Ghosts of Mars

(Ghosts of Mars)

09 avril 2003

Je suis trop bon, ça me perdra... 2/20, c'est presque deux fois trop pour ce total navet, cette daube en barre, cet sous-sous pâle copie de film carpenterien. Le réalisateur s'est-il perdu dans son "Fog", ou a t-il été par trop vidé du sang de la créativité par ces "Vampires"? Vous me trouvez méchant? Que nenni, car je ne manque pas d'arguments.
1- à part filmer de la baston et de la mitraille à tout va, l'histoire est vide comme un pet de zombie : des gros bras à combinaison noire viennent sur une planète dégommer du cannibalo-maboul à gogo.
2- les dialogues sont torchés par un bac -30, tant ils sonnent creux et clichés.
3- les effets spéciaux sont ringards au possible, trahissant un manque évident de moyens, vaguement tourné en choix stylistique volontaire pour cacher la misère.
4- le casting est à mourir de rire : une Pam Grier en défaut de régime et en commandant moulée dans son vêtement de cuir est aussi crédible que Soeur Théresa en pom pom girl; Ice T n'a visiblement pas compris d'oublier de marcher comme un vilain rappeur de rue des années 90; etc, etc.
5- ce film ne donne même pas les boules tant les scènes chocs manquent de crédibilité, de profondeur. Exemple : le coup du va et vient du train, qui attire les zombies venant cogner dessus, sans rien capter à la manoeuvre est un summum de crétinerie.
6- la musique hard rock est (avis subjectif) à chier, vue, revue et archi revue dans le genre "c'est violent, c'est donc guitares saturées et grosses batteries à donf'".
Tout ce raté est doublement, triplement, quadruplement dommage, car Carpenter eut du produire un excellent film en valorisant mieux quelques éléments épars :
a- une ambiance martienne sortant un peu des sentiers convenus et cucul des dernières années (cf : "Mission to Mars").
b- une histoire dans l'histoire (le peuple guerrier martien) qui aurait du être plus développée, voire même constitutive du corps du film. Les quelques séquences "flash back" sont ici trop elliptiques et donc frustrantes pour le spectateur.
Je suis furioso enfin, parce que ce depuis "Los Angeles 2013" (autre navet épique) et "Vampires", le Carpenter part complètement en couilles. Où est passé le type déjanté qui signa jadis "Fog", "The Thing"... avec une authentique plume d'auteur? Il n'y a pas de honte à sortir du film alimentaire, mais au moins devrait-on avoir la sagesse de le reconnaître. Et pas de se masquer derrière un discours marketing soufflé par un attaché de presse sous amphétamines, "c'est un futur film culte". Voilà la meilleure manière de non seulement se couper de son public de fans traditionnels, mais aussi de ne pas en attirer de nouveaux. Et à son âge, ce genre d'erreur est purement impardonnable.

Avatar choisi par le scifinaute