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Le Hobbit : Peter Jackson parle du format HFR 3D

2012-11-26

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3 questions à Peter Jackson sur le format HFR 3D

Pourquoi avez-vous utilisé le format High Frame Rate (HFR) pour tourner la trilogie du Hobbit ?

Nous vivons à l’ère numérique et les progrès sont rapides. De nouvelles technologies apparaissent constamment pour rehausser et enrichir l’expérience cinéma. Tourner un long-métrage grand public au format HFR n’est possible que depuis un an ou deux, alors même que nous vivons à une époque où le divertissement se vit de plus en plus à la maison. Si j’ai commencé à tourner cette trilogie en HFR, c’est que je voulais que les spectateurs redécouvrent à quel point un film peut être immersif quand on le voit en salle.

Pouvez-vous retracer l’historique des vitesses de projection et pourquoi pensez-vous que le temps est venu de les augmenter dans les salles ?

À l’époque du muet, on tournait avec des caméras à manivelle, pour un rythme allant de 16 à 18 images par seconde (frames per second, ou fps). Quand le son est apparu, en 1927, il a fallu que l’industrie convienne d’une vitesse constante pour les caméras à moteur. La pellicule 35 mm était très chère : il fallait donc que cette fréquence soit la plus basse possible. Or les premières bandes-son optiques exigeaient un minimum de vitesse pour obtenir une bonne restitution. On a donc opté pour 24 images par seconde, ce qui est devenu la norme de l’industrie pendant 80 ans. Les cinémas du monde entier se sont dotés de projecteurs mécaniques pouvant projeter 24 images par seconde. Mais cette vitesse de 24 fps, qui reposait sur un choix commercial — une qualité de base au plus bas coût — entraîne une série d’artefacts visuels : effet stroboscopique, scintillement et flou cinétique.

À l’ère du numérique, il n’y a plus aucune raison de s’en tenir au 24 fps. La solution de 1927 n’était qu’un compromis. La science nous apprend que l’œil humain peut distinguer jusqu’à 55 images à la seconde environ. Tourner à 48 fps crée donc un rendu beaucoup plus fidèle à la réalité. En réduisant le flou cinétique de chaque image, on améliore la netteté, ce qui donne l’impression d’un film tourné en 65 mm ou en IMAX. L’un des principaux avantages, c’est que votre œil voit deux fois plus d’images à la seconde et que vous êtes remarquablement plongé dans l’action. L’expérience de la 3D devient nettement plus plaisante et vos yeux se fatiguent beaucoup moins. Car si la 3D est désagréable pour certains spectateurs, c’est dû en grande partie au fait que chaque œil doit absorber une quantité d’effets stroboscopiques, de flou et de scintillement. Tout ceci est pratiquement éliminé avec le HFR 3D.

Quel souvenir gardez-vous de ce tournage avec la technologie HFR ?

Je trouve ce format formidable. En tant que réalisateur, mon but est de plonger le spectateur dans mes films. Je veux que le public décolle de son siège et se retrouve propulsé au cœur de l’aventure. C’est ce type d’expérience que j’espère pouvoir offrir aux cinéphiles, quel que soit le format qu’ils choisiront dans leur salle. Et même si, personnellement, je préfère voir Le Hobbit : un voyage inattendu en HFR 3D, je peux vous assurer que tous les formats vous fourniront une expérience incroyable en vous plongeant au cœur de l’action.

Le format HFR 3D est « différent » : l’effet ne ressemble pas à ce qu’on a l’habitude de voir, tout comme les premiers CD présentaient un son très différent du vinyle. Nous vivons à une époque où le septième art est en concurrence avec l’iPad et le home cinéma. Je pense qu’il est essentiel que les réalisateurs se servent des technologies actuelles pour améliorer le caractère spectaculaire et immersif que l’on attend de leurs films. C’est vraiment le moment ou jamais de retrouver le chemin des salles obscures.