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Forum des images : un monde de machines

Forum des images : Cycle "Un monde de machines" du 2 mars au 22 mai 2011

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L'affiche de la manifestation[forum-des-images-un-monde-de-machines.jpg]

  1. Présentation de la manifestation
  2. Thème de mars : La mécanique du quotidien
  3. Thème de mars : Sexe machines
  4. Thème de mars : Tous en chaîne
  5. Thème d'avril : La fabrique de l'image
  6. Thème d'avril : Les machines à traquer
  7. Thème d'avril : Hommage à Philip K. Dick
  8. Thème d'avril : Des hommes et des automates
  9. Thème de mai : Vers l'infini et l'au-delà...
  10. Thème de mai : Machine, trop machine : it's alive !
  11. Thème de mai : La fin du monde : alors on joue ?

À notre époque du "tout électronique", les machines, devenues à la fois si familières et si sophistiquées, sont partout. Pour autant, nos rapports avec elles restent ambigus. Le cinéma, issu lui-même de machineries de plus en plus complexes, rend compte à merveille de ces imaginaires ambivalents, voire contradictoires, suscités par les dispositifs mécaniques et artificiels qui nous entourent.

Pouvoirs inédits

Certes, il y a cette ivresse euphorique : maîtriser la nature, s'affranchir des aléas du vivant, rationaliser, anticiper, contrôler, produire en masse, consommer en série, quoi de plus enivrant ? Les ferveurs des lendemains qui chantent se rejoignent parfois de part et d'autre du rideau de fer.

Dans les films d'entreprise et publicités à la gloire de la production à la chaîne made in USA, il y a comme un écho à l'enthousiasme ardent de La Ligne générale (Eisenstein) qui sublime une écrémeuse et célèbre la politique agricole du parti communiste. L'Homme à la caméra tout-puissant (Dziga Vertov), Batman invincible au volant de sa Batmobile, un lieutenant de la marine américaine qui voyage à l'intérieur même d'un corps humain (Joe Dante) sont autant de figures réjouissantes de pouvoirs inédits conférés par les machines.

Inquiétantes mutations

Et pourtant, la liesse ne va jamais de soi. Très tôt le cinéma interroge la mécanisation et l'industrialisation de nos sociétés. À force d'automatisation normalisée, l'aliénation (Les Temps modernes de Chaplin) et la barbarie (Metropolis de Fritz Lang) nous guettent. Ces intelligences artificielles conçues pour notre confort et bien-être se rebellent (I, Robot), tentent de nous détruire (Terminator), de nous exploiter comme simple matière première (Matrix).

Les limites de l'organique et du machinique se brouillent, l'ordinateur Hal est plus fin que ses maîtres (2001 : l'odyssée de l'espace), l'enfant robot plus sensible que les humains lyncheurs (A.I. Intelligence artificielle de Spielberg). On a beau composer son code confidentiel à l'abri des regards indiscrets, il y a toujours des machines pour collecter, traiter, voire prédire nos données (Minority Report) dans un monde "algo-rythmé".

L'homme est-il réductible à une corrélation de calculs automatiques ? Comment garder la tête froide à l'heure du règne des profils numériques, comment réintroduire une pensée du vivant et de l'expérience sensible ?Par-delà les mutations de la machine, les images nous renvoient la vision que nous avons de notre propre humanité. Elles oscillent constamment entre le ravissement, l'amusement (qui ne s'est pas délecté devant les inventions cocasses et facétieuses de Wallace et Gromit ?) et la perspective glaçante d'un avenir rendu apocalyptique par l'emprise des machines.

À croire que même lorsqu'elle est abordée d'un point de vue critique, la machine se pare d'une aura qui nous méduse. On est conquis aussi bien par la précision de la mécanique parfaitement huilée que par son dérèglement, paradoxe que le cinéma de genre (burlesque, SF) porte à son apogée.

Après tout, à travers une décapante critique sociale et politique, Charlie Chaplin réussit aussi une magnifique chorégraphie où son corps épouse avec une grâce infinie les rouages de la machine (Les Temps modernes).

La programmation de Un monde de machines a été élaborée par Zeynep Jouvenaux.
Adresse : Forum des Halles / 2, rue du Cinéma / 75045 Paris Cedex 01
Accéder au "Forum des images" (programme complet et réservations)

La soirée d'ouverture

Projection présentée par Ariel Kyrou, parrain du cycle, et Laurence Herszberg, directrice générale du Forum des images, en présence de Marc Caro.

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ASTROBOY A ROBOLAND (France)
de Marc Caro
France / doc. vostf 2008 coul. 52min (vidéo)
Créé par le “dieu du manga” Osamu Tezuka en 1952, Astro Boy, le petit robot, continue d’inspirer les créateurs japonais qui à leur tour façonnent nos imaginaires en matière de cyberfiction. Un documentaire instructif et ludique où l’on se demande si “le robot est un humain comme les autres”. (Ariel Kyrou)
Précédé de publicités d’électroménager insolites, de courts métrages, dessins animés, etc.
En partenariat avec La Maison de la Pub
mercredi 2 mars à 20h00