

Très longtemps ce film figura sur la liste de l’American Film Institute's comme perdu, et l’un des plus recherchés. On le retrouva finalement dans la collection privée d’un amateur réputé du Wisconsin, Alois Dettlaff. Il fut présenté aux USA lors d’un gala public le 24 avril 2003 puis publié en DVD.

Malgré les maladresses inhérentes à sa date de réalisation (mais sans doute qu’à l’époque les spectateurs furent assez terrifiés !), le film de J. Searle Dawley est de ceux que tout passionné de cinéma de science-fiction découvrira avec curiosité et intérêt. A sa vison, on pourra réfléchir à l’incroyable bond de la science-fiction filmée en mettant en parallèle la marmite de ce Frankenstein et le monolithe extraterrestre et sa création, le fœtus spatial de 2001, L’ODYSSEE DE L'ESPACE, cinquante huit ans plus tard…

Image scifi-movies

Voir le film

On peut voir le film ici. Le générique semble absent (hors le titre et l’origine romanesque) : ni le nom des interprètes, ni celui du réalisateur, pas même l’inévitable marque d’Edison ne sont ici visibles. Devant sa rareté et son importance historique, un découpage complet du film s’impose. Les cartons (en gras) sont suivis de la description de l’action :

Frankenstein

Basé sur le roman de Mary Shelley

Frankenstein part pour le collège
Il dit adieu à ses parents

Après deux ans, il a découvert le secret de la vie
Dans son atelier à verrière Frankenstein jouant avec un crâne, s’exclame. Il prend des notes.

Juste avant l’expérience
Frankenstein semble douter, puis lui vient une idée : il écrit à sa fiancée. "Mon doux cœur, ce soir mon ambition de découvrir le secret de la vie et de la mort sera accomplie et dans quelques heures je vais amener à la vie le plus parfait être humain qu’on ai jamais connu. Quand ce merveilleux travail sera accompli, je reviendrais vers vous et ferai de vous ma femme. Votre dévoué, Frankenstein."

Au lieu de l’humain parfait, Frankenstein créa un monstre
Frankenstein mélange diverses poudres et liquides dans une boite (au premier plan, à gauche, un squelette assis est adossé à son bureau). Puis, vers le fond de la pièce, dans un placard métallique, il va mettre sa potion dans une grande marmite, qui dégage alors quelques panaches de fumée (2 mn 50sec.). Il referme ensuite les portes de fer, qu’il assure par une barre transversale. Suit un plan rapproché sur le bord de la marmite (à l’intérieur du placard, donc). Celle-ci, dégage de fortes vapeurs. Plan suivant : par une petite ouverture pratiquée dans la porte, le savant observe l’évolution des choses et saute da joie. Intérieur placard : de la marmite monte une silhouette très déformée qui tient d’abord d’un squelette incandescent. Retour à l’extérieur et Frankenstein surveillant tours l’expérience par l’ouverture pratiquée à cet effet. A l’intérieur, la créature se développe, se tient de la main gauche au bord du récipient et agite vigoureusement son bras droit ; puis dans un autre plan, les deux –ici nous avons à faire à une image en négatif. Retour dans la pièce : devant Frankenstein soudain terrorisé, la créature défonce la porte et passe un bras décharné par l’ouverture ; le savant s’enfuie.

Frankenstein est au désespoir à la vue de sa diabolique création. (5 mn 15 sec.)
Frankenstein s’est réfugié dans sa chambre. Anéantit par ce qu’il a fait, il s’écroule sur son lit. De derrière les rideaux du lit, le monstre surgit et se penche sur lui – On a ici un plan qui s’inspire de très près du célèbre tableau de ….. « … ». Mais la créature n’est pas agressive, semblant, par ses gestes, plutôt vouloir comprendre ce qu’il en est d’elle-même. Frankenstein tombe évanoui au pied de son lit ; la créature disparaît derrière les rideaux. A ce moment là un homme entre dans la chambre (le domestique du savant ? un ami ?) et le secoure.

Retour chez soi (6mn 25 sec.)
Frankenstein retrouve les siens.

Hantant son créateur, et jaloux de l’amoureuse de Frankenstein, le monstre se voit pour la première fois.
Chez les siens, dans un salon dont une grande glace couvre toute la partie droite du mur du fond, Frankenstein retrouve sa fiancée. L’entrée de celle-ci est cadrée dans la glace. Ainsi que celle du monstre, quelques instants après. La fiancée est repartie et la créature demande, mais sans agressivité des explications à son créateur. Celui-ci paniqué, ne sait que lui ordonner de sortir. La fiancée revient et la créature se dissimule derrière un paravent. Frankenstein la fait ressortir et la créature reprend son interrogatoire ; mais devant le silence de Frankenstein, elle se jette sur lui. La bagarre les entraîne devant la glace, que la créature n’avait pas encore remarquée : maintenant, il s’y voit ! (9 mn 05 sec.) Consternation. La créature s’enfuie.

Lors de la soirée de noce, un meilleur raisonnement s’impose à Frankenstein.
Frankenstein et sa belle quittent leurs nombreux invités. Enfin seuls ils se disent tout leur amour, puis la fiancée s’éloigne vers leur chambre et Frankenstein, qui éteint les candélabres, va dans la direction opposée. La créature arrive alors et entre, et va vers la chambre. Frankenstein qui revient voit soudain surgir sa belle poursuivit par la bête. Nouvelle bagarre ; puis la créature, poursuivit par Frankenstein sort.

Devant le silence de Frankenstein, la créature se jette sur lui - Frankenstein
Devant le silence de Frankenstein, la créature se jette sur lui

La création d’un esprit diabolique est vaincue par l’amour et disparaît. (11 mn 20 sec.)
De retour dans la pièce au miroir, confronté une seconde fois à son image, la créature s’évapore littéralement du lieu mais son reflet continu de vivre dans la glace. Frankenstein entre et découvre consterné la situation. Il désigne la créature dans la glace du doigt, mais soudain, ce qu’il y désigne, et le désigne en retour s’avère être sa propre image. C’est pourtant soulagé et heureux qu’il prend dans ses bras sa toute nouvelle femme qui vient d’entrer.

THE END
A 12 mn 24 sec. ; ce carton final se prolonge pour arriver à la durée totale : 12 mn 33 secondes pour cette version.