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(Sunshine)
Un film réalisé par Danny Boyle
2007 - 107 minutes - Couleur - Dolby Digital - 2.35

Nombre de critiques : 9
Total des points : 126
Moyenne obtenue : 14.00/20
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01 décembre 2011
J'ai trouvé personnellement l'idée de ce film particulièrement bonne et sans aller au delà de ce qui a été dit très justement dans les critiques précédantes, je noterai que Danny Boyle a rendu une copie propre de cette histoire. L'idée du soleil qui s'éteint et d'un groupe d'astronautes qui cherche à libérer une bombe pour essayer de lui donner une seconde jeunesse fallait la développer. Ce scénario excellent et ses bons acteurs donnent de la tenue à cette fable distrayante.
26 octobre 2011
Le soleil s'étéint, il faut sauver la vie sur terre, un seul moyen. Un vaisseau spatial habité équipé d'une bombe nucléaire de la taille de Manhattan est envoyé afin de faire exploser la méga-bombe sur la surface du soleil mourant... partant de cette idée qui me semblait vouloir justifier la présence d'armements atomiques sur notre petite planète perdue quelque part dans cet immense univers, je n'avais pas envie de voir ce film. Mais bon, je suis fan de science-fiction et la curiosité un jour vainquit.
J'ai été agréablement surpris.
L'esthétique du film est très réussie, la bande son et deux ou trois scènes valent à elles seules le visionnage. Mon moment préféré, et de loin: le passage de Mercure devant le soleil.
J'aurais aimé un film avec moins de morts et moins de scènes d'action mais bon, faut vendre.
Le dernier obstacle à surmonter pour accomplir la mission est à ch**r, ce besoin de finir avec un crescendo de violence et de la baston à gogo rabaisse la fin de ce film au rang de film d'action bidon.
Mais rien que pour tout le reste ça vaut la peine.
Je situerais SUNSHINE quelque part entre ALIEN et 2001. Je recommande la version V.O. le doublage est nul, comme toujours.
Une des choses qui n'est expliquée dans aucun film de vaisseaux spatiaux est comment on crée l'élément gravité, et c'est un détail insignifiant mais qui est gonflant. Je crois que le seul à tenir en compte cet élément est "2001..."
17 mars 2009 --- Attention spoiler ---
Bonjour, Je mets 18/20 et je trouve que c'est une juste notation pour un film original et aux décors magnifiques. Le seul moment que je n'ai pas apprécié est le massacre de l'équipage (en partie) par le "cinquième membre d'équipage"... Ca ressemblait plus à un passage de film d'horreur surtout quand la biologiste asiatique se fait empaler par derrière... Bref, mis à part ces passages, le reste est du pain béni.
J'ai ressenti plusieurs choses que peut-être vous autres avez ressenti.
J'ai l'impression qu'il s'agit du thème de la Science. Oui cette Science qui nous permet de nous chauffer, de progresser (le progrès), de nous moderniser, et de survivre d'une certaine façon.
J'ai l'impression que c'est le combat des modernes (les scientifiques) contre les obscurantistes (devinez qui est-ce dans le film et dans la réalité) qui tentent de saboter à tout prix le progrès. Ca c'est l'analyse politique voire géopolitique (sans rentrer dans les détails).
Le Soleil c'est la quête de la vérité. Le Soleil est inaccessible, tout comme Icare s'est brûlé les ailes et à péri... C'est la symbolique du film à travers le Soleil.
L'espace c'est l'obscurantisme ambiant qui est tellement présent mais si dénué d'âme.
Et mon passage préféré est quand les 3 membres d'équipage bloqués sur Icarus I doivent faire 50 ou 100 mètres dans l'espace pour rejoindre Icarus II et sans combinaison spatiale (sauf pour Capa qui est le protégé de Dieu, ou Jésus si vous voulez...)
D'ailleurs à propos de Capa. Dans la scène ou il transmet un dernier message à sa famille (avec l'écran vert derrière). A un moment donné il lève les bras, et cela me fait penser à un tableau ou on voit Jésus lever les bras avec une auréole dorée qui plane au dessus de sa tête. En plus il a les cheveux longs :-)
Voila c'est tout. Je ne suis qu'un amateur de Sci-Fi mais j'ai adoré ce film.
Et je pense savoir ce que vois Keneda (le commandant, japonais) lorsqu'il se fait ignifuger à l'extérieur du vaisseau dans sa combinaison spatiale: il a vu la vérité. Capa la verra aussi au dernier moment du film quand il touche la "bombe stellaire" avant qu'elle explose. "La vérité est la même pour tous". Les obscurantiste sont des imbéciles.
21 juillet 2008
Fabuleux!!!! Du scénario aux décors, en passant par les acteurs, un film totalement réussi. A voir absolument pour les amateurs de science fiction et de voyages spatiaux!!
14 juillet 2008
Le film est excellent sous deux point. Le 1er l'esthétique du film alternant lumière éblouissante liée au soleil et noirceur du vaisseau, le jeu d'image et de lumière est magnifique. Et 2ème point un scénario sur une mission de sauvetage comme tant d'autre mais où l'intérêt réside non pas dans la mission mais dans l'aspect psychologique des personnages joués par des acteurs saisissant. Un huit clos original bourré de clins d'oeil au classique du genre en offrant son propre style. A ne pas rater.
04 novembre 2007
Ah enfin un film de SF à ce mettre sous la dent, m'étais-je dit. Un film de SF avec des vaisseaux spatiaux et tout et tout. Dans ces cas là je suis toujours près à excuser les invraisemblances, minorer les grossières entorses à la science et la fâdesse des acteurs, pour peu qu'on puisse enfin se reconnecter sur la beauté de l'univers. Cet ailleurs autant énigmatique qu'attirant, et pourtant si peu accueillant pour l'homme.
Bravo pour l'excellente analyse de Kitsune, je partage avec lui certaines déceptions comme le fait que systématiquement pour vendre de nos jours on soit obligé de cibler la tranche ado, et donc mettre en scène uniquement des acteurs super jeunes pour favoriser les identifications. Le résultat c'est bien sur des centaines de "ouais super génial ce film, j'ai jamais rien vu d'aussi beau 20/20".
Non, nous (amateur de "hard-science") on regrette. D'abord les astronautes sont des individus extrêmement expérimentés. Souvent proches de la quarantaine, et souvent d'anciens pilotes, plusieurs missions à la actif. Etc.. Ce sont des durs. Comme John Boon le héro mythique de Mars la rouge, super astronaute méga irradié par trop de sortie dans l'espace.
Ouala, bon alors je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec Sunshine, sinon que ça faisait un peu BD avec un thème pareil. Au visionnage on a en effet un peu l'impression de mollesse mais il est indéniable que l'ambiance fait l'objet d'un certain travail, on sent qu'il y a une sorte de constance dans l'esthétique du film et dans l'ambiance générale. On constate des effets de post prod, genre image subliminales de l'équipage massacré au moment de rentrer dans le vaisseau fantôme, ou des effets de caméra à la fin, tout reste assez suggéré.
D'ailleurs l'idée du vaisseau fantôme, l'intrigue qui s'y développe et de prime abord tout à fait intéressante même si très classique. C'est d'ailleurs à ce moment là qu'on plonge dans l'épouvante, et ce n'est pas le premier film à tenter de marier les genres. Event Horizon étant la référence radicale dans le genre.
Un film sans héro ? A part Capa, et encore, il s'agit d'une équipe, et l'histoire semble évoluer sans se focaliser trop sur un seul membre.
Perso dès le début j'ai été un peu dérouté car on est pas dans un film arrivant vraiment à convaincre sur l'aspect réel de la mission, cad on ne ressent pas assez le coté implacable de l'espace, même si certaines scènes sont sans équivoques (sortie dans l'espace sans scaphandre, oops ça ne pardonne pas). La réalité de la terre privée de soleil est volontairement gommée pour ne réapparaître que succinctement à la fin (plus un clin d'oeil).
Ensuite on essaye d'apprécier le style du film qui gagne en mystère voire en poésie ce qu'il perd en réalisme. Enfin on est surpris, ou déçu, par la résolution de l'énigme. Pour ma part je regrette qu'on soit revenu à des affaires humaines. J'aurais bien vu quelques petits aliens pour corser le tout. Car le soleil n'a pas prévu de s'éteindre avant un sacré bout de temps, et il devrait muter en géante rouge. Donc il aurait fallut une cause bien réelle.
La fin est un peu frustrante mais c'est l'optique du réalisateur de laisser à l'imagination du spectateur un certain nombre d'aspects. Ça en fait un film un peu édulcoré. Je dirais en conclusion c'est un film édulcoré mais parfois poétique et avec une certaine recherche, non sans efficacité mais néanmoins emmitouflé dans une torpeur hypnotique comme le font parfois (et avec beaucoupp plus de brio) les japonais (cf.Kurosawa avec Cure).
17 septembre 2007
J ai vu ce film hier après avoir entendu plusieurs critiques cinglantes et n'avoir vu aucune bande annonce. Et je dois dire que j'ai été plutôt agréablement surpris. Danny Boyle a du talent c'est un fait c'est un touche à tout de génie, mais malheureusement à trop explorer les genres on les mélange et la sauce ne prend pas vraiment. Je rejoindrai Kitsune qui cite Event Horizon qui lui aussi est un exemple de mélange de genre raté.
Ce film ne fait donc pas dans l'élitisme ou l'extrême. Point de réalisme outrancier (pouvant nuire au film) ou de profonde plongée initiatique, ici tout a sa place le thriller, la science fiction, le questionnement philosophique, le coté blockbuster... mais en plus nuancé. On se retrouve donc avec un film a plusieurs facettes et c'est ce qui déstabilise le plus car le film en devient schizophrène. Il alterne séquences oniriques, puissantes émotionnellement, et mystiques (mais bon c'est pas du Kubrick quand même ^^ )(la scène du : "qu'est ce que tu vois ?", le largage du cube, mercure, le rêve ) avec des séquences beaucoup plus convenues (le commandant ica1 -_-).
Contrairement a Kitsune je ne pense pas que Danny Boyle soit passé au travers des scènes rapprochant Sunshine d'Alien, ces scènes et ce thème ne correspondent pas du tout avec le reste et auraient du être supprimés pour laisser pleinement s'exprimer le personnage central, la véritable puissance de ce film : Le Soleil. Je ne parlerai donc pas ici des passages du films qui n'ont plus rien a voir avec la science fiction mais à un autre genre qui atténue complètement le charme du film.
Mais du charme ce film en est bourré. C'est une véritable ode au soleil, à sa divinité, à sa toute puissance... et ceci est superbement mis en image.Grace a cette vision alliée à un thème sonore magnifique (BO composé par 2 membres de underworld) certaines scènes font mouche.
Les personnages campés par de bons acteurs (mention spéciale pour Cillian Murphy, le physicien) ne sont peut être pas originaux et très fouillés mais on s'accroche a cette histoire, leur histoire, remplie de peurs, de fascination, de combats, de doutes et de sacrifices ; Même si pour cela, il faudra faire l'impasse sur certaines parties du scénario ne tenant pas trop la route.
C'est vrai que certains éléments du film n'atteignent pas la quintessence de ce qu'il aurait pu être. Par exemple le vaisseaux malgré des décors réussis et une voix tout en retenue n'arrive pas a la cheville de celui de 2001 loin de là... mais c'est tout le problème du film !! Qui dévoile lors de certaine scène le film qu'il aurait pu être. D'ailleurs un détail il n y a aucun black dans l'équipe mais plutôt un équilibre entre asiatique et "européen" et on sent une LEGERE tendance asiatique dans tout le matériel. Cela signifierait-t-il pour le scénariste que l'Asie se développera au contraire de l'Afrique ??
En résumé un bon film de science fiction ce qui est plutôt rare de nos jours. Mais malheureusement un potentiel gâché, certains éléments venant gâcher le film et d'autres n'ayant pas été suffisamment raffinés. Quel film cela aurait pu être !!!
13 mai 2007
Je viens tout juste de voire ce film au ciné (il y a à peine une petite 1/2 heure), et je dois dire que je suis un peu déçu car je m'attendais à autre chose.
Techniquement c'est un bon film: le scénario tient la route si on ne tient pas compte de certains détails comme cette histoire de bombe nucléaire devant redonner un nouveau souffle au Soleil... A mon avis les scénaristes de ce film n'y connaissent rien en astrophysique, sachant qu'une étoile carbure à l'hydrogène, et que c'est par la fusion des atomes d'hydrogène entre eux soumis à une gravité astronomique que se créent les réactions nucléaires et le dégagement de chaleur propre à un soleil comme le notre. Il fallait que ce soit dit pour qu'on arrête de nous prendre pour des idiots...
Comme je disais, le film n'est pas mauvais techniquement, mais malheureusement on a déjà vu plusieurs fois le concept. C'est la même chose que "Fusion the core", "Apollo XIII", ou "Planète rouge". On a un équipage qui part accomplir une mission périlleuse dans un environnement aussi envoûtant que dangereux où la moindre faute peut mettre leur vie en péril et compromettre une mission de la plus haute importance. On fait toujours intervenir les mêmes concepts: le sacrifice d'un seul pour sauver tous les autres, la "superbravoure" face à la mort, l'extrême résistance à la douleur etc. Je m'attendait à de l'aventure, je pensait en apprendre plus sur notre astre chaud ou même partir vers l'inconnu mais je suis resté sur ma faim...
D'autant que j'ai été séduit par le titre du film par rapport à l'histoire annoncée: "Sunshine", pas mal!C'est comme si on avait retitré des films comme "Twister" par "Alizés", ou bien "Baxter" et "Cujo" par "Puppy" ou "Toutou" :p
Bref je reste déçu. Les filles ou tous ceux qui ne sont pas forcément fan de SF risquent de s'ennuyer.Dommage, je mets 10, pas plus, pas moins.
13 avril 2007 --- Attention spoiler ---
Sunshine: l'éclipse d'un cinéasteIl est toujours délicat de rédiger la critique d'un film quand on est fan d'un genre cinématographique. Le plus dur étant de ne pas tomber lors du visionnage dans l'analyse systématique de chaque plan. Surtout d'échapper à la comparaison à d'autres films, d'y deviner les clins-d'oeil du réalisateur, de juger la crédibilités scientifique (si le propos du film en dépend), ou des effets spéciaux...? Pourtant certains films arrivent à supplanter ce mauvais reflex du spectateur féru de SF. Souvent d'ailleurs ce n'est pas par les effets spéciaux ou l'argument scientifique. C'est avant tout par la mise en scène, les décors, le casting, le jeu des acteurs et l'histoire ?
Sunshine est un énième film sur le devenir catastrophique de l'humanité dont le sort est entre les mains d'une poignée de héros. Il s'agit là d'un cadre qui n'est en rien un obstacle à la réussite d'un bon film. Reste le talent du réalisateur et de toute l'équipe du film. Avec "28 jours" Danny Boyle réalisait un film qui dès les premières minutes nous arrachait à nos références de cinéphiles. Cela ne tenait pas particulièrement à une mise en scène révolutionnaire mais plutôt à une ambiance que le cinéaste avait su nous imposer avec brio. Dès lors les personnages pouvaient évoluer sans risque de dénaturer la tension du film. Comme Spielberg jadis avec "E.T." Danny Boyle filmait son histoire à la manière d'un genre plus proche du documentaire ou de la comédie dramatique. Le fantastique en était renforcé.
Dans Sunshine ce contraste entre la manière et le résultat est quasi-inexistant. Les décors sont volontairement inhabituels à un point que l'on est quelque peu désorienté. Dans le Solaris de Sodergerg les décors avait aussi fait l'objet d'une réflexion importante. Tout cinéaste dont la SF n'est pas une vocation première affichée, a une approche originale et personnelle. Soderberg a certainement réussi en parti son pari en gardant une majorité des codes graphiques du film SF afin de mieux en faire ressortir son travail de mise en scène et de directeur d'acteur.
Dans Sunshine les décors intérieurs du vaisseau IcarusII rappellent parfois des salon de thé à la japonaise (le Japon est d'ailleurs très présent. Le commandant est joué par l'acteur japonais Hiroyuki Sanada, on y mange le repas avec des baguettes...) ou bien à des intérieurs plutôt design 90'. Le contraste avec l'aspect extérieurs du vaisseau rends le tout presque incohérent. Ce vaisseau se devait d'être le 9ème acteur du film. C'est disons presque un exercice imposé. Le premier film qui intégrait avec maestria le vaisseau spatial comme élément aussi important que les personnages centraux fut " 2001 l'odyssée de l'espace". Puis influencé par la "crassure" des vaisseaux dans "Star wars" mais aussi sous l'effet hypnotique et sombre de Gigger ce fut à Ridley Scott de franchir un autre niveau dans ce partage des rôles entre décor et personnages. Depuis il n'y eu que très peu de nouveauté. Certainement pas d'ailleurs d'un film dont le thème principal aurait dû faire franchir une nouvelle étape dans ce domaine. Je parle bien sûr de Event Horizon. A force de vouloir rendre le vaisseau inquiétant (salle au design gothique, matrice aux allures de salle de tortures médiévale...), l'intrigue et le suspense tombait à plat.
Dans Sunshine il y a bien entendu des éléments de décors qui tentent d'apporter au récit une certaine poésie voir des éléments qui touchent au métaphysique. La salle d'observation du soleil en fait partie. Seulement, comme ce fut le cas avec Paul Anderson et son Event Horizon, c'est trop évident. De plus on se croit presque dans un salon dernier cri avec écran plasma et" dolby suround 5.1". Les personnages aussi manquent totalement de profondeur. L'affiche française dans ce sens est d'une maladresse évidente. On croirait presque à une énième production pour ados. Même à ce niveau le film ne s'annonce pas mystérieux ou intrigant. Quand on se remémore des affiches comme celles de "Alien" ou "the Thing" de Carpenter, on ne peux que rester perplexe.
Mais tout cela n'étant pas forcement à la charge du réalisateur, intéressons nous aux personnages dans le film. Tout d'abord la moyenne d'âge fait plus penser à l'équipe d'une start'up qu'à une élite dont dépend le sort de l'humanité. Les conflits internes, les erreurs de jugement de certain, la candeurs des autres, tout cela est très premier degré. Dans tout huit clos il est impératif que l'interaction des personnages serve le récit tout en y insérant des moments d'émotion d'intensité et de surprise, autrement dit, " le facteur humain". Dans Sunshine les personnages sont chacun d'une seule teinte, sans jamais s'approfondir au fur du récit. Le personnage de Capa peut-être encore plus que les autres. Au final on ne sait pas qui il est. Ses réactions aux nombreux rebondissements n'ont pas la profondeur, l'intensité ou même le naturel pour convaincre et moins encore nous surprendre. Quand il répond que la mort ne lui fait pas peur, personne ne peut réellement savoir pourquoi. Dès lors le spectateur est perdu. Comment alors trouver poignant la scène où l'équipe se trouve devant le dilemme insurmontable de devoir sacrifier des vie pour garantir suffisamment d'oxygène aux survivant pour pouvoir rentrer sur terre après la mission. Cette situation tragique n'est pas inédite au cinéma. Danny Boyle n'a pas exploité son art du cinéma pour la porter au paroxysme tant espéré. Comment ne pas être tenté par la comparaison avec le très méconnu "Stranded" de Luna. Même situation, mêmes décors. Et pourtant dans ce film à moindre budget le facteur humain y est prépondérant avec des acteurs totalement imprégnés de l'intensité du drame auquel ils font face. L'aspect mystique, spirituel ou métaphysique dans Sunshine est tout aussi gommé par des manquement à la fois scénaristique, visuels et narratif. Pourtant la scène où Capa apprend qu'il y a un passager non identifié à bord du vaisseau est certainement la plus intense. Qui est-il, pourquoi, comment...Cette impossibilité est plus surprenante que tous les autres rebondissements du film. C'est certainement la seule scène qui nous offre un certain vertige.
Le film devait dès lors nous permettre de décoller. Non. Le film atterrit sur une piste glissante. Au lieu d'approfondir, d'opacifier la situation, Danny Boyle nous plonge dans une course poursuite dans les couloirs du vaisseau entre Capa et un pseudo mystique défiguré et flou, sorte de freddy virtualo-réel prônant dieu et la poussière à laquelle nous devons tous retourner. L'action l'emporte sur le contenu. Je conseil d'ailleurs au passage la lecture (si traduite) d'une des BD de la série "l'oiseau de feu (Hi no Tori)" de Osamu Tezuka, " Espace". Le thème du passager inconnu glace le lecteur. Même dans les scènes où le " spectre/zombie" s'attaque aux derniers survivants d'Icarus II, on reste sur notre faim. Le plan de Capa derrière son hublot bien que très bien filmé n'arrive pas à rivaliser avec celui de Ripley dans le premier "Alien" lors de la scène finale. Certes il ne faut pas toujours comparer. Mais Danny Boyle cite ces films comme des chefs-d'oeuvres auxquels il a tenté de se mesurer à sa façon.
On sort de ce film sans même avoir eu droit à une idée, une réflexion, une parabole, et encore moins à une intrusion dans l'univers d'un cinéaste. C'est décevant après les réussites du réalisateur. Soulignons toutefois la beauté des effets visuels. Tout comme dans le Solaris de Soderberg l'espace, et ici le soleil (la planète Solaris pour Soderberg), y sont tout simplement sublime. C'est peut-être là le plus grand échec du film. Seul y brille vraiment ce soleil sans que pour autant Danny Boyle lui ai accordé une intensité autre que les lumens qu'il génère. Comme Icar, Boyle s'est mesuré à un astre et s'est brûlé les ailes.