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À pied, à cheval et en spoutnik!

(À pied, à cheval et en spoutnik!)

 L'histoire

 Histoire complète

Léon Martin a perdu la mémoire à la suite d'un accident de voiture et son état de santé requière le plus grand calme. Il trouve le repos dans sa maison secondaire de Lesigny sur Sarthe alors que sa femme, Marguerite, rentre à Paris pour accoucher sa fille. Tandis que Léon passe ses journées à jardiner, le monde continue à tourner : les soviétiques ont lancé une capsule expérimentale autour de la Terre, habitée par un chien et une souris blanche. Mais alors que l'atterrissage du "Spoutnik" était attendu en Union Soviétique, celui-ci s'échoue tout près, laissant échapper chien et souris qui trouvent refuge chez Léon. Celui-ci, toujours amnésique, pense alors avoir retrouvé Friquet, son chien disparu depuis 2 ans. Et lorsqu'il découvre que les deux animaux n'acceptent de manger qu'au retentissement d'une sonnerie, il conclu hâtivement à leur enlèvement et dressage par quelques saltimbanques bien décidés à les retrouver.

Léon Martin croit avoir retroué Friquet - À pied, à cheval et en spoutnik!
Léon Martin croit avoir retroué Friquet

Les autorités russes souhaitant récupérer les animaux, elles font appel au gouvernement français. Mais ni le maire de Lesigny, ni l'attaché "détaché" aux affaires étrangères ne parviennent à faire entendre raison à Martin qui reste persuadé d'être le propriétaire des bêtes. Et ce ne sont pas les forces de l'ordre qui le feront changer d'avis ! Seule la proposition d'un diplomate russe parvient à le faire céder : Léon Martin et sa femme sont invités à Moscou le temps que soient extraits les résultats scientifiques enregistrés pas Fédor (le véritable nom du chien) et sa petite compagne blanche (que Léon a baptisé "Marguerite", au grand dam de sa femme). En attendant, Les Martin sont invités aux plus grandes réceptions et rencontrent les plus hautes autorités soviétiques. Ils sont même conviés à assister au lancement d'une fusée spatiale…

 Attention Spoiler ! la fin du film vous est racontée ci-dessous…

A la suite d'un incroyable concours de circonstances, Léon Martin se trouve accidentellement à l'intérieur de la fusée lorsque celle-ci décolle. En compagnie du professeur Popov, du chien Fédor et de la souris, notre homme devient ainsi le premier français dans l'espace, volant à 225 000 km de la Terre, frôlant la Lune. Seul maître à bord lorsque Popov tombe malade, il sera à son retour accueilli en héros…

Le petit mot du Doc

Le film de Jean Dréville, plein d'un humour typique de ces années là, irrésistible et frais, s'inspire des évènements historiques qui firent grand bruit à cette époque. C'est en effet 6 mois avant le début du tournage du film (8 avril 1958 - 14 juin 1958) que le 4 octobre 1957 l'URSS met en orbite Spoutnik 1, le premier satellite artificiel de la Terre. Cette toute petite sphère, dont la mission n'a consisté qu'à se faire entendre, a alors donné le coup d'envoi d'une bataille rangée pour la conquête de l'espace entre russes et américains, une bataille qui allait se terminer avec le premier pas de l'Homme sur la Lune. Après Spoutnik 1, L'URSS réitère avec Spoutnik 2 le 3 novembre 1957, embarquant cette fois ci la chienne Laïka. Celle-ci aura moins de chance que Fédor (notre petit chien du film renommé Friquet par Léon Martin) puisque Laïka périra quelques heures après sa mise en orbite.

Des bêtes curieuses - À pied, à cheval et en spoutnik!
Des bêtes curieuses

L'aventure héroïque de Laïka permit donc d'échafauder un scénario tout trouvé ! Et si au lieu de rentrer en terrain soviétique, notre chien russe s'échouait dans la Sarthe ? Quand à imaginer le premier homme dans l'espace, À PIED, À CHEVAL ET EN SPOUTNIK! entre à peine dans le domaine de l'anticipation : un certain Youri Gagarine marquera à nouveau l'histoire moins de deux ans plus tard, le 12 avril 1961. Mais faute de reproduire le scientifiquement exact, et pour faire perdurer le rêve d'étoiles, la forme de notre fusée est ici de celles imaginées dans les années 50 par des Irving Pichel dans DESTINATION LUNE (1950) ou encore sous les traits du dessinateur Hergé pour les aventures de Tintin dans "Objectif Lune"… d'ailleurs saurons-nous jamais lequel des deux a dégainé le premier ?

Les autorités françaises tentent de récupérer les animaux - À pied, à cheval et en spoutnik!
Les autorités françaises tentent de récupérer les animaux

Avant tout une comédie, À PIED, À CHEVAL ET EN SPOUTNIK! est chronologiquement précédé du film A PIED, A CHEVAL ET EN VOITURE (1957) qui, aucunement de la science-fiction, tourne autour de l'art de posséder un véhicule à 4 roues. Dans ce long-métrage dirigé par Maurice Delbez un an plus tôt, on trouve déjà la famille Martin interprétée par les mêmes Noël-Noël, Denise Grey et Sophie Daumier ainsi que Darry Cowl dans une distribution enrichie par Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Cassel et Jacques Fabbri.

À PIED, À CHEVAL ET EN SPOUTNIK! met à l'affiche l'une des plus belles distributions françaises de l'époque : dessinateur humoristique, chansonnier, de son vrai nom Lucien Noël, Noël-Noël commence une carrière d'acteur au cinéma en 1930 avec LA PRISON EN FOLIE de Henry Wulschleger. En 1945, il tient le rôle de Clément Matthieu dans LA CAGE AUX ROSSIGNOLS qui inspirera LES CHORISTES en 2004. Autre interprétation à ne pas manquer, l'excellent LES VIEUX DE LA VIEILLE (1960) dans lequel il partage l'affiche avec Jean Gabin et Pierre Fresnais. En 1971 il se lance dans la réalisation - et dans le même temps dans la SF - avec LE VOYAGEUR DES SIECLES qui traite de paradoxe temporel et de machine à voyager dans le temps.

Lancement prochain sur le sol soviétique - À pied, à cheval et en spoutnik!
Lancement prochain sur le sol soviétique

A ses côtés on reconnaîtra Darry Cowl. André Darricau de son véritable nom, ce musicien et comédien obtiendra dans sa carrière 2 César et 1 Molière. Avec une impressionnante filmographie, c'est son rôle dans LE TRIPORTEUR (1957) qui le rendra célèbre. Impressionnante filmographie aussi pour Francis Blanche qui joue ici Chazot. Personne n'oubliera LES TONTONS FLINGUEURS (1943) ou encore LES BARBOUZES (1964), tous deux des chefs-d'œuvre du cinéaste français Georges Lautner. Francis Blanche trempera dans la science-fiction en 1973 dans FRANCE SOCIÉTÉ ANONYME d'Alain Corneau.