Deep Impact

(Deep Impact)

31 juillet 2001

Moins acadabrantesque que l'innommable Armaggedon, "Deep Impact" n'en est pas moins un énième produit de la splendeur idéologique américaine. Au lieu d'une débauche d'effets spéciaux ratés à gogo comme chez Bruce Willis, nous avons droit à de longs discours bibliques & moraliseur le destin de l'humanité face à l'inéluctable. La catastrophe des deux comètes n'est qu'un prétexte à la recréation de l'Arche de Noé made in USA. Le public visé est sans doute adolescent car le héros est un jeune découvreur de 16 ans qui ne veut pas périr sans avoir connu le mariage (snif!). Comme toujours dans ce style de film, les scénaristes nous engluent dans des histoires de rapprochemens familiaux ou de romance pompeuses typiquement américaines qui ont tendance à nous éloigner du sujet réel. Les effets spéciaux sont corrects mais les séquences de raz-de-marée respirent le déjà vu (on oscillerait presque entre Météor et ... Les 10 commandements). Tous les enchaînements ou presque sont prévisibles, les continents européens ou asiatiques sont présentés comme étant peuplés d'indigènes à bérets ou à turbans (le cliché est encore pire chez Willis, me direz-vous). Par ailleurs, je n'ai rien contre Denzel Washington, mais le jour où les Etats-Unis auront un Président Noir, la fin du monde sera effectivement proche. La façon dont il essaie de réconforter l'Amérique (pardon, le monde) à la télévision me fait penser à une espèce de gourou préchant l'humilité et l'abjuration de nos fautes passées. Compte tenu de la puissance financière des lobbys religieux américains, je ne serais pas étonné d'apprendre que ce film a été financé par une secte apocalyptique apparentée à WACO ou l'Ordre du Temple Solaire. Les films catastrophe ont beau se succéder, nous n'obtenons toujours pas de produit réaliste où l'ONU joue le rôle prépondérant qui lui incombe.Je préfère encore "Météor", sorti 20 ans plus tôt et moins bébête que tous les navets qui lui ont succédé.

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