Blade Runner

(Blade Runner)

16 février 2001

Dans l'histoire du cinéma peu de film ont une telle singularité: A cause ou grâce à des producteurs trop soucieux de la réussite commerciale, la clé de voute du film -l'apparition fantômatique d'une licorne- fut coupée, et le film se terminait platement, les origamis restaient sans significations. La musqiue, les décors, l'athmosphère provoquèrent pourtant un véritable choc chez nombre de spectateurs. Et des admirateurs l'encensèrent. 10 ans plus tard, Scott présentait sa version originale et brutalment, en trois secondes, le flic fatigué prenait une autre dimension, inhumaine.
C'est l'histoire d'un être que nous suivons sans nous poser de questions. Nous sommes tellement habitués aux héros solitaires que nous ne nous interrogeons absolument pas sur la nature profonde de ce flic, et le héros lui-même devra traverser bien des épreuves pour finalement douter :"qui suis-je, que suis-je?" Autour de lui, les "répliquants" s'enrichissent humainement, et lui, Dekard se sent, étrangement, de plus en plus proche d'eux. Nous n'y prenons pas garde: cet être tombe amoureux d'une androïde et, nous spectateurs sous le charme, nous acceptons cette histoire, y voyant une union entre un homme et une machine: voilà l'illusion dont nous satifaisons jusqu'à l'ultime plan du film: un homme parmis les robots. Ce film est une illusion, comme un livre de Dick: aux dernières secondes les vérités incontestables se volatilisent. L'être que nous avions suivi durant toute cette histoire n'est pas humain. Il faut être sortie de la salle de ciné, il faut une seconde vision, un énième vision, il faut des discussions, pour l'accepter mais c'est indéniable: Nous sommes incapable de discerner un humain d'un répliquant: les réplicants sont trop humains les humains déshumanisés.
Ce blade-runner poursuit ses frères. Comme eux, il est condamné.
Comme le souligne déjà deux critiques, il y a deux phares dans la SF: 2001 et BLADE RUNNER.

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