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King Kong contre Godzilla

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King Kong contre Godzilla

(Kingu Kongu tai Gojira)
2.0 étoiles

Un film réalisé par Ishirô Honda
1962 - 82 minutes - Couleur - Stéréo - 2.35
Voir toutes les productions et sorties japonaises (Japon)

Le zoom

King Kong version pays du soleil levant! - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

King Kong version pays du soleil levant!

Affiche française du film King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

L'histoire

Un sous-marin heurte un iceberg dont était prisonnier Godzilla. Libéré, le monstre se dirige vers l'île japonaise Hokkaido et provoque d'importants dégâts. L'armée, impuissante à arrêter la créature préhistorique, songe à recourir à la bombe nucléaire. M. Tako, le riche dirigeant d'une firme pharmaceutique et directeur de la télévision met sur pied une expédition pour l'île de Faro afin de capturer une créature géante que vénèrent les autochtones. Les deux explorateurs, Sakurai et Furue, assistent à l'attaque du village par un poulpe gigantesque qui est mis en fuite par un singe géant : King Kong !

King Kong est capturé mais sur le chemin du retour vers le japon, le singe s'échappe. Poussé par l'instinct, King Kong part sur les traces de son ennemi héréditaire, Godzilla. La confrontation entre les deux géants s'engage...

King Kong s'échappe - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

King Kong s'échappe

Le petit mot du Doc

Si KING KONG CONTRE GODZILLA est japonais, la genèse du film remonte à 1928 sur la côte ouest des Etats-Unis. Trois ans après le succès du film LE MONDE PERDU (1925), Willis O'Brien - le génie qui a inventé l'animation image par image de dinosaures et qui sera plus tard l'animateur de KING KONG (1933) - se lance dans un nouveau projet, une nouvelle adaptation de "Frankenstein", l'œuvre littéraire de Mary Shelley mise en images pour la première fois en 1910 par J. Searle Dawley dans une bande de 16 minutes. Proposé à la First National Pictures qui vient de produire LE MONDE PERDU, le projet capote suite au rachat de l'association par Warner Bros. Au début des années soixante, Willis O'Brien qui, depuis, et malgré le succès planétaire de KING KONG, enchaîne les déconvenues, déterre son idée d'adaptation de "Frankenstein" pour associer le monstre au gorille géant. Comme son nom l'indique "King Kong contre Frankenstein" va voir s'affronter les deux monstres : le premier ramené de l'île du crâne pour l'exhiber au public, le deuxième - une créature construite de toute pièce par le petit fils du Baron Frankenstein et haute de 15 mètres (il faut à Kong un adversaire à sa taille !) - capturée en Afrique. Afin de tenter de récupérer les droits de King Kong, Willis O'Brien confie son projet et ses esquisses à la RKO. Ceux-ci se retrouvent alors dans l'escarcelle du producteur Joe Beck. Peu scrupuleux, Beck fait réécrire l'histoire par la scénariste George Worthing Yates (LES SOUCOUPES VOLANTES ATTAQUENT - 1956, DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE - 1954) pour l'intituler "King Kong contre Prometheus" et tente de la vendre non seulement aux Etats-Unis mais aussi au Japon. C'est par la presse que Willis O'Brien apprendra plus tard que Joe Beck prépare à Tokyo un certain KING KONG CONTRE GODZILLA. Faute de moyens, les poursuites judiciaires de l'animateur n'iront pas à leur terme. Durant sa vie, Willis O'Brien aura été bien malmené.

Combat de titans - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

Combat de titans

Les dirigeants de la Toho adoptent donc le projet et remplacent ce "Prometheus" par leur champion local : Godzilla. Et pour assurer la réussite de cette production, la mise en scène est confiée à leur réalisateur vedette et spécialiste du genre, Ishirô Honda à qui l'on doit le premier GODZILLA en 1954… lui-même inspiré par KING KONG.

Le film débute là où s'était achevé LE RETOUR DE GODZILLA (1955), la seconde aventure du lézard atomique. Godzilla avait été congelé sous une avalanche de neige. Maintenant à la dérive et prisonnier d'un iceberg, c'est au passage d'un sous-marin intrigué par la radioactivité inhabituelle du bloc de glace que le monstre sort de l'hibernation. Celui-ci file vers l'île japonaise d'Hokkaido qu'il met à sac malgré l'intervention musclée de l'armée. Parallèlement, une expédition est commanditée par un groupe pharmaceutique sur l'île de Faro. Celle-ci fait la découverte de King Kong, un singe géant vénéré par les indigènes locaux. Endormi par d'étranges baies rouges, Kong est ramené au Japon, ligoté sur un radeau et tracté par le navire de l'expédition. Mais lorsque Kong s'éveille et se libère, il file à son tour vers le Japon. On se doute de la suite, comme l'indique le titre du film les monstres s'affronteront une première fois dès la 45ème minute.

C'est la première fois que King Kong et Godzilla sont filmés en couleur, bénéficiant du procédé Eastmancolor. Ishirô Honda fera aussi emploi de la dernière technologie du moment, le Tohoscope, un système anamorphique développé par le studio à la fin des années 50 et utilisé pour la première fois en couleur pour le film PRISONNIÈRES DES MARTIENS en 1957, également d'Ishirô Honda. Plusieurs stock-shots de ce film seront d'ailleurs réutilisés ici. C'est aussi la première tentative du studio de faire s'affronter deux monstres. L'expérience aura été concluante puisque les japonais nous resserviront le principe plus que de raison.

Eric Carter, en direct de New York - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

Eric Carter, en direct de New York

Si le réalisateur a tout d'abord envisagé animer Kong en stop motion comme l'avait fait à l'origine Willis O'Brien, le budget resserré l'en a dissuadé. D'autant que la Toho dut verser quelques 200.000 dollars pour obtenir les droits d'utilisation du singe géant. Comme à l'accoutumée, un acteur en costume de latex figurera Godzilla. Le même traitement sera infligé à King Kong. En ce qui concerne le monstre américain ce sera une première. Force est de constater que celui ci n'a rien à voir avec le monstre d'O'Brien. C'est moche, son pelage fait pitié et son visage qui semble parfois fait de papier mâché semble affublé d'une gueule aplatie qui rappelle le bec d'un canard ! Sans y voir la moindre cause à effet, notons que l'animateur de King Kong, spolié de son projet, décédera trois mois après la sortie japonaise du film. Un film qui cependant se fend d'un sympathique clin d'oeil à l'œuvre originale lorsque King Kong, une belle jeune femme dans la main, grimpe au sommet d'un bâtiment aux formes de l'empire state building… mais pas plus haut que lui ! Autre rappel à l'œuvre originale, lorsque King Kong fait dérailler une rame de métro.

Côté effets spéciaux, rien de spectaculaire. Quatre véritables pieuvres ont été utilisées pour simuler l'attaque du village que Kong va défendre : l'une d'elle finira d'ailleurs dans l'assiette du directeur des effets spéciaux, Eiji Tsuburaya, une fois les prises de vue terminées. Et puis on appréciera à sa juste valeur les maquettes de chars d'assaut, d'hélicoptères et autres navires façon LES SENTINELLES DE L'AIR (1965).

Transport à haut risque - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

Transport à haut risque

Fidèle à leur inébranlable besoin d'adaptation pour le continent, et comme ils l'ont fait pour GODZILLA avec GODZILLA, LE ROI DES MONSTRES (1956), les américains proposeront un nouveau montage du film consistant majoritairement en quelques inserts statiques. Dans cette version américaine, le film débute avec des images des Nations-Unies où le reporter Eric Carter, en direct de New York, est supposé tenir le spectateur au courant des opérations en cours. Appuyé par les allégations de quelques scientifiques (dont le conservateur du muséum d'histoires naturelles de New York qui nous apprend que Godzilla est un croisement de Dinosaurus Rex et de Spigosaurus !), il tente d'expliquer le pourquoi de toutes choses : qui est Godzilla, d'où il vient, comment en venir à bout. Ce suivi de la crise depuis un bureau de l'ONU (et faisant intervenir des agences du japon via une station spatiale empruntée au film PRISONNIÈRES DES MARTIENS) n'apporte rien à l'histoire. C'est pourtant ce montage qui sera projeté dans les salles françaises.

Avec Tako (qui veut dire pieuvre en japonais), le magnat de l'industrie pharmaceutique, Ishirô Honda introduit une note humoristique à son film. Le personnage peu téméraire mais volontaire en a marre que l'on n'entende parler que de Godzilla et VEUT son propre monstre ! La rencontre avec les indigènes rejouant celle de Carl Denham et de son groupe avec le peuple de l'île au crâne, se veut également (à demi-mot) humoristique. Lorsqu'on échange des cigarettes, on en donne même aux enfants ! Et puis la démangeaison d'employer l'arme atomique est permanente. Pratiquement tout le monde reste persuadé qu'il s'agit de la seule solution possible pour se débarrasser de Godzilla, preuve que le Japon n'a pas encore fait son deuil d'Hiroshima et de Nagasaki.

Godzilla le ravageur - King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira)

Godzilla le ravageur

KING KONG CONTRE GODZILLA a été l'un des plus gros succès du box office, rassemblant 11 millions de spectateurs pour le seul Japon. Godzilla poursuivra une longue carrière sur le grand écran et King Kong fera une nouvelle (et dernière) apparition japonisante dans KING KONG S'EST ÉCHAPPÉ cinq ans plus tard. Enfin, et pour finir, notons la citation d'introduction au film "Il y a plus de choses au ciel et sur la Terre, Horatio, que votre philosophie peut imaginer" (en version française dans le texte), réplique empruntée au Hamlet de Shakespeare : "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie".

07 février 2015