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Interview Robert Carlyle - Stargate Universe: Season 1

18.10.2010

Robert Carlyle - Interview Robert Carlyle - Stargate Universe: Season 1
Robert Carlyle

Robert Carlyle interprète le Docteur Nicholas Rush dans STARGATE : UNIVERSE (2009).

Vous vous êtes vraiment attelé au projet ?

Oui. D'abord, l'emploi du temps dans une série télé et dans un film, ça n'a rien à voir. Sur un film, vous tournez peut-être trois ou quatre scènes par jour, et encore... A la télévision, vous tournez 10, 12 14 scènes. On peut penser que c'est beaucoup, mais pas pour moi. Je préfère ça. Parce que quand je suis là, je suis là toute la journée, je travaille toute la journée. Et j'adore ça, avoir eu une journée bien remplie. Sur un film, je vais vous dire, et particulièrement sur les films à gros budget, ils passent quatre heures à régler la mulière. Et ça ne me convient pas. On peut faire une prise et attendre encore trois ou quatre heures. Au bout d'un moment, ça m'a vraiment gonflé. Vraiment. J'en étais au point où ça m'était devenu insupportable. C'est pour ça que je me suis éloigné des films à gros budget. Je me suis focalisé sur les petits budgets et j'aime bien cet univers. Eux aussi savent tirer parti d'une journée de travail.

Parlez-nous de votre personnage, je ne crois pas que le Dr Rush soit un homme si mauvais que ça.

C'est exactement comme ça que je vois les choses. C'est exactement ça. Il ne l'est pas vraiment, et ça se voit. Si on considère les choses qu'il a faites, on se demande, wow, qui est ce type ? Mais Rush est un homme pragmatique. Il agit pour la bonne cause. Et la bonne cause pour lui, c'est la mission, c'est de faire avancer la mission et aussi, pour lui, d'aller dans l'espace et à travers l'univers pour en ramener tous les secrets sur Terre un jour. Il n'y a pas de meilleure trace à leisser derrière soi. Il n'est pas exactement un martyr. Son nom sera peut-être mentionné dans des rapports et c'est tout ce qui lui reste. Il ne lui reste rien sur Terre. Sa femme est partie. Tout a disparu. C'est tout ce qu'il a. Le vaisseau, comme une maîtresse.

Il s'agit d'une variation sur le thème du survivant. Des gens essaient de rentrer chez eux, mais Rush n'a pas de "chez lui". Quels sont les enjeux pour lui ?

Je ne sais pas. C'est juste que l'idée de rentrer à la maison, est une idée basique à laquelle on peut tous s'identifier. Même s'il ne s'agit que de rentrer à la maison après le travail, c'est quelque chose que tout le monde reconnaît. Le désir de rentrer chez soi, comme quand on traverse l'océan en avion ou quelque chose comme ça. Nous savons tous ce que cela signifie. Nous savons ce que rentrer à la maison veut dire et nous connaissons les sentiments liés à ce désir. Et puis vous tombez sur quelqu'un qui ne veut pas rentrer. C'est curieux. Ce n'est pas ce que ressentent les gens habituellement. En particulier quand on est responsable d'un vaisseau, une vieille poubelle volante complètement rouillée. C'est ce qui m'a plu dans ce personnage. Le type qui ne veut pas rentrer. Essayer de s'en sortir et de s'entendre avec les autres. Et finalement, il ne joue pas selon les règles du jeu.

De quelle manière vous investissez-vous dans cet environnement à la Jules Verne pour le rendre réaliste pour le public et pour vous même ?

C'est intéressant parce que le travail d'un acteur est de se servir de son imagination. Ca s'arrête à ça. Mais avec cette série, ça va plus loin. Le travail est forcément plus intense. Et inattendu. Je ne m'attendais pas à ça, j'aurais eu tendance à penser que c'était une série légère et que je n'avais pas à m'en faire. Mais ça va bien plus loin que ça. Si je dois expliquer des trucs à propos de trous de vers, de portes de étoiles, et ce genre de trucs, il faut que sache de quoi je parle. C'est le genre de chose auquel on doit faire face tous les jours. Le materiel est très riche, très dense avec un vocabulaire de science-fiction très spécifique. Et ça ne sert à rien de débiter ce genre de réplique sans savoir de quoi on parle. C'est comme du Shakespeare, c'est exactement comme du Shakespeare, en fait. Si vous comprenez ce que vous dîtes, il y a de fortes chances que le public vous comprenne aussi. Si ce n'est pas le cas, laissez tombez, ils changeront de chaîne.

On s'identifie à cet homme. Vous sentez-vous héroïque, dans un autre contexte ?

Je n'en sais rien du tout, vraiment. C'est une question intéressante. Je ne peux pas me prononcer là-dessus, vraiment je ne peux pas. Je peux juste espérer que c'est le cas et que les gens apprécient ce que je fais. Je pense que de nos jours, il s'agit surtout de longévité. Je suis là depuis presque trente ans et je pense que les gens ont compris que, bon, ok, je ne vais aller nulle part ailleurs. Je suis là. Mais je suppose que j'ai fait pas mal de choses, qui peut-être auront pu toucher les gens. Qu'il s'agisse de The Full Monty ou Trainspotting, ou autre chose. Ces films ont touché les gens et c'est ce que je recherche. Si l'héroïsme dont vous parlez peut me concerner, alors c'est exactement comme pour ce type. Il est la quintessance de l'antihéros. Et sa lutte me touche, et j'espère qu'elle touche le public aussi.

Qu'est-ce qui rend cette série si incroyable visuellement et qu'est-ce qui donne envie au public d'y investir du temps ?

Vous faisiez allusion tout à l'heure à la différence entre cette série et les autres séries du même genre, et je dirais qu'ici il s'agit d'une série basée sur les personnages. Bien-sûr, il y a encore des extraterrestres et des batailles et ce genre de choses. Mais bien moins que dans SG1 et Atlantis et ce genre de série. Ici, les personnages sont plus fouillés, les individus sont au centre. Et je pense que le public s'intéressera aux personnages s'ils y trouvent une âme. Cela touchera sans doute un public plus jeune. Et c'est fantastique et il y aura toujours de la place pour ça. Et un autre type de public nous a rejoint, particulièrement en Europe où le public recherche quelque chose de plus cérébral. Il y a tout ça dans Universe.