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Altitude

(Altitude)

 L'histoire

Pour se rendre à un concert, Sara, une jeune pilote tout juste diplômée, propose à ses quatre amis de louer un petit avion. Dès leurs retrouvailles à l’aéroport, on sent entre eux des non-dits, des secrets cachés, au-delà des antagonismes amoureux larvés.

En cours de vol, ils tentent d’éviter les nuages d’un petit orage. En prenant de l’altitude, l’avion semble aspiré vers le haut, et précipité dans une épouvantable tempête… Un a un, tous les instruments de bord sont hors service. Sara perd alors le contrôle de l'appareil. Propulsés à 20.000 pieds d’altitude, ils s’approchent d’un inquiétant nuage noir, qui n’a rien de naturel… Rapidement les passagers vont perdre leur calme, pas loin de céder à la panique.

Mais les cinq jeunes gens n'ont encore rien vu : une puissance surnaturelle s’acharne sur eux, semblant vouloir leur mort. Inéluctable ? L’un d’entre eux a la méthode pour arrêter l’abomination. Mais il ne le sait pas…

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Le petit mot de Francis SCHALL

Pour être fixé quant à l’originalité du sujet : en 1913 Conan Doyle (le père de Sherlock Holmes et du professeur Challenger du "Monde perdu") faisait publier une nouvelle intitulée "L’horreur en plein ciel" ("The Horror of the Heights"). Court texte dans lequel un inventeur spécialisé dans le domaine de l’aviation (à cette date on ne peut encore parler d’aéronautique…) est convaincu, après plusieurs disparitions en plein ciel, que des créatures monstrueuses peuplent les plus hautes couches de l’atmosphère. Pour se prouver à lui-même qu'il a raison –et prévenir le monde du danger- il s’envole droit au firmament…

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ALTITUDE s'inspire sans vergogne de ce sujet. Et sans aucun doute de la série documentaire "Panique en plein ciel" que vous verrez avec intérêt si vous chercher du suspens en vol ; parce qu'ici, les évènements sont si confus que nous perdons notre temps à chercher à comprendre ce qui se passe exactement ; tout en nous nous interrogeons sur les connaissances en avionique des auteurs de ce méfait : pas besoin d’avoir son brevet de pilote pour savoir que sortir d’un appareil en plein vol et en pleine tempête pour réparer un gouvernail arrière à 20,000 pieds, avec une température extérieure de -30°C est impossible. Quoiqu'il en soit, pour revenir au suspense, il faudra attendre la dernière demi-heure pour entrer vraiment dans le vif du sujet ! Et pourtant… ALTITUDE, pour sa temporalité narrative est inscrit dans sa durée : 1h30 de vol pour atteindre la destination, 1h30 de film. Si le soit disant metteur en scène avait eu une once de talent, d'idée et de goût du risque, il aurait opté alors pour le plan séquence, beaucoup plus efficace et impressionnant quand on sait quoi y mettre. Ici, dans le volume des quelques mètres cube (quoi… 12 m2 ?) de l’intérieur de la carlingue, Kaare Andrews ne cesse de faire bouger sa caméra dans tous les sens (un exploit… s’il n’avait pas bénéficié de l’informatique et du studio !), à nous en donner le mal de l’air ! Et il suffit de lire la douzaine de page de Conan Doyle pour saisir ce que de suspense et d’effroi il est possible d’obtenir avec un tel thème.

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En fait Kaare Andrews est surtout connu dans le monde des comics où il s'est rendu célèbre en illustrant Spider-Man, The X-Men et l'Incroyable Hulk. Il est aussi réputé pour ses clips de divers groupes. Ses six premiers courts métrages étaient pourtant prometteurs, en tous cas pour ceux qui les ont vu et ceux qui ont récompensé plusieurs d’entre eux. Il a depuis participé au tournage du film d’horreur et fantastique à sketchs The ABCS OF DEATH (2012); et il nous proposera, pour 2013, CABIN FEVER: PATIENT ZERO, dans lequel un virus dévoreur de chair s’attaque aux passagers d’un bateau de plaisance après qu'il ait percuté un navire de recherche scientifique abandonné… On dirait du Jess Franco !

Comme personnages très peu attractifs, cinq ados particulièrement pénibles pour la plupart. Dont Mel, la copine de Sara, une blonde obsédée par sa mini caméra qu'elle fait tourner dans les circonstances les plus improbables ! A voir le résultat dans les inévitables plans subjectifs, elle n’a pas (là non plus !) la moindre idée de l’usage de son appareil. Pas plus que le soi-disant metteur en scène.

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ALTITUDE n’a même pas les qualités visuelles d’un téléfilm et ses inévitables querelles amoureuses (en plein ciel et panique !...) sont d’un parfait ridicule ! Et même si la toute fin amène une intéressante surprise, elle ne tient, littéralement, que de la bande dessinée. Si vous voulez gagner du temps, éviter cette daube ! Par contre, je vous engage à lire la nouvelle cité en début ; vous la trouverez entre autres dans le gros volume de la collection "Bouquins" chez Robert Laffont : "Conan Doyle – Les exploits du professeur Challenger et autres aventures étranges". Un must !

Francis Schall

14 janvier 2013